Teutsch et Firnhaber, Nr. XIX, p. 20, aimo \Ul
Barza est encore dite « vacua et inhabitata », ce qui ne l'empêche pas d'ajouter plus bas : « Uniuersis ejusdem terre incolis presentibus et futuris, liberara percipiendi décimas, etc. » '. Tous ces documents indiquent clairement que la terre de Barsa était, au moment même où elle fut donnée aux chevaliers de l'Ordre teutoniquc, habitée par une population autre que ces chevaliers eux-mêmes.
De pareilles contradictions se rencontrent assez souvent dans les documents du moyen âge, et il n'y a pas lieu de s'en étonner. Ainsi un cartulaire de l'abbaye de Neustift, de l'année 1142, dit d'un seul trait que le couvent fut fondé « in loco horrendo et inculto, adjacentibus villis et vicinis 2 ».
La terre concédée aux chevaliers teutons était donc loin d'être vide de population. En outre, il est prouvé, par des documents contemporains, que ses environs étaient habités, et notamment par des Vaïaques. Ainsi un document de la même date que la confirmation du pape Honorius, parlant des droits accordés aux chevaliers teutoniques, dit: « Item concessimus quod nullum tributum debeant persolvere, nec populi eorum cum* transierint per terram Siculorum aut per terrain Blacorum 3. » La confirmation du pape Honorius détermine l'étendue d'une autre terre, celle de Cuteburc, ajoutée par le roi à sa donation antérieure de la terre de Barza, et lui donne comme limite la terre des Valaques; celle-ci était donc un district bien déterminé : « Addidit etiam postmodum idem rex donationi predicte castrum quod Cuteburc nominatur a termino ipsius castri terram quandam que procedit usque ad terminos Blacorum 4 »>
Donc, tout à côté de la terre de Barsa, s'étendait, d'un côté, la terre des Szèkles, de l'autre, celle des Valaques. Gomme les documents constitutifs de la donation parlent d'une population originaire du pays de Barsa au moment où elle fut donnée aux chevaliers de l'Ordre teutonique, il est hors de doute que cette population était roumaine ou szèkle, semblable à celle des districts limitrophes. Il faut donc plus que de la bonne volonté à M. Hunfalvy et à Rcesler pour trouver dans ces documents une preuve que le pays occupé par les chevaliers teutons était désert et que les nombreux Roumains, qui l'habitent au-
J. Idem, Nr. XIII, p. 11 -, anno 1213. Comparez encore Nr. XIV, p. 12, anno 1218 : « Terram de Burza vacuam et inhabitatam — décimas ipsius terre ab eius incolis tam futuris quam presentibus cxsolvendas. »