Fejer, Codex diplomaticus, IX, m, p. 159, anno
3. Teutsch et Firnhaber, p. 2. Trauenfeld, Geographisches Lexicon Siebenburgens s. v. Kereztes. Ce nom existe encore aujourd'hui dans la bouche du peuple roumain.
général, dans tout le recueil de Tcutsch et Firnhaber, qui contient deux cent trente documents et plusieurs centaines de termes géographiques, on trouvera difficilement trente noms d'origine roumaine. Celui de Hegesholmu a échappé comme par miracle à ce débordement de noms magyares qui ont inondé la Transylvanie pour garder jusqu'à nos jours une des preuves les plus évidentes de la présence des Roumains à l'arrivée des Hongrois dans ce pays; car quelques années seulement après la prise de possession du pays par la Hongrie, nous rencontrons ce nom d'une colline, nom qu'elle a dû recevoir, bien des années auparavant, d'une population établie dans les environs.
Les Valaques sont mentionnés expressément dans les documents relatifs à la Transylvanie à partir de l'année 1222 et notamment dans la partie montagneuse du sud de ce pays, chose dont semble s'étonner Rœsler *, mais qui est très naturelle, les Roumains s'étant retirés dans la montagne ainsi que nous l'avons déjà vu et que nous le montrerons encore dans les pages suivantes.
Une étude consciencieuse des documents qui mentionnent les Roumains, quoique ces documents n'existent qu'à partir du xme siècle, nous prouvera d'une manière évidente que la population roumaine de la Dacie y est bien plus ancienne que la date des documents qui en parlent.
Dans un document de 1211, on voit le roi André II donner aux chevaliers de l'Ordre teutonique la terre de Barsa, qu'il dit être déserte et inhabitée : « Quandam terram Borza nomine, ultra silvas, versus Cumanos, licet desertam et inhabitatam 2. » Les adversaires de la continuité des Roumains dans la Dacie, dont la critique est si rigoureuse envers un texte ou un document contraire à leur théorie, oublient ici tous les principes de la critique, et prennent au pied de la lettre les termes de cette charte. Il est vrai que, dans la bulle où il confirme cette donation, le pape Honorius reproduit les mots de l'original : « Quandam terram nomine Burszam, tune desertam et inhabitatam » ; mais il ajoute, quelques lignes plus bas : « Ad hoc homines qui terram ipsam inhabitabant quando dicta donatio fada fuit vobis et domui vestre, liberos sine requisitione dimisit expresse 3. » Il en est de même d'un troisième document qui émane de l'archevêque de Transylvanie, où la terre de
i. Rom.Stud.,p. 98.
i. Teutsch et Firnhaber, p. 9.