‹ Une énigme historiqueChapitre 48 sur 100 · Fejer, IV, i, p · texte numérisé non relu

Fejer, IV, i, p

trouvons les deux versants des Carpathcs occupés par les Roumains l.

Si nous poursuivons nos recherches le long de la chaîne des Carpathes, nous trouvons les Valaques vivant à la même époque à l'extrémité orientale de ces montagnes, là où, tournant subitement au nord, elles commencent à former la frontière de la Transylvanie du côté de la Moldavie. Dans une. bulle du 1-4 nov. 1234 Grégoire IX mentionnel'cxistence des Valaques dans l'évêché des Cumans : « In Gumanorum episcopatu,sicutaccepimus, quidam populi qui Valachi vocanturexistunt, qui, etsi censeanturChristiani, Romanamecclesiam contemnentes,non avenerabili fratre nostro, episcopo Cumanorum, sed aquibusdam pseudoepiscopis, Grecorum ritus tenentibus, universa accipiunt ecclesie sacramenta, et nonnulli de regno Ungarie tam Ungari quam Teutonici etalii orthodoxi, morandi causa cum ipsis, transcunt ad eosdem et sic cum eis, quasi populus unus factus, cum eisdem Valachis, eo contempto, premissa recipiunt sacramenta ». Il est évident qu'il est ici question d'une masse plus nombreuse de Valaques, car nous les voyons posséder des évêques particuliers, et ils sont même en état d'attirer à leur religion des éléments étrangers 2.

Cet évêché des Cumans s'étendait au-delà des montagnes, dans les districts actuels de Fokschany et de Bouzéou, dans la partie de la Moldavie qui porte le nom de Vrancea et qui constitua pendant longtemps une sorte de république à peu près indépendante dans l'Etat moldave. Le moine Rogerius que nous avons cité plus haut, pour montrer l'effet de l'invasion mongole sur la population de la Transylvanie, dit que cet évêché s'étendait sur les bords du Sereth : « Bochetor autem cum aliis regibus flumen qui Zerech (Sereth) dicitur transeuntes, pervenerunt ad terram episcopi Cumanorum 3 ». C'est à cet évêché, institué pour la conversion des Szèkles 4 qu'appartenait une église mentionnée par un document de 1096; elle s'élevait sur le

1. On pourrait mettre en doute la possession effective des Hongrois sur la Valachie, malgré l'acte de donation du roi Bêla, attendu que les chevaliers ne prirent jamais pied dans ce pays. Comparez Pic, Abstammang, p. 151, note 34.

2. Fejer, Codex diplomaticus, III, n, p. 399; Potthast, Regesta, n° 9764. Comp. Pic, Abstammung , p. 114, note 26 : « Dass hier eine zahlreiche valachische Volksmasse gemeint ist, erhellt schon daraus, dass dieselbe eigene Bischœfe hatte und fremde Elemente in religiœser Hinsichl amalgamiren konnte ».

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