Anspriiche, p
précisément, très nombreux en Transylvanie. Chose caractéristique : ce document est omis par M. Hunfalvy.
En l'année 1260, le roi Ottocar de Bohême adresse une lettre au pape dans laquelle il lui dit que dans les armées de Bêla et d'Etienne V, rois des Hongrois, qu'il a dû combattre, se trouvaient de nombreuses troupes de Cumans, de Hongrois, de Slavons, de Szèkles et de Valaques. « Quod adversus innumeram multitudinem inhumanorum hominum, Gumanorum, Ungarorum et diversorum Sclavorum, Siculorum quoque et Valachorum, Bezzeninorum et Ismaelitar.um gessimus » '.
Voilà la manière dont M. Hunfalvy entend écrire l'histoire ! En interprétant les textes comme nous l'avons vu faire à plusieurs reprises et en supprimant des documents importants, il arrive à la poétique conclusion que « les Roumains n'apparaîtraient jusqu'à cette époque en Transylvanie que comme de légers nuages sur un ciel azuré 2. »
Il ressort au contraire des documents analysés jusqu'ici que les Roumains habitaient les montagnes des Garpathes et leurs vallées les plus rapprochées, tant du côté du nord que de celui du midi, qu'on les trouve répandus sur tout le pourtour méridional et oriental de la Transylvanie, et quoique leur nombre ne puisse être déterminé, il était certainement considérable, car ils formaient une partie importante de l'armée hongroise. Nous voilà donc bien loin des « kleine Ploskeln am blauen Himmel » de M. Hunfalvy. Cette divergence d'opinions ne fera qu'augmenter si nous étudions maintenant l'état social et politique des Roumains, que M. Hunfalvy se plaît à représenter comme celui d'un peuple nomade.
Nous avons montré plus haut que jamais les Valaques n'ont tout à fait quitté la vie sédentaire pour s'adonner à celle des nomades, quoique, en bien des endroits, ils aient mené la vie de bergers. Ainsi nous avons trouvé que, dans les Balkans même, les Valaques cultivaient le blé. Il en fut de même dans l'ancienne Dacie. Dans les premiers temps de l'invasion, lorsque les Roumains furent forcés de chercher un refuge dans les montagnes, il est probable que l'agriculture fut