Ueber die Abslammung der Riumenen, Leipzig
3. M. Gaston Paris dans la Romania, 1878, pp. 608 et suiv. M. Schwicker dans Ausland, 1877, n° 39; Comparez, 1878, n° 10, et 1879, nos 11 et 15.
la première fois les Roumains, des preuves de leur ancienne existence au nord du Danube. Sa méthode est des plus sûres, car elle prend toujours pour point de départ des faits positifs, et non des hypothèses.
Avant de clore la liste des auteurs qui se sont occupés de la question roumaine, il reste encore à parler de M. Hunfalvy, membre de l'Académie hongroise. Cet auteur a plusieurs fois écrit sur les Roumains; nous nous occuperons seulement des deux ouvrages qui traitent la question d'une manière spéciale. Le premier en date est Y Ethnographie de la Hongrie. L'auteur y expose les idées suivantes : lors de l'occupation de la Hongrie par les Hongrois, ceux-ci n'y trouvèrent que des Slaves, qui disparurent plus tard, absorbés par l'élément roumain; l'apparition des Roumains en Transylvanie et en Hongrie est d'une date de beaucoup postérieure. Les Ruthènes ne purent se montrer dans ces régions qu'après l'établissement de la dynastie de Rurick, qui donna à une partie des Slaves le nom de Russes, d'où dérive celui de Ruthènes. Les Serbes, quoiqu'ils aient pu sans aucun doute exister dans la Hongrie dès leur invasion dans l'Europe méridionale, ne se multiplièrent dans ce pays qu'à partir de l'extension des Turcs dans la péninsule des Balkans; il en est de même des Slovakes, dont le nombre augmenta en Hongrie à partir de la guerre des Hussites. Les Allemands se sont, comme on sait, établis dans le pays après les Hongrois. La conclusion est que les Slaves, le seul peuple qui pourrait disputer aux Hongrois la priorité de l'occupation du pays ayant disparu dans le sein des Roumains qui sont d'une date plus récente, les Hongrois seraient, d'après le droit historique, les seuls maîtres légitimes du pays '. La méthode employée par M. Hunfalvy, qui est d'admettre comme vérités démontrées toutes les hypothèses favorables à ses idées préconçues, aurait pu tout aussi bien établir que les Hongrois sont le peuple le plus ancien de l'Europe.
Cette théorie, dont la tendance politique n'a pas besoin d'être relevée, est développée par rapport aux Roumains avec force détails dans le dernier ouvrage de M. Hunfalvy : « Les Roumains et leurs prétentions ». Ainsi que le titre l'indique, c'est un ouvrage d'actualité politique, provoqué vraisemblablement par le congrès général des
1. Ethnographie Ungarns, von Prof. H. Schwicker, Budapest, 1877, p. 378 : « Wenn man die Groaten welche die Nachkommen der vom Kaiser Heraclius hierher gerufenen Groaten sein koennen, ausnimmt, so sind unter allen uebrigen Nationou des Landes die Maggaren die aelleskn Bewolmer desselben ».
14 LES ROUMAINS Al' MOYEN-AGE
Roumains do la Transylvanie tenu à Sibiu, en mai 4881 ; là les Roumains posèrent de nouveau la question de l'autonomie du pays, englobé depuis 186G dans le royaume de Hongrie et que les mesures arbitraires prises par le gouvernement hongrois menacent dans sa nationalité. Guidé par Rœsler, qu'il surpasse en bien des points, il s'efforce de démontrer la fausseté de la base historique sur laquelle les Roumains fondent leurs droits en Transylvanie, et par conséquent l'inanité de ces droits eux-mêmes. L'auteur évoque aussi, mais pour le repousser, un speclre bien autrement menaçant, le royaume dacoroumain de l'avenir. Le livre de M. Hunfalvy a donc été fait, non pour établir une théorie scientifique, mais pour servir un intérêt politique. Or, qu'est-ce qui peut troubler davantage la recherche de la vérité que la prôoeupation d'un intérêt actuel • ?
1. Die Rumœncn undihre Ansprïiche, Wien, 1883. Voici les lignes qui terminent cette longue dissertation : « Die romanische « Irredenta » im neuen Kœnigreiche und die rumaenischen Fùhrer in Siebenbûrgen, pochen auf ein eingebildetes historisches Recht, dem eitle Fabeln zu Grunde liegen. Beide, sowohl die rumaenische Irredenta als auch die siebenburgischen Rumaenenfùhrer mùssen die Aufmerksamkeit der ungarischen und oesterreichischen Regierungen auf sich ziehen. An der Wissenschaft liegt es aber den Schutt der Maerchen und Fabeln von der wirklichen Geschichte abzulragen, und dièse in mœglicher Reinheit darzustellen ; dem nur wabre Geschichte, nicht aber Fabeln und Maerchen kunn des Lebens Lehrerin werden ». Nous verrons par la suite comment M. Hunfalvy entend écrire l'histoire!