V. Nemanului
Cucuioara .
Coprimd (s).
Ciclovaciul.
Galsul.
Omesmicul.
Tilva Frasinului.
Mosul.
Pregeta.
Sviniacea (s).
Juvernata. .
Bilcovetzul (s).
Bregletele.
Moldovica.
Balonul.
Teul inalt.
Domamd (s).
Habitul.
Plestra.
Pie va (s).
Cununa.
Solonul.
Ponorul (s).
S tu pariai (s).
Doclina (s).
G lava (s).
Quelques-uns seulement sur les versants de la chaîne portent des noms hongrois. Il en est de même des ruisseaux.
Dans le Maramurèche, nous trouvons les chaînes du Lastag, de la Bodna (s), du Cdliman, du Viforlat. Les pics :
Tzible&ul.
Heniul.
Mamaiul.
Inâul.
Biscaia.
Câk'manul.
Ousorul.
Suhârzelul.
Virful Omului.
Galitzii.
Virfureasa.
Bebra (s).
ha.
Cârlibaba.
Vizdul.
Gugoasa.
Draganul (s) Goiasa (s).
Saiul.
Ciribucul.
Parmi les rivières et ruisseaux, nous citerons :
Iza.
M ara.
Cisla (s)
Apa.
Trisca (s).
Siopârca.
Vizeidls).
Lapislea.
Târâtzcâul.
A gui mare.
Le nom de cette dernière rivière qui se jette dans la Thcïss ne dérive pas du hongrois viz =. eau, mais bien du slavon vizâ qui désigne une sorte de poisson.
Nous examinerons aussi les Garpathes Moldaves, non par rapport aux noms hongrois qui y manquent presque complètement, mais pour démontrer que les noms d'origine slave sont loin d'y être dans une aussi forte proportion qu'on se plaît à le croire.
Voici les noms des principaux pics :
Clâbucul. Bucinisul. Gâboaia.
Runcul. Rarul. Yerdele.
Nemira. Ciumerna. Grintziesul.
Obrdjescul (s). Clâtita (s). Budacul.
Lâposul(s). Buncud. Crestisorul.
iMierusul. Lâcâutzul. Dobreanid.
Solintoroiid. Butucii{s). Mâgura (s).
Dermoxa. Gond (s). Strimba.
Aldamasid (h). Hârtanid. Tisarul.
Ghimesul(h). Bareul. Giamalâid.
Toroglejut. Tarnitzele (s). Ciahklid.
Tziblesid. Grebenii (s). Cârpinisul.
Pâltinisul. Clifele. Sthusoara (s).
Dragoaica (s). Cârâboùd.
Câlimamd. Bâmarid (s).
Citons encore quelques-uns des innombrables torrents et ruisseaux qui descendent sur leurs flancs :
Lipsa.
C arnica (s).
Pascariul.
Slânicul (s).
Câcicâesid (h).
Nemira (h).
Bârzâutii.
Ciobanasid.
Cârunta.
Anta (s).
Ticosul (h).
Pisirigid. Frântura.
Cencera.
Pânticul.
Boina (s).
Susitza.
Tisitza (s).
Gahd.
H ait a.
Scafa .
Serisciorul.
Valea arsâ.
Pârâid Lupidui.
Neagra.
Pdrâid alb.
Crucea.
Sultza.
Aghipioasa.
Cioghiesul (h) Tarhoasul (h), Bolnhânusul.
Suha (s).
Farcasul (h).
Frumosul.
Dreptul.
Largul.
Lesul (s) .
H ni da (s).
Buhalnitza.
Râpciunii.
L'élude de ces noms fournit, ainsi que nous l'avons remarqué, un nouvel et puissant argument en faveur de notre thèse. Nous observons en premier lieu que les noms des montagnes ainsi que ceux de leurs chaînes sont presque partoutd'origine roumaine. On ne rencontre les noms hongrois que dans les districts habités parles Szèkles où la terminologie roumaine a disparu, en grande partie, à cause de l'extinction du peuple lui-môme. La proportion des noms slaves est plus forte pour les rivières que pour les montagnes, car la plupart de ces rivières, descendant dans la plaine, ont pu recevoir leur nom des populations qui habitaient aussi les pentes de la montagne. Bien des noms de montagnes et de ruisseaux sont irréductibles etleurétymologie nesauraitêtre rapportée à aucune des langues connues, par exemple, Runcul, Hartanul, Lacociul, Budacul, Bucecea, Gâunaïa, Voinagid, Cindrelul, Jaragul, Godianul, Balindrid, Sidul, Bârsa, etc. etc. Sont-ce peut-être des restes de la langue des Daces, les anciens habitants de la Dacie? Il est toutefois hors de doute que ces noms ne sauraient appartenir ni à l'idiome slave, ni à celui des Hongrois. Ils doivent donc appartenir aux Roumains, le seul peuple qui ait habité ces régions à côté des deux autres.
Si nous rapprochons maintenant cette observation d'une autre, qui a été faite plus haut, que les rivières principales de la Dacie ont conservé leurs noms anciens, donnés par les Daces, nous arriverons à la conclusion que les éléments principaux de toute région géographique, les montagnes et les rivières portent des noms qui appartiennent par leur origine au peuple roumain. L'ossature du pays est roumaine; les artères de ce même corps sont désignées par des noms roumains et l'on voudrait que le peuple qui a donné ces noms aux éléments primitifs du sol fût d'une origine plus récente dans le pays que ceux qui ont imprimé leur individualité aux vallées et à la plaine !
Pour expliquer cette anomalie, il faudrait admettre que les Roumains, en revenant dans la Dacie, ne trouvèrent pas la plaine conforme à leurs besoins et préférèrent gravir la montagne pour en faire leur demeure habituelle; on pourrait même être tenté d'expliquer ce
fait par la circonstance que les Roumains, lorsqu'ils arrivèrent de l'autre côté du Danube, étaient un peuple de bergers. Mais d'abord les bergers ne recherchent la montagne que pendant l'été et la fuient en hiver, quand elle serait mortelle pour leurs troupeaux. Ainsi l'on voit encore aujourd'hui les bergers transylvains chercher de l'autre côté du Danube un refuge contre les rigueurs de l'hiver carpathin. La montagne n'est un établissement constant pour les bergers que lorsqu'ils y sont contraints. En outre, comme on l'a vu plus haut, les Roumains apparaissent précisément dans la plaine vers le commencement du xme siècle et leur nombre ne cesse de s'accroître jusqu'à ce qu'ils arrivent à former des états. Or, comment veut-on expliquer cette apparition des Roumains dans la plaine si en même temps on veut leur faire entreprendre l'ascension des montagnes?
Lorsqu'un peuple occupe un pays, il commence par donner des noms aux éléments de la nature environnante; les montagnes, les rivières, les forêts, les vallées et divers autres accidents de terrains sont les premières choses qu'il individualise. C'est pour lui un moyen de s'orienter dans son ancienne patrie s'il est autochthone, dans sa nouvelle s'il y est immigré. La vie nomade ne cesse pas tout d'un coup pour se changer en une vie sédentaire. Bien des fois elle se continue encore pendant un temps assez long. Le peuple prend donc possession de son pays d'abord d'une manière générale, avant de l'occuper en détail, de le diviser en parcelles, d'y établir la propriété individuelle, laquelle est d'habitude contemporaine de l'établissement des villes et des villages. Ainsi, les Hongrois menèrent leur vie de pillards et de maraudeurs longtemps encore après qu'ils eurent occupé la Pannonie. Pendant tout le temps que dure la vie nomade, l'habitation du peuple est la tente mobile et le chariot. Il ne peut y avoir de villages particuliers et il ne saurait par conséquent exister de noms spéciaux pour les désigner. Le pays pourtant est parcouru dans tous les sens; chaque élément principal d'abord, plus tard même ceux de moindre importance reçoivent un nom particulier. C'est ainsi que le peuple prend intellectuellement possession de son pays, par le baptême qu'il donne à tous ses éléments. Imaginez les Hongrois et les Allemands arrivant dans un pays désert ou à peu près et ne donnant pas de noms allemands ou hongrois aux montagnes élevées qui fermaient au loin l'horizon, à ses grandes rivières au cours long et sinueux, mais attendant que les Roumains vinssent leur apprendre ces noms ! Si les Hongrois ou les Allemands avaient été les premiers habitants de la Dacie, les noms au moins des principales montagnes et des
principaux cours d'eau seraient d'origine allemande ou magyare. Tout au contraire, ils sont d'origine roumaine ou dace. Que faut-il en conclure, si ce n'est que, lorsque les envahisseurs occupèrent la Dacie, ils n'avaient plus besoin de donner des noms aux montagnes et aux rivières, car ces noms existaient déjà dans la bouche du 'peuple qui les avait précédés sur cette terre; ils se contentèrent de les lui emprunter. La population nouvelle qui s'établit dans la plaine donna des noms à ses créations nouvelles, aux villes et aux villages qu'elle élevait de tous côtés. De leur côté, les Roumains, descendus de leurs montagnes, fondèrent aussi auprès d'elle des établissements réguliers et leur donnèrent des noms empruntés à leur langue. C'est ainsi que prit naissance cette terminologie trilingue de la Transylvanie qui paraît parfois si bizarre. Chaque peuple qui se fixait plus tard dans une localité fondée et nommée par un autre, adaptait à sa langue le nom de celle-ci. C'est ainsi que se sont produits les noms rapportés par nous plus haut. Les nouveau-venus recherchaient habituellement la plaine; la montagne restait réservée aux Roumains qui l'habitent encore de nos jours. Celle-ci put donc conserver ses noms à peu près intacts, quelquefois entamés par des noms hongrois, ainsi que cela est arrivé dans les districts des Szèkles. En général, on peut- observer une règle constante dans la répartition des noms géographiques : les hautes montagnes et les grandes rivières portent presque toutes des noms roumains ; les pics secondaires ainsi que les cours d'eaux de deuxième ordre portent encore pour la plupart des noms roumains; les montagnes et les ruisseaux ne portent des noms hongrois que dans le voisinage de la plaine ou bien dans les districts où la nationalité roumaine a disparu devant celle des Hongrois. Les villes portent en général des noms étrangers. Quant aux noms slaves, ils sont mêlés d'une manière bien plus intime aux noms roumains. C'est que leur origine remonte plus haut, à l'époque même où s'est formé le peuple. roumain; quelques fois de hauts pics portent des noms slaves ; quelques pics secondaires et bon nombre de rivières portent des noms de la même origine. Ce mélange intime des noms roumains et slaves s'expliquerait de la manière la plus naturelle en admettant que l'ancienne peuplade des Sarmates qui habitait la Dacie occupait la montagne; on expliquerait ainsi en même temps pourquoi, dans la formation du peuple roumain, l'élément slavon est si puissant •.
1. Que les Sarmates occupaient les montagnes de la Transylvanie où les Daco- Romains cherchèrent un refuge et qu'ils y habitèrent par conséquent en commun,
Une dernière observation, suggérée aussi par l'élude des noms de lieux. Les Slaves, qui ont donné un fort contingent de noms aux pays habités par les Roumains, ont totalement disparu et ont été absorbés précisément par l'élément roumain. Ce fait est prouvé en outre parla terminologie géographique où partout les noms slaves des localités se sont conservés dans la bouche des Roumains, tandis que les Magyares et les Allemands emploient des noms différents pour le même objet. Ainsi nous trouvons que les Roumains ont conservé dans les localités suivantes le nom slavon incontestablement plus ancien que les noms parallèles allemands ou hongrois :