‹ Une énigme historiqueChapitre 77 sur 100 · ROUMAIN-SLAVON HONGROIS ALLEMAND · texte numérisé non relu

ROUMAIN-SLAVON HONGROIS ALLEMAND

Belgrad. Karoly-Fejervar. Karlsburg.

Ocna. Visakna. Salzburg.

Bran. Tôrczvar. Torzburg.

Cetatea de balte. Kukullovar. Kokelburg.

Sâbenitza. Gorgeny Sôakna. Salzhau.

Gerla. Szamos ujvàr. Armenierstadt .

Orâstia. Szaszvaros. Broos.

Plesa. Uvegsiir. —

Grâdistea. Varhely. —

Pour un grand nombre de noms de villages, de cours d'eau et de montagnes qui n'ont que des noms slavons, ces noms ont tous été conservés dans la forme que leur a donnée le roumain et c'est à cette langue que les autres idiomes de la Transylvanie les ont empruntés. La plupart n'existent même que dans la langue roumaine et sont reproduits d'après les formes de cette langue par les autres peuples de la Transylvanie. C'est pour les besoins de l'écriture que la forme roumaine peut prendre jusqu'à un certain point un caractère étranger; quelquefois des assonances fortuites peuvent contribuera la modifier; par exemple les Allemands ont fait de Vladeni, nom qui provient du nom propre slave Vlad ou Vladislav, Vladein, les Hongrois ont transformé le nom de la montagne Virful Covasnei en Kovasnaï-

Yoir Ammien Marcellin, XXXI, 4 : « Athanaricus paria pertimescens abscessit — ad Caucalandensem locum altitudine silvarum inaccessum et montium, cura suis omnibus declinavit, Sarmatis inde extrusis ». Plusieurs auteurs anciens nomment les Sarmates parmi les peuples qui attaquèrent en premier lieu la province romaine : Spartien, Hadrian, 5 : « Sarmalae bellum inferebant ». Dion Cassius, LXXII, 15, nomme Commode « Sarmaticus ». Hérodien, VII, 2, donne le même surnom à Maximinus.

pilis, celui de la rivière Trotus (en slavon = rapide) en Tatros, de la môme manière dont ces peuples ont transformé les noms anciens de Volcan en Wolkendorf, Buzeu en Bodsau, Ompoiu en Ompoly.

Les Slaves ont été incontestablement de plus anciens habitants de la Dacie que les Magyares ou les Allemands. Comme nous retrouvons aujourd'hui les noms laissés par eux dans la bouche des Roumains et non dans celle des Magyares ou des Allemands, il est évident que le peuple slave, qui a disparu, a du être en contact en premier lieu avec le peuple roumain pour lui transmettre ces dénominations, par conséquent celui-ci a dû aussi précéder sur cette terre les Hongrois et les Allemands. Mais si l'on trouve les Roumains contemporains des Slavons sur le territoire de la Dacie, il faut nécessairement admettre qu'ils ne l'ont jamais quitté, car les yjfaire rentrer vers le cinquième siècle, comme le veut M. Miklosisch, c'est ramener les enfants à l'invasion devant laquelle avaient fui leurs parents.

L'étude de la nomenclature du pays roumain confirme donc d'une manière indubitable la justesse de notre théorie.

Nous n'avons pas l'intention de traiter ex professa la question de la langue roumaine dans ses rapports avec la théorie rœslérienne. Il nous suffira, pour compléter aussi sur ce point le cadre de notre étude, d'examiner seulement d'une manière générale les diverses objections que les adversaires de la continuité des Roumains dans la Dacie ont tirées de la langue parlée par ce peuple, laissant aux philologues de profession l'étude détaillée de la partie philologique.

Les arguments tirés de la langue des Roumains contre leur continuité dans la Dacie trajane sont de deux sortes : premièrement on invoque l'identité du langage des Daco-Roumains avec celui des Roumains de la Macédoine, identité qui ne saurait être expliquée que par le développement de ces deux peuples sur le même territoire. En second lieu, on objecte la présence ou l'absence, dans le langage des Roumains du Danube, de certains éléments qui ne sauraient être comprises que dans l'hypothèse de la formation sud-danubienne de la nationalité roumaine.

Examinons ces deux arguments.

L'identité de la langue des Daco-Roumains avec celle des Roumains d'au-delà des Balkans n'est pas considérée comme absolue, même par les plus zélés défenseurs de l'immigration transdanubienne. Ainsi Rœsler dit « que la langue macédo-valaque se présente, dans sa grammaire ainsi que dans son vocabulaire, comme un dialecte frère du daco-roumain. Celui-ci est resté plus fidèle au consonnantisme du latin; son mélange connu avec des éléments étrangers, quelque considérable qu'il soit, est encore surpassé par l'idiome méridional qui

manque en oulre de toule culture littéraire K » M. Hunfalvy constate aussi que « la plus grande différence que l'on observe entre les dialectes de la langue roumaine est celle qui existe entre le Roumain du nord et celui du midi 2. » Pourtant lorsque M. Hunfalvy ajoute que les Roumains du nord du Danube comprennent facilement le macédoroumain, il est absolument dans Terreur, car il est suffisamment connu qu'un Roumain du nord du Danube ne saurait, sans une étude ou une habitude préalable, entendre l'idiome parlé au sud des Balkans et vice-versâ. 11 est facile d'ailleurs de se convaincre de cette vérité en mettant en regard quelques textes dans ces deux langues.

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