Rom. Stud., p
3. M. Mommsen, Die Sckweiz in rœmischer Zeit, dit de l'époque impériale que « l'histoire de ce temps s'occupe en premier lieu du gouvernement; elle ne touche qu'incidemment à la nation dominante et ne traite que par hasard des peuples soumis ».
4. In Aureliano, c. n : « Habiturus mendaciorum comités, quos historiae eloguentiae miramur auctores ».
l'évacuation de la dacie 17
Les sources que nous avons citées disent que la population de la Dacie fut transplantée en Moesie, qui prit le nom de Dacie aurélienne. Pourtant ces mêmes sources nous apprennent que « l'Illyrie et la Moesie étant dévastées et perdues, Aurélien se décida à abandonner la Dacie ». En effet, la Moesie fut avant et après Aurélien tout au moins aussi exposée à l'invasion des barbares que la Dacie; aussi déjà l'empereur Hadrien, successeur de Trajan, avait-il fait démolir le magnifique pont construit sur le Danube par le conquérant de la Dacie.
La Moesie étant une province plus rapproebée du centre de l'empire, pleine de grandes villes et contenant de grandes richesses, offrait aux barbares une proie bien plus désirable. Rœsler lui-même fait un tableau désolant des dévastations auxquelles ce pays avait été exposé : « Les barbares habitant des contrées froides et marécageuses étaient attirés par une force irrésistible vers les chaudes effluves et les fruits savoureux du sud, vers les régions fertiles de la Moesie et de la Thrace avec leurs forêts magnifiques, leurs gras pâturages, leurs riantes vallées. C'est ainsi que se prépara pour la grande péninsule des Balkans une invasion incomparablement plus forte et plus ruineuse que celle qui se répandit sur les péninsules italique et espagnole. Continuellement exposée à être tuée ou emmenée en esclavage, la population indigène, surtout la classe aisée, fut excessivement réduite en nombre. Les régions de la rive droite du Danube avaient énormément souffert par les invasions des terribles Goths et avaient vraisemblablement grand besoin d'une augmentation de population '. » Après avoir fait ce tableau lamentable du pays où se réfugièrent, d'après lui, les colons de la Dacie, Rœsler ajoute : « Ce qui resta de l'ancienne population de la Moesie et des deux Dacies (d'Aurélien), c'était, dans les villes, la classe pauvre, qui survit à toutes les révolutions; dans les campagnes, les bergers qui cherchèrent un refuge dans les endroits les plus inaccessibles et attendirent la fin de l'ouragan. Même chose arriva en Thrace; ici aussi la partie romanisée du peuple thrace, notamment les Besses, ne s'est conservée que dans la classe nombreuse des bergers 2. s
1. Rom. Stnd., p. 74, comp. p. 68. 11 va sans dire que Rœsler veut seulement montrer que la Moesie étant complètement dévastée, pouvait recevoir dans son sein la population de la Dacie. Il ne remarque pas que cette dévastation terrible de la province la rendait bien impropre à devenir un lieu de refuge pour les fuyards de la rive gauche du Danube.