Rom. Stud., p
il a dû exister à côté de la forme num-banu une autre korga-kuergarbemu qui serait le prototype de cureubeul! ' Citons enfin une dernière étymologie qui couronne l'œuvre de Rœsler : c'est celle de /v/.v« = chat qu'il tire du jurak-samoyôde pùea = souris!!! 2
Mais laissons ces fantaisies philologiques; nous ne les avons rappelées que pour interrompre un moment, par une page plus amusante, l'aridité de nos recherches.
Il nous paraît évident que si les Roumains avaient vécu au milieu des Bulgares pendant si longtemps, on devrait trouver dans la langue actuelle de ce dernier peuple quelques mots d'origine roumaine. Voilà ce qui précisément n'a pas lieu. M. Pic dit à ce sujet : « Il est, dans tous les cas, extraordinaire que le contact des Slaves avec des éléments étrangers dans la péninsule des Balkans ne leur ait pas communiqué une influence romane » s. Les Roumains du Pinde et de la Macédoine ne pouvaient pas agir davantage sur la langue des Bulgares ; le contact entre ces deux peuples était, en effet, assez rare, car ils habitaient, l'un sur la montagne, l'autre dans la plaine. Voilà ce qui explique encore le nombre infiniment moindre d'éléments slaves dans le macédoroumain, circonstance qui confirme encore le rôle secondaire que nous avons attribué aux Valaques dans l'histoire de l'Etat valachobulgare.
Mais, objecte encore Rœsler, si les Roumains ont continué d'habiter la Dacie trajane après l'invasion des Goths, il faudrait nécessairement que leur langue gardât le souvenir de la domination des Goths; la langue roumaine ne présente, au contraire, pas un seul mot d'origine gothique 4.
Lorsqu'ils arrivèrent en Dacie, les Goths étaient un peuple de mœurs nomades ; aussi ne s'y établirent-ils jamais définitivement, mais ils la pillèrent, ainsi qu'ils le firent d'ailleurs aussi avec l'empire byzantin. Ammien Marcellin rapporte que déjà en 251, avant l'abandon de la Dacie, ils avaient passé le Danube et avaient dévasté la Moesie, spécialement la ville de Marcianopolis 5. Avant 270, ils ont déjà passé sept fois le Danube et ils arrivent jusque dans la Grèce, en Asie et en Cappadoce. Dans leur dernière expédition en 268-270, ils partent des bords
1. P. 259. Cette explication occupe trois pages entières; nous n'en avons reproduit que la quintessence.