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Malchus, Excerpta de legationibus, édit. de Bonn, p

Dacic trajanc qu'il faut les chercher, mais bien de l'autre côté du Danube où il s'en trouve encore de nos jours dans la langue bulgare. Ainsi nous reproduirons d'après Schafarik les mots suivants : vr'togràd bulgare = jardin, du gothique aurtigards, dérivé de aurts = herbe ; userez = boucle d'oreille, de ausahriggs, dérivé de uuso— oreille; sabota = jour, de sambas, idem, bu/oj do boka, etc. Le gothique présente à son tour aussi des slavismes qu'il n'a pu acquérir qu'au sud du Danube où il vint plus tard en contact avec les Slavons : ainsi le gothique klismo vient du slavon klik = bruit; plinsjan de pliasati= sauter ; chleb de chliab, etc. '

La langue roumaine pourrait plutôt présenter des vestiges de gothique si elle s'était précisément développée au sud du Danube.

Quant aux Gépides, le second peuple de race germanique qui aurait pu laisser des germanismes dans le roumain, ils n'ont pas non plus habité la Dacie; ce peuple descend de ses habitations primitives près de la Vistule, traverse la Dacie trajane et s'établit dans celle d'Aurélien, que les auteurs latins et grecs confondent aisément avec celle de Trajan. Ainsi Jornandès dit que les Gépides occupaient « toute la Dacie » 2 ; mais Procope, la source la plus sûre pour l'histoire de ce temps et de ces peuples, dit expressément que les Gépides avaient en leur puissance la ville de Sirmium et toute la Dacie, chose qu'il répète à plusieurs reprises 3. Il est donc évident qu'il s'agit de la Dacie aurélienne.

Cette analyse met donc en pleine lumière pourquoi la langue roumaine ne présente pas de gothismes dans son vocabulaire. C'est que les Goths et les Gépides n'eurent avec les Daco-Romains que des rapports hostiles, et pour qu'une nation puisse influer sur une autre et lui communiquer quelques-uns de ses éléments, il faut qu'elles entrent en relation d'affaires, pratiquent des échanges, s'établissent à côté l'une de l'autre et mènent en général une vie commune.

M. Hunfalvy croit avoir découvert un nouvel argument, tiré de la langue des Roumains, dans les rapports qui existent entre cette langue et celle des Hongrois. « S'il était vrai que les Roumains se sont

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