Slavische Aller thûmer
.Jornandès, XII.
3. Procope, De Bello Goth., III, 33, 34; I, 15; Hist. arcana, 18. De Bello Vandalico, 1.2.
formés au nord du Danube, dans la Transylvanie et la Valachie, la carte ethnographique de la Hongrie et de la Transylvanie indiquerait, au temps de l'occupation magyare, à partir de la rive occidentale de la Theïss jusqu'à la Marche orientale (aujourd'hui l'Autriche), l'existence d'une population slovène, à l'orient de la Theïss et jusqu'à la frontière orientale de la Transylvanie et même au-delà, jusqu'au Sereth et au Pruth, une population roumaine. Cette différence ethnographique aurait nécessairement exercé une influence sur la langue magyare... Cette langue devrait dans son extension orientale contenir tout autant et même plus de mots roumains qu'elle ne contient de slavismes dans son extension ces l'occident. Que trouvons nous au lieu de cela? Que la langue magyare, aussi loin qu'elle s'étend, conserve le même caractère au point de vue du lexique, qu'elle possède partout les mêmes mots slavons. La langue hongroise démontre donc par là que l'occupation magyare trouva dans toute l'étendue de la Hongrie et de la Transylvanie une seule et même population, d'origine slave, à laquelle elle doit les slavismes dont elle est pleine. La langue hongroise contient, il est vrai, surtout en Transylvanie, quelques mots d'origine roumaine ; mais ce sont seulement des mots qui ont rapport à la vie pastorale ; pas un seul ne provient d'une sphère, plus élevée, politique ou religieuse » '.M. Hunfalvy passe ensuite à l'analyse des mots hongrois qui se trouvent dans le roumain.
Nous ferons observer en premier lieu qu'il serait assez extraordinaire que, tandis que le roumain contient des éléments hongrois, cette dernière langue n'ait rien emprunté au roumain, si ce n'est quelques termes relatifs à la vie pastorale. Si cela existait en réalité, il faudrait expliquer l'absence d'éléments roumains dans la langue hongroise autrement que par l'absence d'une population roumaine dans la Transylvanie au .temps de l'occupation de ce pays par les Magyares. Les Roumains apparaissent incontestablement en Transylvanie à partir de 1200; il y a donc aujourd'hui au moins sept cents ans qu'ils vivent en commun avec les Hongrois dans ce pays. Pendant cet immense espace de temps, le roumain, d'après M. Hunfalvy, n'a pas été capable d'introduire un seul mot dans la langue des Magyares ; il ne faudrait donc pas s'étonner qu'un pareil phénomène se fût produit, quand même les Roumains se seraient trouvés dans le pays à l'époque de la conquête hongroise, qui n'arriva que deux cents ans plus tôt. Si sept cents ans ne suffirent pas à faire subir au magyare une influence roumaine, com-
t. Hunfalvy, Die Ruinxnen uni ihre Ans prùche, pp 223-725
ment deux cenCs ans de plus y auraient-ils suffi? Serait-ce donc que le magyare n'est pas susceptible de recevoir des éléments étrangers ? Nullement, puisque cette langue regorge de mots slaves. Ou bien faudrait-il admettre la supériorité de l'esprit hongrois? Pas davantage, surtout si l'on considère la langue qui lui sert d'organe : on sait, en effet, que le hongrois est une langue agglutinée et non une langue à flexions. L'absence du roumain dans le hongrois resterait donc, d'après l'état actuel de la science, une énigme.
Heureusement, le mot de cette énigme est facile à trouver. Il est faux, en effet, que le magyare ne contienne pas d'autres éléments roumains que quelques termes servant à la vie pastorale. Une assertion de cette nature n'a plus rien qui doive nous étonner; nous devons seulement regretter de nouveau que la vérité soit supprimée encore une fois et avec tant de hardiesse.
Il existe dans la langue magyare un grand nombre de mots d'origine roumaine, ainsi que nous le montre le premier dictionnaire de cette langue qui nous tombe sous la main. En outre, bien des slavismes de la langue magyare y figurent sous la forme que leur a donnée le roumain. Nous allons énumérer quelques termes que le magyare a empruntés aux éléments latins de la langue roumaine et qui, par conséquent, ne sauraient laisser aucun doute sur leur origine :
rouleau, carotte de tabac, signification dérivée de poupée (voir Dictionnaire d'êtymologie par A. de Cihac. El. latins).
sac.
fourrure, ital. giubba.
corvée.
épouvantai! (momerie).
court.
carabine courte.
carabinier.
court (adv.j.
canon court.
brièveté.
écourter.
abréviation.
vêtement court.
le mot roumain formé de per et lau (lavare) signifie baquet à lessive ; le mot hongrois veut dire lessive.
MAGYAH.C
ROUMAIN
papuzsa
pàpusa
szak
sac
suba
schubà
kolaka
claca
mamuc
momie
kurta
dérivés kurtaly
scurt
kurtalyos
kurtan
kurtany
kurtasag
kurtit
kurtitas
kurtka
parlug
perlau
puia
puica
katrincza
kaponya csonka
puiu
puiçâ
catriatzà
capatzînâ
ciunir
csonkâs csonkàsag csonkit kola cofaritzâ
pasztor
pâstor
masa '
moascha
paszuly
fasolâ
mascara
mascà
miora
mioarâ
olaj
uleiu
soi*
schir
recse
retzea
ratzà
szeczel
sàcel, sâticel
berbecs
berbece
aratni
ara
alakor
alac
banya
baie
sereg
schireag
arany
aur
anis
anison
bot
bàtz
berek
berc
dainolni
a doinà
fustely
fust
bordély
bordeiu
boit
boltà
le mot hongrois signifie homme délicat, efféminé, et dérive du roumain puiu = poulet.
en hongrois dinde; en roumain, poulette.
jupe. M. de Cihac fait dériver le mot roumain du hongrois ; mais le suffixe intzd est essentiellement roumain.
tête (caput).
tronqué, estropié. M. de Cihac dérive encore le roumain du magyare. Mais, dans ce cas, comment expliquer l'italien ciongo =: mutilé?
élagué.
coupure.
raccourcir.
revendeuse, poissarde. Le mot cofd en roumain seau , baquet , donne naissance à cofaritzâ, par la raison que les revendeuses apportent leurs fruits, leurs œufs, dans des seaux. Le mot cofa vient du grec -/.oJ-rv., comparez le latin cupa.
pâtre (pasteur, berger).
sage-femme.
haricot (phaseolus).
masque.
agneau femelle.
huile.
série, rangée.
réseau (réticelle).
tressé.
canard (de anas, anatis, par le changement de n en r très commun en roumain -).
petit village, de sut (thrace)
bélier (vervea) .
le mot hongrois = moisson ; le roumain = labourer (aro-are).
épeautre (alica).
bain, mine (baiae, il bagno).
collier (séries).
or.
anison .
bâton.
parc.
chanter (thrace).
petite verge (comp. fustiger).
demeure souterraine (thrace).
voûte (ital. etport, volta).
1. L's hongrois se prononce ch; quand il est suivi d'un z, il prend le son de 1*5 français.