‹ Une énigme historiqueChapitre 10 sur 36 · LETTRE D'ENVOI AU R. P. AUGUSTE VALENSIN XV · texte numérisé non relu

LETTRE D'ENVOI AU R. P. AUGUSTE VALENSIN XV

. À laquelle je m'étais livré, sans craindre les « fourrés épineux d’un sujet que Leibniz lui-même n'avait pas jugé épuisé ni indigne d’être scruté plus à fond ».

Le Directeur de l’Année Philosophique, François Pillon, avait entrepris alors, dans la Revue qu'il suffisait presque à remplir de ses pénétrantes études, une histoire critique de l’idéalisme, et il venait de fournir sur Malebranche et son Étendue Intelligible un travail extrêmement remarquable. Voulant poursuivre cette série de monographies liées, il m’écrivit pour me demander une traduction et un commentaire de ma thèse latine dont, me disait-il, il comprenait l'intérêt et la portée; et j'avais accepté de coopérer à son cflort; j'avais même déjà amassé quelques feuilles en vue d’une mise au point analogue à celle que je tente aujourd’hui, lorsque la mort surprit prématurément François Pillon, et sa revue disparut.

Mais je n'ai jamais abandonné, entre beaucoup d’autres projets, l’espoir d’une publication destinée non pas tant à réhabiliter ce pauvre Vinculum bien calomnié qu’à faire ressortir en même temps le sens du problème métaphysique qui en est l’occasion et l'originalité de la solution : solution sans doute hypothétique, mais question qui ne l’est pas, question qui, en apparence paradoxale et bizarre, en réalité reliée à maintes vérités éparses et trop peu engrenées d'ordinaire dans la philosophie, nous offre peut-être le moyen d'échapper aux voies où depuis deux siècles et plus la spéculation moderne s’est trop souvent enclose.

L’un de mes étudiants, devenu mon collègue et ami, Jacques Paliard, avait, pour un diplôme d’études supérieures et comme texte d'explication,

Page 1