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plusieurs endroits, pour visiter la canalisation, et l’on ne tarda pas à découvrir que les tuyaux en ciment, 'qui conduisaient l’eau à la Halle, présentaient, en trois points, des fêlures par lesquelles pénétraient des eaux d’infiltrations. Une de ces fêlures se rencontrait notamment au point précis où la conduite croisait le canal de décharge du lavoir des Gannes. à
Le plan ci-dessus montre clairement la situation respective de la conduite et du canal, quant à la direction de leurs axes ; mais il est des rapports non moins importants à connaître, ce sont ceux qu’affecte cette conduite avec le radier du canal. La figure ci-dessous les met bien enévidence.
Ces rapports sont tels que, dans la traversée de l’égout du lavoir, les tuyaux en ciment qui forment la conduite se trouvent à un niveau inférieur de 10 à 15 centimètres tout au plus à celui du radier, dont le pavé est tout dégradé ; et que, dès lors, ces tuyaux baïgnent dans une vase d’autant plus infecte, qu’elle est imprégnée de substances organiques incessamment apportées par l’eau du lavoir.
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Deux autres fêlures moins importantes qué celle dont je viens de parler existaient, en amont et en aval de cellecl, à Cinq ou six mètres de distance, en des points où les tuyaux, transformés en véritables drains, se trouvent enfouis à même le terrain, dans un sol extrêmement mouillé, à 0 m. 80 cent. de profondeur; voir le plan page 71..
M: l'agent voyer Bardin, directeur des travaux, à l’obligeance duquel je dois tous les renseignements techniques que je puis consigner ici, m'a appris que les trois cassures constatées occupaient le lieu précis du raccordement des segments de la conduite, et qu’elles s'expliquaient « par l'emploi, mal fait en ces points, d’un ciment de qualité inférieure ». A cette première cause venaient s’en Joindre d’autres, telles que le passage, sur le trajet de la canalisation, de voitures lourdement chargées, ou bien encore le tassement du sol. Toutes ces constatations étaient de la plus haute importance, mais elles ne me permettaient pas d'affirmer, a priori, la spécificité de la souillure.
Le bacille pathogène existait-il dans la vase qui se mêlait à l’eau des fontaines de la Halle ? — Comment et quand avait-il pu y être ensemencé? — C'est, tout d'abord, la possibilité de cet ensemencement que je m’attachai à rechercher.
‘A cet égard, de très minutieuses investigations m'ont ramené aux premiers jours de l’année 1887; j'ai pu acquérir la preuve qu’à cette date le linge des typhiques de Tauves (importation de l’épidémie de Clermont-Ferrand, page 27), avait été lavé dans l’eau des Gannes. Pareil
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fait s’était déjà produit lors de l'épidémie de 1885. En dehors de ces deux époques, il est impossible de découvrir une autre cause de souillure spécifique.
Au cours des travaux entrepris par la municipalité, lorsque le canal du lavoir des Gannes fut ouvert, on le trouva obstrué en différents endroits par de la vase. Pour arriver aux tuyaux de ciment des fontaines, il fallut, en certains points, traverser une couche de vase sablonneuse de 25 à 30 centimètres d'épaisseur.
Je me suis fait envoyer des échantillons de cette vase, pris au contact des cassures du tuyau : 1° dans le canal même du lavoir ; 2° dans les terrains en dehors du canal, en amont et en aval, à des profondeurs diverses; j'ai soumis ces échantillons à l'examen microbiologique de M. le D' Chantemesse, directeur du laboratoire de bactériologie de la Faculté, qui, les ayant étudiés, a obtenu des cultures extrêmement intéressantes au point de vue de la démonstration que je poursuis.
M. Chantemesse a bien voulu m'apprendre : 1° que parmi les micro-organismes contenus dans la vase des Gannes, il s'en est trouvé qui offrent à peu de choses près les caractères morphologiques du bacille typhique ; 2° que le développement et l’évolution des colonies du bacille en question le différenciaient nettement des bacilles saprophytes et tendaient à l'identifier avec le bacille d’Ebérth (1).
(1) La ASE qui se comporte le plus nettement comme une colonie de bacilles typhiques provient d’un échantillon de terrain pourri et vaseux, recueilli à 0,90 centim. de profondeur et à5 mètres
de distance du canal du lavoir, sur le trajet des tuyaux de ciment. (Voir le plan, p. 77).
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Le savant bactériologue estime, sans toutefois se prononcer définitivement, et sous réserve du contrôle d’un nouvel examen, que ce bacille doit être le bacillé typhique.
Ces très intéressantes et précieuses indications ne sont-elles pas de nature à entraîner la conviction, alors qu'on ies rapproche, des faits établis par l'enquête ? — Peut-on douter que le bacille spécial découvert dans la vase du canal des Gannes soit autre que le bacille d’Eberth, ‘alors : 1° qu'il est certain que cette vase pénétrait dans la canalisation d’eau potable ; 2° que les individus frappés les premiers au début de l'épidémie étaient ceux-là seulement qui faisaient usage de l’eau ainsi contaminée ; 3° qu'il à sutfi de la fermeture desdites fontaines pour modifier absolument la marche de l'épidémie ; 4° que non seulement la contagion était dès le début restreinte aux seuls habitants qui s'alimentaient aux fontaines de la Halle, mais encore, signe particulier, que ces habitants: paraissent avoir été frappés le même jour, comme s'ils avaient bu le poison à la même coupe.
C’est dans l’abondante pluie survenue le 25 mars 1890 que je trouve l'explication plausible de ce dermier fait.
En temps ordinaire les tuyaux d’amenée d'eau, dont le diamètre est de 6 centimètres, ne sont pas remplis par l'eau que débite la “source de La Massonnerie ; partout, l'écoulement s’y produit comme dans un canal à air libre, sans déterminer de phénomènes d’hydrostatique. La pluie subite et très abondante du 25 mars ayant transformé momentanément ces tuyaux en un véritable siphon amorcé, on comprendra, sans que j'aie à m'étendre davantage, par quel mécanisme la vase et le terrain