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«pourri », dans lesquels baignaït la canalisation, se sont trouvés aspirés par les fissures les plus ténues.
Si, comme tout porte à le faire croire, l'intensité de l'infection est directement proportionnelle à la dose du poison ingéré, on devra reconnaître, étant donnée la gravité extrême des cas de fièvre déclarés en avril, 5) décès pour 20 cas, que la vase entraînée le 25 mars dans la conduite de la Halle devait être extraordinairement imprégnée de bacilles typhiques.
L'hypothèse que j'émets en ce moment relativement à l'action mécanique de la pluie du 25 mars, est loin d’être fantaisiste ; elle est, au contraire, physiologiquement confirmée par les calculs auxquels on peut se livrer sur la durée de l’incubation chez nos vingt premiers malades.
Mais comment le bacille typhique avait-il pu être en- semencé dans la vase du lavoir des Gannes ? Sur ce point, dussé-je rencontrer des incrédules, je n’hésite pas à faire remonter au lavage du linge des typhiques de 1887, dans l’eau de ce lavoir, l’ensemencement des colonies que nous retrouvons si florissantes en 1890. La pullulation bacillaire s'est faite dans la vase, à la façon d’une tache d'huile gagnant en étendue eten profondeur. C’est ainsi qu'ont été finalement infectés à des profondeurs diverses, de bacilles et de leurs spores, les terrains dans lesquels a été creusé le canal dulavoirdes Gannés (1).
Si jusqu’à présent, croyons-nous, une aussi longue existence du bacille typhique dans le sol n’avait pu être
(1) Ce travail de pénétration était favorisé par cette circonstance, que le canal en question est construit à pierres sèches, et qu'il traverse des terrains d’une porosité extrême.
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affirmée, elle avait été du moins soupçonnée en mäinte circonstance ; plus d’un observateur l'avait même signalée comme probable. f ‘Flügge regarde la terre et ses produits comme les principaux moyens de conservation et de diffusion des spores typhoïdes. Arnould dit que l’éclosion de certaines épidémies, sans importation apparente actuelle, dans de petites localités X qui n'onteu la fièvre typhoïde qu’à une date très anté- \ rieure, ferait volontiers songer à la conservation des germes dans le sol. | Alison, dans son étude sur l'étiologie de la fièvre typhoide, cite de nombreuses observations tendant à démontrer la longue vitalité du cortage de la fièvre typhoïde, en dehors de l'organisme humain.
M. le professeur Brouardel admet que les bacilles typhiques existent longtemps dans le sol, etqu'y étant une fois ensemencés ils y pullulent (1).
Le D' Tryde, à l’occasion de l'épidémie bénigne de la caserne de la marine à Copenhague, a trouvé des bacilles dans le sol « pourri », à 5 pieds de profondeur; les cultures faites donnèrent des bacilles identiques au bacille de Gatfky (2). \ ÿ
Carl Fränkel a constaté en 1887 que le bacille typhique, quoique plusrésistantque d’autres, ne vit à la profondeur de deux ou trois mètres que pendant une partie de
- l'année, de juin à décembre exclusivement (Zeitschrift f. Hygiene, t. IL, p.511, 1887).
(1) P. BRouARDEL. Épidémie de Pierrefonds, p. 19. (2) Dictionnaire des sciences médicales, vo Tyshoïde (fièvre).