‹ Une Épidémie de Paludisme à Plasmodium Vivax: Dans le Centre de Dirigeables de Cuers-Pierrefeu (Var) en Septembre-Octubre 1919Chapitre 9 sur 24 · SN · texte numérisé non relu

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remarquer que c'est parmi ce groupe d'hommes que le plus grand nombre de cas s'est produit.

Pendant tout Fété, il y a eu, dans le camp, beaucoup de moustiques.

Si, pendant les mois chauds de l’année, particulièrement en Juin, juillet, août, on avait trouvé des anophèles infectés, l’étiologie de cette épidémie serait fixée d’une façon absolue; mais à l’époque à laquelle nous sommes arrivé au Centre, vers le 15 septembre, moment où l’épidémic sévissait, les moustiques étaient peu nombreux, nos investigations pour trouver des anophèles ont été vaines et nous n'avons pu expédier aucun échantillon au Laboratoire pour identification.

D'ailleurs, le résultat négatif de nos recherches ne prouve nullement qu'il n'y ait pas d'anophèles à Cuers-Pierrefeu : on en a trouvé presque partout en France depuis quelques années, et Roubaud à vu que ces insectes indigènes n'étaient nullement immunisés contre le paludisme.

En 1907, des échantillons de ces moustiques fébrifères ont été Capturés à Cuers-Pierrefeu même.

Tout dernièrement, ainsi que nous l'avons dit, en mai, des recherches faites par le Médecin-Major du Centre d’Aviation Maritime de Saint-Raphaël (situé à 30 kilomètres de Cuers) ont permis de capturer dans les chambres d'officiers et les casernes des hommes un grand nombre d'anophèles (Anophèles maculipennis)]. Cette découverte est venue démontrer que des cas de paludisme de première invasion constatés en 1919 chez certains marins, dans cette localité, avaient bien été contractés sur les lieux mêmes.

Si nous ne pouvons apporter ici aueun échantillon c’est que la recherche des anophèles et de leur gite de ponte « ne peut » être confiée, à moins de s’exposer aux plus graves mécompies, » qu'à des spécialistes familiarisés avec la biologie des Mous- » tiques et avec les méthodes de pêche, de capture et d'élevage » de ces Insectes. Une telle recherche doit prendre en considé- » ration les mœurs même des Insectes qu'il s’agit de découvrir; » elle ne peut être faite qu'au printemps et en 6t6, c’est-à-dire

» à la saison où l’on peut rencontrer, soit la ponte, les larves » et les nymphes dans les eaux, même d’étendue très restreinte, » soit l’insecte ailé volant en plein air, envahissant les habita- » tions, posé contre les murs, etc. (1). »

Nous pouvons seulement affirmer qu’à proximité du Centre de Dirigeables, et dans le Centre même, de petits lacs cimentés, alimentés par des norias et servant à l’arrosage, des flaques d’eau avec des roseaux, des prairies humides et de petits marais (la carte d'Etat-Major en fait mention), sont susceptibles d’abriter des anophèles et leur progéniture. D'autre part, de juillet jusqu’à septembre 1919, la température ne descendant pas au-dessous de 15° s’est maintenue régulièrement chaude et convenable pour que ces insectes aient pu se multiplier dans de bonnes conditions et s'infecter.

L'été 1918 avait été moins régulièrement chaud que celui pendant lequel s’est déroulé l'épidémie que nous relatons; toutes choses étant égales d’ailleurs, la température n’a pas été suffisante en 1918 pour favoriser la pullulation des anophèles et permettre chez ces insectes l’évolution de lhématozoaire. C’est ce qui explique qu'il ne soit pas retrouvé trace d'épidémie cette année-là.

Il nous est done permis de supposer que les anophèles ayant hiverné, ont commencé à pondre à la fin du mois d'avril ou au

début du mois de mai. Dans la deuxième quinzaine de juin, ces œufs ont donné des insectes parfaits et, dès le début du mois de juillet, les jeunes anophèles femelles, puisant le virus chez les porteurs de gamètes, ont pu être dangereuses pour l’homme. Une deuxième génération à pris son vol vers le milieu du mois d'août et est devenue infeetante vers la fin du mois d’août.

Il à pu y avoir une troisième génération de moustiques, mais c’est en septembre que les anophèles infectés et infectants existaient en très grand nombre.

(1) BLancHanp (R.), Le danger du Paludisme et de la Fièvre jaune en France, moyens de léviter (Bull. Acad. de Médecine) année 4917 (lre partie, p. 665).

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