ML^ V K
■'£*r* -if, • , , a; » . ;sj» ï,yBiÉaag| e
f ^ ,*>ÜJ ■« ^ *f|i
■*““* kr w - ^
’" « f »t4 — . ü.*"' ’-f. -»'■ / *11 ^i»ji»r, , >i».i fi‘.T .a» «I v'\4«ii •■
*■- • ‘ ■» ^|ci''» -'—
^ » J. '* ~JS m^V ’<ü^ <» Wiiili.
Ml .i»^i• .- ■>, I ^( -- i *<^*'*(|pP
W ^*<r , (t U , 4 yS> ~
A *A#:- .. i4 — *- . . 4 t'èu, « OKV-;i^o<i «vx
9* 1 « v^> • '^ •* -tétUi - I<4 ‘Ml\u49«Uh-' 'A
'••«'■ ' ■''■' ■ ' '■wc- * •»*•
fX^ém ^ ^ fa£..‘l4»^»4ÉB*t •• '
j-r^ à'W - *«" . |pi 4»
Conclusion.
A mesure que nous nous sommes avancé dans cette exposition, la lumière, qui nous était apparue d'abord dans l'analyse des comptes rendus épidémiologiques du médecin de Bagdad, s'est montrée à nous d’une manière plus nette. Les conclusions auxquelles nous étions arrivé dès le début sont encore celles auxquelles nous a conduit un examen minutieux de tout le Rapport sur l’épidémie de Hindié. Tous les faits, quelque incomplets et différents les uns des autres qu’ils nous soient présentés, font concorder à ce sujet les observations du docteur Duthicul, les résultats de l’enquête de la commission de Bagdad, et les dépositions des Arabes à l'envoyé lui-même de l’intendance sanitaire de Constantinople. Les conclusions adoptées à Constantinople sont, sans doute, différentes des nôtres. Le conseil
supérieur de santé de cette ville ne croit pas à la peste; nous avons, au contraire, cette conviction, d'après les faits que l’on a publiés et que nous avons voulu analyser ici. C’est justement parce que, sur un si grave sujet, notre avis diffère totalement de celui des autorités sanitaires de la Turquie, que nous avons voulu porter le débat devant le public. 11 nous a paru qu une thèse semblable méritait une discussion et une éluci-
dalion complète. C'est sans doute là une question capitale cl peut-être fort urgente à soumettre à l’examen des corps savants et à l’opinion de toutes" les personnes compétentes. Si l’on ne reconnaît pas la peste aux symptômes énumérés ci-dessus, à quels signes la reconnaîtra-t-on? Doit-on rayer de la pathologie les expressions de peste sporadique et de peste bénigne? Ne doit-on admettre l’existence de ce fléau que lorsqu’il se montre sous la forme d’une grande épidémie? Telles sont les questions que je pose, et auxquelles, dans tout le cours de ce travail, j’ai donné les solutions qui me paraissent les plus conformes aux vraies doctrines.
En soutenant les opinions que j’émets ici, je ne suis guidé par aucune idée préconçue 3 je n’ai pour faire obstacle à la direction de ma pensée aucune préoccupation administrative. C’est dans l’intérêt de la science pure que je suis entré dans cet examen. Je désirerais bien franchement me tromper dans mes inductions et dans mes raisonnements, mais mon esprit se refuse à admettre une opinion contraire. Je voudrais pouvoir me ranger au sentiment des autorités sanitaires de la Turquie, si compétentes du reste; mais mes convictions sont celles qui résument pour moi, à ce sujet, toutes les probabilités du vrai. Je ne serais pas éloigné de croire quelquefois que la brochure du docteur Navanzi a été écrite dans ce sens, afin de tranquilliser les esprits; mais notre époque ne veut pas de ces palliatifs. Notre temps me semble désirer la vérité tout entière, et les bons esprits de notre génération et de celle qui nous suit me paraissent vouloir être libres de l’entendre et de la dire cette vérité.
Nous sommes en face d’une question plus importante qu’on ne pense peut-être. 11 nous faut une solution nette et précise; ce n’est pas en jouant avec les mots que nous arriverons à la conclusion pratique. CellCTci doit découler nettement de l’exposé scientifique. Si cet exposé pèche par l’insuffisance des faits, il est du devoir des gouvernements intéressés dans la
(juestion de demander un coinpldmcnl de déinonstralion. U est de la compétence et du devoir des savants d’indiquer sur quels points doit porter de nouveau l’examen. Si au contraire les preuves que nous avons résumées sont considérées comme suffisantes, il faut déterminer à l’avance les mesures à prendre dans de semblables circonstances. 11 ne faut pas d’hésitation dans une question de cette nature. Qu’on le sache bien, les mesures sanitaires qui furent d’abord décrétées sur l’avis de la commission de Bagdad ne furent appliquées qu’à la fin de l’épidémie de Hindié, trois mois environ après son début. Or, je le demande, si cette épidémie avait rencontré dans les villes voisines de Hillé, Nèdjef et Kerbila, ces conditions de prédisposition locale qui sont indispensables au développement de toute épidémie; si le feu de la contagion s’y était allumé, aurait-on pu éteindre cet incendie? Je ne le pense pas. Et alors, dans cette triste supposition, nous aurions vu en peu de temps toute la Turquie d’Asie envahie par la peste et le littoral européen de la Méditerranée et de la mer Noire menacé par cette maladie.
Si l’on veut être à l’abri d’une semblable appréhension, il importe d’avoir dorénavant, pendant une certaine série d’années, des renseignements sanitaires plus exacts et plus détaillés sur les portées de l’Irak-Ârabi compromises dans les manifestations épidémiques que nous avons relatées. 11 ne s’agit pas ici seulement des plaines de Hindié, il s’agit de Bagdad, de Kerbila, de Bassorah, de Nedjef, de Hillé. Puisque les faits observés depuis I 836 par le docteur Duthicul dans l’Irak-Arabi sont vrais , puisque l’épidémie de certaines fractions de la tribu des Beni-Barafen 1867 est un fait bien positivement constaté par deux enquêtes, j’ai la conviction que des faits analogues peuvent se renouveler prochainement. Qu’on décrive ces faits dans tous les détails, qu’on en suive toutes les nuances et. toutes les dégradations; qu’on en fixe la filiation s’il est possible, qu’on s’efforce d’en déterminer les causes avec précision
ou du moins d’en circonscrire le domaine. On rendra ainsi à la science un service capilal en fixant définilivernenl l’opinion par de nouveaux exemples, sur un des points les plus cui'ieux et les plus importants de la pathologie, la peste sporadique, les épidémies de peste localisée, la peste bénigne.
Les mesures sanitaires viendront ensuite ou en même temps. Il ne m’appartient pas d’en préciser la nature, mais il me sera permis de dire, je l’espère, que si j’admets dans le cas actuel tes mesures restrictives telles que les cordons sanitaires, si les autorités ont le pouvoir de les instituer et si les populations les tolèrent, j’approuve avant tout et surtout les moyens prophylactiques institués dans le but d’améliorer les conditions hygiéniques de la population et surtout sa nourriture (t). Ces indications me semblent particulièrement convenir dans les cas où la contagion n’est pas bien en évidence, ou du moins ne s’exerce pas en dehors de certains foyers. Que si malgré cela le mal se développait de nouveau et prenait plus d'extension et de force, il tomberait alors dans la catégorie des grandes épidémies de peste. Ce n’est pas le lieu de traiter ici des moyens sanitaires à adopter contre ces épidémies quand elles se sont généralisées et que leurs caractères développés ne laissent plus aucun doute dans les esprits sur leur nature. 11 me suffira de rappeler que dans un très-grand nombre d’épidémies de peste, comme dans celle dont nous venons de parler, le diagnostic de la maladie fut méconnu dans les commencements, et cela par des épidémiographes tels que Mercurialis, Chicoyncau,
(t) On connaît les résultaU remarquables obtenus dans la campagne de Rome contre l’influence de la malaria, en renforçant l’alimentation des laboureurs et en améliorant leur vêlement et leur babitalion. Christison a noté la disparition totale des fièvres palustres de l’Ecosse à la suite de l’amélioration des conditions hygiéniques des habitants. 11 est peut-être sans exemple (croyons-nous avec la Gaxetle médicale d' Orient, 1858-59, p. 84) qu’une épidémie de peste ail débuté dans une localité salubre et parmi des populations saines, tandis qifon a vu maintes fois la peste, née dans des conditions opposées, envahir et ravager ultérieurement ces mêmes pays où les conditions nécessaires à son développement n’existaient pas.
Verny el laiit d’autres (1). J’indique seulement ici, sans y insister, ce point capital : l’essentiel dans toutes les mesures sanitaires et restrictives, c’est de les prendre à temps (2). 11 faut, pour prévenir le mal ou le circonscrire, agir tout à fait au début. Or, cela n’est possible qu’à la condition d’une observation très-minutieuse et très-exacte dans toutes les localités suspectes. Si mes efforts peuvent contribuer à faire rectifier et développer ce système d’observation dans la Mésopotamie, le principal but qu’ait eu ce travail sera accompli.
(1) On peut objecter que la déclaration de Chicoyneau et de Verny ne fut probablement faite que dans le but de ramener l'ordre et le calme dans une ville que la crainte de la contagion avait jetée dans la plus terrible désolation. Mais l’erreur de diagnostic de Mercurialis, dans la peste de Venise, en 1576 ; celle de Parigi, dans la peste de Malte, en 1592 ; celle de tous les médecins de Parme, de Vérone, de Florence, dans la peste de 1629 et 1630, sont des faits bien avérés. A Moscou, en 1770, lors de l'app.irition du fléau, plusieurs médecins affirmèrent que ce ne pouvait être la peste. A Malte, en 1813, on se méprit aussi sur la nature de la maladie. Enfin, dans la dernière épidémie dont l’Egypte a été le tliéàlre, on méconnut au début les caractères réels du fléau. Pans la peste de Grèce, en 1827 et 28, les médecins restèrent longtemps indécis sur la nature du mal. Quand ils commencèrent 5 reconnaître quelques symptômes de peste, ils donnèrent à la maladie le nom de fièvre pétéchiale, contagieuse ou pestilentielle grave. Enfin, dans la peste de Bengliasi, en 1858-59, nous voyons le médecin sanitaire de Bengliasi, en annonçant l'existence d’une épidémie, soutenir avec ténacité que la maladie à laquelle il avait affaire était un typhus non contagieux, cunirairement à l’opinion répandue dans le pays que celte maladie, accompagnée de bubons, pouvait bien être la pesle. Ce médecin sanitaire prétendait, en outre, que les bubons ne parvenaient jamais à suppuration, que la mortalité n’était pas, comme dans la peste, en proportion considérable relativement au nombre des attaques, el que, de plus, tous les malades qui se soumettaient à un traitement convenable échappaient a la mort. {Gazette médicale d' Orient, 1858-59, p. 105.)
(2) C’est ce qui eut lieu pour Bengliasi, en 1858. On lit, en effet, dars la Gazette médicale d'Orient de cette année, page 80: « Une épidémie, qui s’est manifestée dans un campement d’Arabes, à huit lieues de distance de Bengliasi, s’est propagée dans cette ville. Le médecin de la quarantaine, qui en donne avis, pense qu’il s’agit du typhus; mais comme il ressort de ses rapports certains caractères suspects, le conseil de santé a décidé qu’en attendant, les provenances de la province de Tripoli de Barbarie seront soumises au régime de la patentebrule.