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d'aucuns médecins, des varioloïdes, et cela tout en continuant à servir leurs clients. D'autre part, une pauvre femme vivait seule chez elle et percluse de rhumatismes ; elle ne quittait pas son appartement. Au mois d'avril, elle recevait la visite d'une famille de ses amis qui avaient eu, dans leur maison, ‘des voisins atteints de variole. Peu de jours après, elle était frappée à son tour et succombait rapidement. Nous connaissons aussi des maisons où plusieurs cas se sont produits à des intervalles rapprochés, et des rues où durant tout le cours de l'épidémie les cas se sont multipliés. Mais à quoi bon accumuler les exemples, nous ne ferions que répéter ce qui à déjà été dit tant de fois.
Quant aux conditions d'hygiène des quartiers contaminés, nous n’y reviendrons pas, le même sujet ayant élé traité plus haut.
Formes cliniques. — Si nous adoptons la division classique des varioles, nos 105 observations donnent comme résumé de l’évolution clinique :
V'ar10 lots RME TA En PL TI CAS Varoles/discrélés. 100120210830" — CONMÉTEDICS APE 18 »
- cohérentes-confluentes. 12 » RAA CONNUCILLÉS Tee ee 14 > = | hémorragiques........ 6 »
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Nous allons étudier maintenant les particularités qu'ont pu présenter ces diverses modalités cliniques.
Varioloïdes. — Elles ont atteint des personnes vaccinées au moins une fois durant le cours de leur existence. Cinq avaient été vaccinées depuis moins de dix ans Une vieille
Ar SELS femme âgée de 60 ans portait sur le corps des traces d’une atteinte de variole antérieure. Sur une fillette de 7 ans, nous avons vu évoluer de superbes boutons de vaccine, tandis que sur son corps nous conslalions la présence de boutons de variole non douteux. Nous verrons plus loin que cette évolution simultanée des deux éruptions n’est pas restée un fait isolé. La plupart des malades atteints n’ont pas gardé le lit plus de trois jours, certains ne se sont jamais alités. La mortalité par varioloïde a été nulle. Nous ne pouvons mettre en effet sur le compte de la variole le décès de la nommée Augustine C... (Obs. 5), traitée dans nos salles depuis plus de deux ans pour une cirrhose atrophique et morte plus de huit jours après la guérison de son éruption.
Varioles discrètes. — Ce sont les cas les plus nombreux. Sur 36 malades, 32 avaient été vaccinés dans leur jeune âge, 2 n'avaient jamais été vaccinés, 2 vaccinés sans succès dans leur jeune âge. Les divers cas ont en général évolué très normalement. La durée de la maladie jusqu’à la fin de la période de dessiccation à oscillé entre dix et vingt jours, offrant une durée moyenne de 25 jours. Chez trois des malades que nous avons eus en traitement à l'hôpital, les boutons ont séché sans passer par la période de suppuration. Ces formes discrètes n’ont pas laissé de cicatrices bien profondes.
Varioles cohérentes. — Nous avons donné, peut-être à tort, le nom de cohérentes à toutes les varioles dont les éléments très nombreux n’arrivaient pas cependant au contact, mais dépassaient de beaucoup l'abondance normale des éruptions discrètes classiques. Nous avons surtout observé cette forme-là dans les salles de contagieux de l'hôpital Ste-Marthe. Cette variété n’a pas été maligne et n’a
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donné lieu à aucun décès. Les malades entraient avec des symptômes d'invasion sérieux : température élevée, céphalée violente, vomissements rebelles, souvent de l’enanthème marqué. L'éruption sortait abondante, serrée ; mais au bout d’un ou deux jours, les ‘phénomènes s’amendaient et le malade était hors de danger. La suppuration se faisait légère, sans grande réaction, les croûtes de dessiccation avaient un bel aspect mélicérique, et du quinzième au vingtième jour la convalescence commençait.
: Tous les cas de cohérente soignés à l'hôpital n’en ont pas moins subi un séjour de quarante jours, quand ils ne présentaient aucune complication nécessitant un isolement plus prolongé.
Varioles cohérentes-confluentes. — Sous cette dénomination nous plaçons tous les cas primitivement cohérents et devenus secondairement confluents. L'aspect clinique a été le même pour tous les malades. Les symptômes d'invasion ont été sensiblement amalogues à ceux décrits pour la forme précédente, quoique plus marqués et plus sérieux. L'éruption, très abondante au début, évoluait assez tranquillement, si bien que pendant quelques jours on conservait l'espoir de sauver les malades. Et puis, lors de la période de suppuration, les pustules arrivaient au contact, se confondaient entre elles, el la face notamment n'était plus qu'une masse assez informe recouverte d'une nappe de pus. Les signes généraux devenaient plus graves, les muqueuses buccale et pharyngée étaient envahies par léruption, la dysphagie s’installait, les malades, à bout de forces, refusaient toute alimentation et avaient beaucoup de peine à respirer. Huit malades sont morts, les uns dans le délire pendant la période de suppuration; les autres, bien après cette période de suppuration, n’ont jamais pu faire les
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frais de leur convalescence, desquamer leurs croûtes et cicatriser leurs lésions cutanées. Quatre ont guéri, mais, avant d'arriver à un état de santé satisfaisant, illeur a fallu faire un séjour de plus de deux mois dans nos salles. Sur ces douze malades, sept n'avaient jamais été vaccinés, un huitième vacciné sans succès dans son jeune âge, deux vaccinés avec succès après leur naissance. Enfin, deux sujets sont arrivés à l’hôpital présentant encore des boutons de vaccine en pleine évolution et le début d'une éruption qui devait bientôt devenir cohérente et ensuile confluente. Un de ces deux malades a d'ailleurs succombé aux suites de sa variole durant la période de dessiccation.
Varioles confluentes. — Sur les 14 malades atteints de variole confluente, deux avaient été vaccinés dans leur jeune âge, douze ne l'avaient jamais été. Ce qui frappe chez eux, c'est la soudaineté et la violence du début. La température atteint 40°, les vomissements sont incessants, les douleurs de reins sont excessivement violentes: le délire s'établit quelquefois dès le premier jour. L'éruption est dans quelques cas constituée en quarante-huit heures. Chez un enfant de six mois, elle a été précédée d’un rash morbilliforme: chez un jeune homme de 20 ans, d’un rash scarlatiniforme. La face de ces malades était en général hideuse, couverte de larges phlyctènes remplies de pus, dégagçant une odeur repoussante. À l'hôpital, une veilleuse se trouve mal devant un de. ces varioleux. En ville, on trouve très difficilement quelqu'un pour les soigner. Les éruptions sont aussi confluentes sur les muqueuses. Celles qui sont accessibles à la vue nous apparaissent recouvertes d'enduits purulents. La dysphagie s'installe rapidement, et bientôtles malades ne peuvent plus s’alimenter.. La dyspnée est quelquefois intense. La durée moyenne de la maladie à été de sept jours chez ceux qui sont
LRU morts. Chez deux sujets, le décès s’est produit 48 heures après leur entrée à l'hôpital. La mort arrive en général pendant la période de suppuration, sitôt que l’éruption et la suppuration des muqueuses sont constituées el ont rendu toute alimentation impossible. Une malade vue par M. le docteur Clément a été emportée par des hémorragies intestinales. Les 14 cas de confluentes ontdonné lieu à 12 décès. Deux malades ont guéri: un avait été vacciné, l’autre non. Leur séjour à l'hôpital a été de plus de deux mois.
Varioles hémorragiques.— Les six cas signalés ont trait à des gens âgés de 45 à 48 ans. Cinq n'avaient Jamais été vaccinés ; le sixième avait été vacciné à sa naissance. Quatre de ces-cas sont des varioles hémorragiques secondaires. Les phénomènes d’invasion ont été intenses. L'éruption s’est fnanifestée vers le troisième ou quatrième jour de la maladie, constituée par des papules petites et violacées, par des pustules qui prenaient une leinte gris cendré caractéristique. Au second jour environ, ces pustules se remplissaient de sang. Nous avons aussi constaté des ecchymoses à sièges divers. Ces quatre malades ont présenté du débre, tranquille chez l’un, intense chezles autres. La mort est survenue dans le collapsus, quatre, cinq et sept jours après l'éruption. Le n° 6 a présenté une variole hémorragique d'emblée, l'éruption s’est montrée au quatrième jour. Une de nos malades meurt, arrivant à l'hôpital, le quatrième jour de sa maladie. La face était intacte, mais Le tronc et les membres inférieurs étaient criblés de papules rouges noirâtres.
Morts avant toute éruption. — Ces trois cas doivent rentrer dans le cadre des varioles hémorragiques. Le premier, un enfant de dix mois, vu quelques heures avant sa mort, présentait un rash vineux avec des ecchymoses sur la con-
jonctive et la muqueuse buccale, il meurt dans le coma. Les deux autres ont présenté à peu près le même tableau clinique. Le délire s’est installé dès le second jour ; au troisième jour, rash purpurique à larges plaques : en même temps, apparition de phlyctènes énormes, d'aspect cuivré, ayant plus de dix centimètres de diamètre. Le rash était bientôtaccompagnéd’ecchymoses sous-conjonctivales, dsépistaxis et d'hématurie. Ces formes pourraient peut-être rentrer dans le cadre de l'affection décrite par les Allemands sous le nom de « purpura variolosa ». Ces divers malades n'avaient
jamais été vaccinés.
En observation. — Quatre enfants nourris par des femmes atteintes de variole ont été mis en observalion pendant quelques jours dans une salle spéciale. Ils ont été vaccinés avec succès. Nous les avons revus quelque temps après el nous avons pu nous assurer qu'ils n'avaient à aucun moment présenté la moindre trace de variole.
Enfin, un enfant vacciné avec succès l’année précédente a présenté une éruption légère d'aspect varicelleux au début, avec deux ou trois éléments ombiliqués par la suite et nous n'osons le classer parmi nos cas de varioloïdes.
Variole chez les enfants. — Nous avons fait remarquer plus haut la proportion assez grande d'enfants atteints par l'épidémie, 24 sur la totalité. de nos observations. Comme formes nous avons observé chez eux : varioloïdes 3 cas ; varioles discrètes 7 cas; varioles cohérentes 3 cas ; varioles cohérentes confluentes 4 cas ; varioles confluentes d'emblée 2 cas. Un jeune enfant est mort en présentant un rash hémorragique avant toute éruption. Enfin cinq malades en observation. Cinq décès à signaler, deux par cohérentes confluentes, deux par confluentes d'emblée, un par hémor-
- ragique avant l’éruption. Pour deux deces cas nous pouvons
affirmer que le manque de soins à élé pour beaucoup dans l'issue fatale . Nous n'avons jamais observé des convulsions, si fréquentes, disent les classiques, dans la variole infantile. Mais nous avons pu noter commé complications deux cas de broncho-pneumonie auxquels les enfants n'ont pas résisté plus de 36 heures. Un de nos petits malades âgé de 6 mois faisait, au moment de son entrée à l'hôpital, sa première dent; mais l’éruption dentaire s’est faite aussi normalement que son éruption variolique, qui fut discrète et n'influa en rien sur son état général. Deux enfants sont sortis de l'hôpital
‘ présentant dans le dos et sur les fesses une éruption bul-
leuse à éléments larges comme des pièces de cinquante centimes, que nous avons appelée pemphigus. Ces bulles firent place à des ulcérations peu profondes. N'ayant pu revoir ces enfants, nous ne savons pas quelles ont été les suites de ces dermatoses. Enfin, complications éloignées : un enfant présentail après son éruption de la conjonclivite avec ectropion, un autre une kératite ulcéreuse.
Variole chez les vieillards. — Nous possédons six observalions de personnes au-dessus de 60 ans, trois hommes et trois fémmes. Trois malades sont morts, trois ont guéri. Sur les trois guéris, deux ont-eu des varioles discrètes, le troi-
.sième une cohérente. Les trois décès sont dus à des cohé-
- “rentes confluentes.
Variole chez les femmes enceintes. — C’est une notion courante que la variole est toujours grave chez la femme enceinte, soit par le fait d’une diminution de résistance, soit par suite de l'avortement. ILest aussi de notion courante
que l’avortement est presque inévitable après le: troisième
mois pour peu que la variole soit grave.