CHAPITRE II
Dans le cours de l'épidémie nous avons pu recueillir cent cinq observations de variole. Nous donnons plus loin un court résumé de chacune d’elles et nous nous proposons, dans ce chapitre, d'exposer les résultats que nous à donnés l'étude de ces observations au point de vue de l’étiologie, de l'épidémiologie, des formes cliniques et de la mortalité.
Étiologie. — Le sexe ne nous a paru avoir que peu d'influence sur la réceptivilé des divers sujets en face de la maladie. En effet, les 105 cas que nous publions se décomposent en d
Tous les âges ont payé leur tribut à la maladie, depuis les enfants de quelques jours ou de quelques mois jusqu'aux vieillards de 70 ans et plus. Le plus jeune de nos malades avait 21 jours et le plus âgé 77 ans.
Cependant, en consultant la liste des cas,classés par période de dix années, que nous donnons ci-après, on peut constater que les sujets de 20 à 30 ans sont les plus souvent frappés (34°/,). Après eux, les plus atteints sont les enfants de 0 à 10 ans (23 °/.), puis les sujets âgés de 10 à 20 ans (16 °/,) et ceux âgés de 30 à 40 ans (10 °/,j. Au-dessus de 40 ans, la somme des cas ne donne qu'une moyenne de 17 °/,.
ME VEN Enfants de 0 à 10 ans, 24 cas.
De 0/26 mois MOI CAS:
— 7 MOISÀ 1an........ 4 — a DTA AUD ANS denis UN AD ANS 4 110 ANS 00... 1 80 —
Adolescents et adultes de 10 à 49 ans, 63 cas.
Detlo 16207 ans....... 17 ons.
—"21 à 90) ans... -".2 5 39 — DE AO AUS Tee DD UE
Sujets âgés de plus de 40 ans, 18 cas.
Der MAO ians it 00, NO NCAS.
151 ans el: au-dessus.#" 91
Si nous cherchons maintenant à nous rendre compte de la situation de ces divers malades vis-à-vis de la vaccine, nous trouvons les chiffres suivants :
Sur les 24 enfants âgés de moins de 10 ans:
g avaient été vaccinés avec succès.
2 vaccinés sans succès dans le courant de l’année.
9 n'avaient pas été vaccinés. :
3 vaccinés en pleine épidémie (la variole et la vaccine ont évo lué en même temps).
1 alteint de variole antérieurement n'avait jamais été vacciné.
Sur les 81 malades âgés de plus de 10 ans:
21 n'avaient jamais été vaccinés.
7 ont prétendu avoir été vaccinés, mais on ne retrouve pas les cicatrices caractéristiques.
ho ont été vaccinés avec succès à leur naissance ou dans leur jeune âge.
10 ont été vaccinés depuis moins de 10 ans.
3 vaccinés avec succès dans leur jeune âge avaient été revaccinés sans succès depuis moins de 3 mois.
Le 90 EE
Le nombre des sujets non vaccinés atteints de variole est de 33; ce qui donne, pour nos 105 cas, une proportion de 31,4°/,. 62 varioleux avaient élé vaccinés au moins une fois à des moments divers de leur existence; leur proportion est de 58,5 °/,. Ceux pour lesquels on n'a pu établir la réalité de la vaccination ou qui ont été vaccinés avec succès sont en ‘nombre peu élevé, 9,5 °/..
L'épidémie n’a pas paru atteindre plus spécialement telle ou telle profession ; toutes ont été plus où moins touchées. Celles qui ont payé le plus fort tribu sont : les boulangers avec 6 cas, les cultivateurs avec 5 cas, les ménagères avec
8 Cas.
Epidémiologie. — Nous serons très bre sur ce paragraphe, car dans un chapitre précédent nous avons parlé du début, de la marche et de la propagation de la maladie. lei, comme dans la plupart des épidémies semblables, nous pouvons tout rapporter à un premier cas importé d’un milieu infectieux qui dans l'espèce est Marseille. Nous n'avons pu malheureusement établir le mode de contage pour tous les cas que nous avons cités, mais au début de l'épidémie, tout au moins, celui-ci est bien établi. Le premier cas Avignonnais est infecté par le voyageur venant de Marseille (Obs. 1). Dans le même hôtel se contagionne Louis R. (Obs. 2). Celui-ci promène le début de sa maladie parmises compagnons de travail, les boulangers et parmi ses camarades, les clients des bars à bon marché. Si eux-mêmes ne sont pas atteints, ils contaminent tout au moins des mem bres de leur famille ou certains de leurs amis.
La contagion se fait donc directement de malade à malade ou bien indirectement par l'intermédiaire d'individus sains.Dans l'observation n°26 nous voyons en efletun ouvrier prendre la maladie chez ses patrons, qui ont soigné, sans le secours