‹ Une épidémie de variole à AvignonChapitre 3 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce n’est pas sans un sentiment de regret que nous nous voyons sur le point de dire adieu pour toujours à la vie d'étudiant, que nous lançons un dernier regard sur ces longues années si pleines de charme et d’insouciance, avant de nous Jeter dans linconnu d’une existence nouvelle et d'aborder un art dont l'exercice présente tant de difficultés et demande tant de sérieux. Hier encore, nous sémble-t-il, nous nous inscrivions pour la première fois sur les registres de la Faculté de Médecine de Montpellier, et déjà huit années se sont écoulées ! Cela nous semble bien court Mais presque tous nos camarades ne sont-ils pas dispersés depuis de longs mois ? Et le sort ne nous a-t-il pas favorisé, en nous permettant de prolonger au delà du terme des études toujours trop courtes ? Durant ces heures mélancoliques pendant lesquelles on cherche à pénétrer ce que vous réserve l'avenir, on aime à tourner les yeux vers le passé et à se souvenir de tous ceux qui, de près ou de loin, n’ont cessé de vous soutenir de leurs conseils, de leur sympathie ou de leur affection.

Je veux, en tête de cette thèse, placer le nom et évoquer le souvenir de mon père. C'est à sa mémoire que je dédie ce travail. Ma première pensée ira ensuite vers cetle mère si tendre, si dévouée, qui sut, malgré tous les soucis et

ET toutes les charges que lui laissa un veuvage prématuré, nous conduire vers le but que nous atteignons aujourd’hui. Pourrons-nous jamais lui rendre en affection tout ce qu'elle a dépensé pour nous d'énergie, de bonté et de tendre sollicitude ?

Il nous semblerait êlre ingrat si, en tête de “e modeste travail, nous ne présentions à tous nos Maîtres de la Faculté de Montpellier Les remerciements auxquels ils ont droit pour les enseignements qu'ils n'ont cessé de nous prodiguer durant nos premières années d'étude. 3

Appelé à suivre les cours de M. le professeur Granel, nous avons su apprécier à leur juste valeur ses leçons à la fois si instruclives et si simples ; nous nous souviendrons toujours de ces causeries pleines d'intérêt qui en étaient la terminaison habituelle. Nous ne saurions trop lui exprimer ici toute notre gratitude pour la sympathie qu’il nous a toujours témoignée et pour le grand honneur qu’il veut bien nous faire en acceptant la présidence de notre thèse.

Dès notre arrivée à Montpellier, nous fûmes accueilli de la façon la plus cordiale par M. le professeur-agrégé Rauzier, dont nous avions déjà pu apprécier les grandes qualités dans les relations si suivies qu'entretenaient nos deux familles. Durant tout le cours de nos études, il n’a cessé de nous prodiguer ses conseils, et, au début de notre troisième année, il voulait bien nous désigner pour être son collaborateur dans son service des consultations externes de l'Hôpilal-Général. L'année que nous avons passée auprès de lui restera pour nous la plus féconde en enseignements, et si nous avons un regret, c'est que les circonstances ne nous aient pas permis de suivre plus longtemps ses leçons. Aussi, nous sentons vivement la dette de reconnaissance que

PTE nous avons contractée envers lui, et nous le prions de croire qu'il restera toujours pour nous le plus aimé des Maîtres.

Au bout des trois années que nous venons de passer en qualité d’interne à l'Hôpital d'Avignon, nous ne saurions manquer d'adresser un public hommage de gratitude à nos chefs de service. N'est-ce pas eux qui nous ont initié chaque Jour aux difficultés de la pratique, et n’est-ce pas à leur direction constante que nous devons d'envisager avec confiance nos prochains débuts dans la carrière médicale ? Que MM. les docteurs Pamärd, Carre, Cassin et Clément, chirurgiens-chefs, MM. les docteurs Blanc, Lugan et Vincenti, médecins-chefs, MM. Gouell, médecin principal, et Coudere, médecin-major, des salles militaires, MM. les docteurs Durbesson, Brunschwig et Abelly, chirurgien et médecins-: adjoints, acceptent nos remérciements pour la bienveillance et la sympathie qu'ils n'ont cessé de nous témoigner.

Et ma dernière pensée sera pour vous, mes chers camarades d'Internat. C'est le cœur gros que je vous fais mes adieux. Durant ces longs jours que nous avons vus s'écouler si rapidement, pas un nuage ne s’est élevé entre nous; jamais nous n’avons cessé d’avoir les uns pour les autres la plus sincère affection. Il m'est bien dur, croyez-le, de me séparer de vous et de ne pouvoir rester jusqu'au bout votre compagnon de travail. Mâis si les nécessités de la vie nous . forcent à nous éloigner les uns des autres, il est une chôse que rien ne détruira, ce sont les liens puissants d'estime et d'amitié qu'une longue fréquentation à créés entre nous.

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