CONCLUSION
Il ne p^Mit être question d'attribuer le bordereau à Dreyfus. La ressemblance entre ses autographes et le document anonyme est superficielle, elle ne résiste pas à cinq minutes d'examen : tout ce qui est signifi<-atif dilTère, dans les deux écritures.
Quant à supposer que Dreyfus a, dans le bordereau, dissimulé son écriture, c'est une supposition commode-, elle a l'avantage d'éveiller le doute dans Tesprit de ceux-là même qui croient s'y connaître en écritures. En apparence, elle jette dans l'inconnu. Mais pour qui a étudié à fond le graphisme de Dreyfus, e.le ne tient pas uninstarU debout, quelque bonne volonté qu'on mette à la retourner sous toutes ses faces.
Prison lui-même, le bordereau est suspect. Si Ton en fait une lettre ordinaire, il y a en lui de T inexplicable. Supposer qu'un vrai coupable a dissimulé son écriture, sans autre but que se cacher, est insuffisant. Tout s'éclaire, toutes les difficultés s'évanouissent, au contraire, si Ton admet que le faussaire a voulu imiter l'écriture de Dreyfus : le manque d'homogénéité du bordereau, les lettres grosses et les mots grands parsemant l'écriture petite, le caractère différent de récriture quand elle est lente et quand elle est rapide, e: surtout le fait que, lorsqu'elle ressemble à celle de Dreylus, TappUcation y est manifeste, enfin les contractions nerveuses.
Je conclus donc :
1° Dreyfus n'a pas écrit le bordereau.
2** Le bordereau est l'œuvre d'un faussaire, imitateur groBsier de
l'écriture de Dreyfus.
Paul Moriaijd.
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