‹ Une escapade, bluette en un acteChapitre 8 sur 10 · SCÈNE VIe · texte numérisé non relu

SCÈNE VIe

NOMOFF (ffeul).

Elle est partie! Eh bien, je n'en suis pas fâché! Sainte amitié, tu as gagné la partie! Je suis content de moi... Je le devais à ce pauvre Michel. Oui. mais une autre fois, je ne réponds pas de moi! Et elle aussi... puisqu'elle a fait le premier pas... celui qui coûte, pourquoi ne ferait-elle pas celui qui ne coûte rien? Un pas de plus en avant! Cela vaut-il la peine de s'en préoccuper? Basile, mon ami, rien

n'est perdu; ce n'est que partie remise. C'est d'autant plus certain, qu'en se mettant en voiture, elle m'a dit qu'elle m'a laissé un petit mot d'écrit. Voyons un peu. Ah! le voilà. Mais, c'est qu'il est passablement gros, ce petit mot! (iiut) «Cher Monsieur Basile, l'amie au sujet de laquelle je suis venue vous consulter, vous remercie de l'indication que vous lui avez donnée. Le hasard, toutefois, s'est chargé de compléter la leçon. Il a été démontré à mon amie, que pour sortir de la position embarrassante, qui s'était faite pour elle, elle n'avait qu'à passer son bras sous celui d'un ami, tout disposé à prendre la porte de sortie. Dès lors, comme je n'ai plus besoin d'une seconde consultation, ma visite d'aujourd'hui aura été la dernière que je vous aurai faite. Je mets sous ce pli quelques feuillets, que vous avez eu l'imprudence de ne pas déchirer. La curiosité est un vilain défaut, mais, parfois, elle est aussi bonne à quelque chose. Tout cela ne doit nullement nous empêcher de rester bons amis, comme par le passé». Un congé en règle, bel et bien signé. Oh! les femmes! Toujours plus habiles que nous! (Bruit de pas dans le cabinet) Ah! Voilà maintenant l'autre. Il arrive à propos... je m'en vais lui céder

la place. (H va à la porte de droite, l'ouvre et se trouve face à face avec le comte: tous deux redescendent la scène.)

Page 1