CHAPITRE TROISIÈME
Famille de Gernain Harvey.— Les maisons de l’île. — Srène biblique.—Le Gouffre et ses légendes.-— La baie Saint-Paul et ses tempêtes. — Le cap Maillard.
À quelques pas de la côte du cap à la Branche, nous passons devant la porte de Germain Harvey.
— Germain, lui crie de la voiture Ulric Bouchard, viens donc saluer quelqu'un de tes amis !
Germain Harvey se présente sur le perron de sa maison et se hâte d’ôter son bonnet de laine dès qu'il nous a aperçus.
— Pardon, lui dis-je, mon cher Germain, si nous ne descendons pas de voiture. Il n’est pas loin de midi, et nous avons à faire tout le tour de l’île.
—Comment! c’est vous, monsieur le curé, s’écrie-til, en s’approchant dès qu’il m'a reconnu, et me serrant la main avec cordialité. Oh! par exemple, vous n’irez pas’ plus loin sans venir au moins dire bonjour à ma femme et à mes enfante. Ça leur fera tant de plaisir; © — Mon cher ami, c’est impossible.
— Vous ne ferez pas cela, monsieur le curé, ça serait la première fois qu’un membre de votre famille aurait passé devant ma porte sans arrêter.
Germain Harvey a été, en effet, de tout temps un ami
de ma famille, dévoué et sincère, que je ne voudrais pas désobligzer pour tout au monde. Il réitère ses instances avec tant d’amitié ; il y a tant de chaleureus invitation dans ses paroles, dans ses gestes et dans sa figure franche et ouverte, qu’il est impossible de lui résister. Entrons donc un moment: et d’ailleurs notre visite ne sera pas du temps perdu. Elle nous donnera l’occasion de jeter un coup d’œil dans l’intérieur d’une des maisons de l’île. En franchissant le seuil de la porte, ma vue tombe sur un enfant pauvre, maiïgrelet, à la figure intéressante, avec de longs cheveux châtains dont les anneaux abondants tombent sur ses épaules comme des écheveaux de belle filasse sortant de la filerie. Ses grands yeux bleus sont fixés sur nous d’un air naïf, tandis qu'il tient, entre ses dents et avec ses deux mains, l'ouverture d’un sac dans lequel une des filles de la maison verse une mesure d’orge.
. —Donnez-lui aussi une mesure d’huile de marsouin, dit Germain. C’est l’enfant d’une pauvre veuve, ajoutet-il, en se tournant vers nous. Il ne faut pas être regardant pour les orphelins. On dit que ‘‘ donner aux pauvres, c’est prêter à D:au.”
‘Les maisons de l’île se ressemblent presque toutes: un seul étage long et étroit, surmonté d’une toiture assez à pic pour que nos abondantes neiges d’hiver puissent ÿ glisser facilement. Nos pères, qui avaient ädopté ce mode de construrtion, connaissaient bien lès nécessités dé notre climat.
‘L'intérieur de ces habitations correspond à leur extérieur modeëte et rustique. L’ameublement n’a rien que d'ordinaire ; les tables, les chaises robustes taillées én plein bois, accusent les fortes mains de nos ouvriers de campagne. Les lits sont bons et confortables ; mais rien dans cét intérieur, ni sur les meubles, ni sûr les personnes, ne rappelle le luxe des villes qui, malheureusement, ne se répand que trop dans nos campagnes. Dans un coin de l’appartement, la grande horloge traditionnelle, haute comme tout l'étage et ornée: de deux pommes de cuivre, marque les heures. Elle ne se moñte que tous les huit jours et sonne de ce timbre clair, agréable et sonore dont les fabricants ra bi ont perdu le secret.
‘’Les maisons de l’île sont en général bien servie: j ün ‘grand nombre d’entre elles renferment deux et même trois ménages. L’harmonie la plus parfaite, la piété filiale, l’union fraternelle règnent dans ces heureux foyers où tout le monde est soumis religieusement à la grave autorité du père ou de l’aïeul. Le vieillard.
qui tient le sceptre de la famille, gouverne d’une main douce mais ferme.
Ouvrez la Bible dans un de ses endroits où la vie
des anciens patriarches est racontée : vous y trouverez une peinture fidèle des mœurs simples, de la foi vive, des ‘habitudes paisibles, du bonheur domestique de ces bonnes gens de l’île aux Coudres.
‘Les habitants de l’île sont d’un naturel jovial et causeur ; les francs éclats de rire, les saillies gauloises qui jaillissent de lenr conversation, rappellent l’ancien caractère français. [l se mêle à leur conversation une arrière-pensée de foi, de croyance au surnaturel qui révèle des âmes habituellement ouvertes du côté du ciel. Le naturalisme, qui est la grande erreur et le danger de notre siècle, appellerait cela de la crédulité; ce n’est que l’état normal de la société chrétienne. Ainsi vivaient les premiers chrétiens et les enfants d'Israël.
L'hospitalité proverbiale de nos insulaires me remet en mémoire une page du livre de Ruth, cette suave idylle des saintes Hcritures dont on me permettra de citer quelques fragments :
. # Ainsi revint Noémi avec Ruth la Moabite, sa belle. fille, et: elle rentra à Bethléem, au commencement de la moisson des orges.
‘ Ruth s’en alla et elle recueillait les épis derrière les moissonneurs.
‘ Or il arriva que le champ appartenait à Booz, de la famille d’Élimélech.
“Et voilà que lui-même venait de Bethléem, et il dit à ses moissonneurs: Le Seigneur soit avec vous! Ils lui répondirent : Le Seigneur vous bénisse!
‘ Booz dit au jeune homme qui présidait le mois sonneurs : À qui est cette jeune fille ?
“Il lui répondit: C’est cette Moabite qui est venue avec Noémi du pays de Moab.
‘ Et elle nous a demandé de recueillir les épis, en suivant les pas des moissonneurs ; et depuis le matin jusqu’à présent, elle est dans le champ et elle n’est pas retournée un moment à sa maison.
“ Et Booz dit à Ruth: Écoutez, ma fille, n’allez pas dans un autre champ pour glaner, et ne vous éloignez pas de ce lieu ; ïiais joignez-vous à me- servantes.
Et où elles moissonneront, allez ; car j'ai commandé à mes serviteurs que nul ne vous inquiète, et si vous avez soif, allez où sont les vases et buvez l’eau dont mes serviteurs boivent.
Ruth lui dit: D’où me vient que j'ai trouvé grâce devant vos yeux, et que vous daignez me connaître, moi, femme étrangère ? j
‘ Booz lui dit: Quand ce sera l’heure de manger, venez ici, et mangez le pain et trempez-le dans le vin. Elle s'assit donc auprès des moissonneurs, et elle prit des épis brûlés, et elle mangea, et elle fut rassasiée, et elle garda le reste.
‘ Et ensuite elle se leva pour glaner selon sa cou tume. Et Booz donna cet ordre à ses serviteurs, disant : Quand elle voudra rioissonner avec vous, ne l’empéchez pas;
‘ Et jetez à dessein des épis de vos gerbes, et laïissezles, afin qu’elle les recueille sans honte, et que personne ne l’empêche de les recueilir.
Elle glana donc dans le champ jusqu’au soir et moissonna, avec les filles de Booz, jusqu’à la fin de la moisson du blé et de l’orge.”
S'il était permis d'évoquer la muse païenne après ce ’ récit biblique, on serait tenté de redire avec Virgile à l’aspect de la tranquille félicité de nos insulaires:
O fortunatos nimium, sua si bona norint, Agricolas.…
Jamais la muse qui inspira au cygne de Mantoue ses délicieuses pastorales, ne lui fit voir un tableau plus riant et plus vrai du bonheur de la vie cham-
pêtre.
Cette réminiscence classique me rappelle nn point de ressemblance entre notre petite île et la belle patrie du poète latin.
Charybde et Scylla ont-ils jamais exposé, les nautonniers à plus de dangers que le gouffre du cap aux Corbeaux, jadis l’effroi de tous nos navigateurs ?
Le Père de Charlevoix, dans son Voyage à la Nouvelle- France, parle de ce tourbillon des eaux, qui est formé par la rencontre des courants, et le signale comme un endroit redouté des marins. Il a donné son nom à la rivière du Gouffre, qui se jette dans la Baie Saint-Paul.
Les matelots ont attaché un nom d’un sinistre augure au promontoire voisin. Leur imagination effrayée a sans doute peuplé le cap aux Corbeaux de: ces oiseaux de proie, comme s'ils venaient s’y abattre pour attendre les naufrages dans l’espoir d’en dévorer. les victimes. f
C'était la croyance générale autrefois que re navigateurs qui montaient et descendaient le fleuve par: le chenal du nord, devaient se tenir à distance, en pas-. gant devant le cap aux Corbeaux, et ne jamais s’aventurer dans ces courants. Malheur, disait-on, à l’esquif qui a l’imprudence de se laisser entraîner dans cette spirale marine | Il est saisi dans ses anneaux comme dans ceux d’un gigantesque serpent. Emporté par une force invincible, il tourne, tourne avec une vitesse accélérée, en décrivant des cercles qui vont toujours en se rétrécissant, jusqu'à ce qu’enfin il arrive au centre fatal qui s'ouvre en entonnoir et Feng nu sans retour.
— Germain, dis-je à mon ami, vous demeurez en face du Gouttre. Vous avez dû le voir de proche bien des fois dans voire vie, en traversant à la Baie. Qu'avez-vous remarqué ? Ÿ avez-vous couru quelques risques ? Ce méchant tourniquet vaut-il mieux que sa réputation ?
— Dame, monsieur le curé, ça dépend des embarcations. Si vous y passez en goélette ou en steamboat, vous n’y pensez guère ; mais ce n’est pas la même chose en canot ou en chaloupe. Dans les temps calmes, l’eau
A L'ILE AUX COUDRES ai
n’est pas beaucoup plus tourmentée que dans lés raz dé marée, mais s’il fait du gros vent, il ne faut pas: s'y hasarder. Une chaloupe ne mettrait pas beaucoup’ de temps à s’emplir. L'eau bouillonne et la lame viert'de tous côtés. Vous avez passé dans les raz de marée par un fort vent ? Vous savez comme la chaloupe est alors agitée. On ne sait plus comment prendre les lames, qui embarquent malgré vous. La chaloupe ne veut plus obéir au gouvernail ; on n’avance presque plus. Taridis qu’il souffle une grande brise à quelques pas de vois, dans les raz de marée le vent est mort ; les voiles bat! tent le long des mâts. Il faut toute l’habileté d’un bon pilote pour sortir sans accident de ce mauvais pas. Il n’y a cependant point de raz de marée qu’on puisse comparer au Gouffre. Aussi nos chaloupiers ont-ils bien le soin de ne par en a AS es ils prévoient du vent.
— Au revoir, brave Germain : quand vous traverserez au sud, n'oubliez pas vos bons amis.
Germain Harvey, qui est venu nous reconduire jusqu’au bord du chemin, continue à ‘nous saluer de la main pendant que la voiture s'éloigne täpidement sous les arcades des bois. à Uni te
IV | EN SU j sé DRE T | Admirez avec moi l'éclatante verdure de ces arbres
qui s'élèvent en épaisses futaies de chaque côté du chemin. Elles sont coupées çà et 1à de larges clairières
ouvertes par la charrue. Les moissons qui les recouvrent sont loin d’être aussi abondantes qu’autrefois. Elles accusent une culture inintelligente et routinière.
La rareté des engrais, comme nous l’avons déjà remarqué, est une des grandes causes de cetépuisement : on tâche d’y suppléer en utilisant les varechs et les goémons qui croissent sur les crans et les roches perdues des grèves. Un bon système d’assolement ramènerait en peu d’années la fertilité sur ces terres, dont Jacques Cartier avait jadis admiré l'excellente qualité.
Un quart de l’île aux Coudres est encore en forêts, ou, pour me servir de l’expression populaire, est encore’ en bois debout. On y compte douze érablières. La coupe des arbres s’y fait avec réserve, dans la crainte d’épuiser le bois de chauffage qu’il faudrait aller chercher au loin, non sans difficulté.
Au centre de l’île s'étend une vaste savane; le reste des terres est défriché et livré à la culture.
D’après le dernier recensement ecclésiastique fait par M. l'abbé Pelletier, curé de la paroisse, la population s'élève à sept cent cinquante âmes environ, sur lesquelles on compte cinq cent dix communiants.
— Nous allons avoir de l'orage, pas plus tard que demain, dit Ulric Bouchard, en examinant l’horizon du côté de la Baie Saint-Paul. Ces nuages qui montent en éventail dans le ciel, au-dessus des montagnes du nord, n’annoncent rien de bon. Tout de même, monsieur le curé, c'est une chose curieuse et pas aisée à expli-
quer pour nous autres, que presque toutes les tempêtes nous arrivent de la Baïe Saint-Paul. Si nous avons un gros coup de vent, une tempête de grêle, une averse de pluie avec des éclairs et du tonnerre, tout cela nous tombe sur le dos des hauteurs de la Baie. C’est comme si les démons, réfugiés là-bas, étaient enragés contre l’île aux Coudres, parce qu’elle est une terre sainte; parce que c’est d'ici qu’ils ont été chassés, en premier, quand Notre-Seigneur Jésus-Christ y est descendu pour la première messe. Ça me rappelle cette histoire de l'Évangile, quand Notre Seigneur chassa les vendeurs du temple. Il a fait de l’île son templé quand il y est venu dans la sainte Eucharistie. Il en a chassé à coups de verge tous les démons qui s’y trouvaient rassemblés et qui avant ce temps-là étaient maîtres de tout le pays. On dirait qu’ils se sont tous jetés À l’eau du côté de la Baie, comme ces pourceaux possédés du diable, dont il est ‘encore parlé dans l'Évangile, et qu’ils sont allés se réfugier en arrière des montagnes du nord. De là, ils nous lancent leurs malédictions, et se revengent de leur exil en ramassant contre nous les nuages, le vent, la grêle, les éclairs, le tonnerre. Ils secouent les montagnes par les tremblements de terre; et je crois qu’ils nous détruiraient et renverseraient notre île au fond de la mer, si l’ange gardien de l’île aux Coudres ne les retenait enchaînés dans leurs cavernes. Qu'en pensez-vous, monsieur le curé ?
—Ce qüe j’en pense, mon brave Ulric, c’est que vous êtes un homme de foi, et que vous n’êtes pas de ceux
qui s'imaginent que le bon Dieu, après avoir fini de créer le monde, ne s’est plus occupé de nous. Il ne :fombe pas un cheveu de notre tête sans sa permission, . nous. assure-t-il lui-même. Il maîtrise et déchaîne les : éléments à son gré, et il les fait servir à notre prospérité vu à notre châtiment, selon nos œuvres.
. J'aurais pu compléter ma pensée en citant les beaux vers de Racine:
Celui qui met un frein à la fureur des flots, Bait sus! des démons arrêter les complots.
“Mais Ulric Bouchard m'aurait répondu que je lui vente dans les termes.
-Si je n'avais craint de le scandaliser, ébrdts pu ajouter que je différais d'opinion avec lui sur l’exil des démons hors de l’île aux Coudres. S'ils en ont été chasgés’du temps de Jacques Cartier, lui aurais-je dit, ils sont tous revenus à la suite des premiers colons ; mais : depuis ce temps ils ont été métamorphosés en myriades - de petits insectes malfaisants qui infestent l’île et que -Je commun des mortels désigne sous le nom vulgaire . de puces. Ils ont envahi les maisons et surtout les lits, -où ils se tiennent cachés, sinon pour l’épreuve des insulaires, qui sont endurcis contre leurs attaques, du “moins pour le désespoir des voyageurs. Le fait est que ‘lesable du rivage de l’île aux dune les those avec une désolante fécondité.
éxttSeme dis rien de‘cela à mon ami Ulric ; je me conxtentaï de penser à part moi que l’observation dont il
me rendait compte, à sa manière, n’en était pas moins exacte.
L'embouchure de la Baie Saint-Paul ressemble réel-
lement à l’antre d’Éole. C’est un réservoir inépuisable de tempêtes.
* Quant à trouver l'explication de ce phénomène, il n’est guère besoin d’aller chercher au loin ; une simple inspection des lieux, un coup d’œil jeté sur leur configuration en rendent la cause évidente.
. Cette immense crevasse, ouverte dans les Laurentides, forme une coulée profonde par où descendent et s’échappent naturellement les vents et les nuages qui se déchargent sur l’île aux Coudres. Cette île, qui surgit des eaux juste à l'entrée de cette gorge, semble placée là tout exprès pour les recevoir.
La Baiïe Saint-Paul qui paraît être un terraîn volcanique, est le centre des tremblements de terre, dont les secousses sont devenues périodiques depuis une quinzaine d'années. Les gens de la côte du Sud, aussi bien que ceux de l’île aux Coudres, ont observé que ces secousses et le bruit qui les accompagne, viennent toujours de la baie. La commotion de 1860 fut assez forte. pour renverser une maison de pierre à deux étages qui s'élevait à quelques pas du quai des Éboulements, que nous distinguons parfaitement d'ici. -:Ce tremblement de terre ne fut guère moins violent
sur la côte sud. L'église de Saint-Pascal en fut tellement ébranlée, que le mur du portail se lézarda en plusieurs endroits. À la Rivière-Ouelle, sur tout le parcours de la rivière qui coule dans un terrain d'alluvion souple et mou, pas une cheminée ne resta intacte. Elles furent toutes rasées à la hauteur des toits ; quelques-unes même s’écroulèrent jusqu’au niveau du sol. La croix du clocher de l’église, dont la . tige était en fer battu de plus d’un pouce de diamètre, se rompit comme verre et alla tomber dans le cimeticre.
Tout en continuant notre route, jetons encore nne fois un regard en arrière sur les Câpes Raides, qui froncent le sourcil au-dessus du feuillage de l’île. Vue de la rive méridionale du fleuve, la longue chaîne des Laurentides paraît se développer du nord-est au sudouest; mais, regardée des hauteurs de l'île aux Coudres, la scène prend un aspect inattendu. En sortant de la baie, les Câpes Raides courent tout droit vers le sud, et ne se détournent qu’au delà du cap de la baie pour reprendre leur direction primitive.
Nous apercevons encore là-bas, au delà de la petite rivière Saint-François, le cap Maillard. La piété reconnaissante du peuple a attaché à ce promontoire le nom d’un vénérable prêtre des Missions Etrangères de Paris. Depuis longtemps, l’oubli s’est fait autour de la mémoire de cet apôtre qui a appuyé son bâton de missionnaire sur toutes ces plages, où son passage périodique était accueilli avec des larmes de joie et de
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bénédiction. Mais si son nom n’est guère-plus prononcé ici que ponr Aésigner le cap Maillard, son souvenir est encore vivace en plus d’un endroit du golfe, et surtout parmi les peuplades micmacques, au milieu desquelles il a passé une grande partie de sa vie. Voici ce que m'en écrivait M. Épiphane Lapointe, le 25 février 1862 : ‘ Le cap Maillard tient son nom du révérend Père Maillard, apôtre du Cap-Breton, que les sauvages du lieu vénèrent encore aujourd’hui. En 1845, j’ai servi la messe qu’ils célèbrent tous les ans à sa mémoire, À la mission Sainte-Anne, sur le cap Bras-d’Or, au milieu de l’île du Cap-Breton.”