‹ Une excursion au Congo belgeChapitre 1 sur 58 · TOUS DROITS RÉSERVÉS · texte numérisé non relu

TOUS DROITS RÉSERVÉS

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Esquisse géographique.

Où est le Congo ? — Qu'est-il ?

,E nombreux steamers, fournissent de nos jours un service régulier entre Anvers et le Congo.

Le voyageur qui y prend place pour aller visiter notre nouvelle colonie, se trouve bientôt, après avoir traversé le Pas-de-Calais et la Manche, dans les eaux de l'Océan Atlantique ; il longe pendant quelques heures le littoral français, coupe le golfe de Gascogne, suit les côtes de l'Espagne, arrive aux îles Madères et puis aux îles Canaries, situées à l'ouest de l'Afrique.

Là, le steamer s'arrête habituellement : on y prend du charbon, des vivres etc. et, poursuivant le voyage en longeant d'assez près les cotes de l'Afrique, on arrive, après une

traversée de vingt jours au maximum, à l'embouchure large et imposante du Zaïre ou Congo, qui a donné son nom à toute la contrée, actuellement colonie belge.

Ce fleuve, un des plus considérables du monde entier, et qui, avec ses affluents, permet la navigation sur un parcours de plusieurs milliers de kilomètres, est la principale source de prospérité, de richesse et de progrès en tout genre de nos possessions africaines. Faites abstraction de l'embouchure de ce fleuve dans l'Océan Atlantique, et la contrée perd toute valeur.

Il est cependant bien dommage que ce fleuve magnifique ne soit pas directement navigable sur tout le cours ; en effet, quand on entre par la large embouchure, en serpentant entre de nombreux îlots, on atteint bientôt Matadi, après avoir passé les villes de Banana et de Borna; mais là des chutes d'eau ou cataractes empêchent de continuer le voyage par eau.

Cette difficulté n'a pourtant pas arrêté l'élan de S. M. Léopold II et de ses dignes auxiliaires : on a effectivement établi une voie ferrée longue de 400 Km. environ, laissant de côté une grande courbe du fleuve et rejoignant celui-ci à Léopoldville, qui est la capitale et d'où une cinquantaine de navires fournissent un service régulier, permettant de monter sans encombre et dans toutes les directions le Congo et ses nombreux affluents.

La colonie duCongo forme donc un bloc énorme, en communication directe avec l'Océan Atlantique au moyen d'une bande de terrain étroite mais précieuse. Elle est bornée au Nord par le Congo français, à l'Est par les possessions anglaises et allemandes, au Sud par les possessions anglaises et portugaises et à l'Ouest, par l'Océan Atlantique (sur une longueur de 35 Km. environ), les possessions portugaises et françaises.

Le Congo belge paraît former le bassin d'un lac intérieur d'une superficie considérable, qui a existé jadis et dont les eaux, se creusant un chemin à travers la chaîne de montagnes, que l'on y voit encore, ont trouvé une issue et se sont jetées dans l'Océan Atlantique, lors de quelque cataclysme, probablement de nature volcanique.

Notre colonie est habitée par une multitude de peuplades nègres, parmi lesquelles les principales sont les peuplades

LE PAYS ET SES HABITANTS

naines ou pygmées, disparaissant rapidement; les Nubas, qui deviennent de plus en plus importants; et les Bantous, qui sont les plus nombreux.

Ces trois peuplades sont subdivisées en une foule de plus petites: les Monboutous, les Bangalas, les Baloubas, les Kiokos, etc., etc.

La plus grande partie du pays est couverte de forêts étendues et parfois impénétrables, longues et larges de plusieurs centaines de lieues et nommées Forêts de l'Equateur, parce qu'elles sont traversées par cette ligne.

Equateur

La superficie totale de la colonie belge est d'environ 2.400.000 Km. carrés, soit à peu près 80 fois la superficie de la Belgique. On y compte environ 20.000.000 de nègres, ce qui donne approximativement une population de 10 habitants par Km. carré.

Le fleuve du Congo, qui prend sa source au lac de Benguelo, parcourt, d'abord sous d'autres noms, toute la colonie belge, recevant sur sa route plusieurs affluents considérables, parmi lesquels nous citons le Loukouga, l'Arouimi,rOubangi,le Kasaï et le Sankourou.

A présent toutes les peuplades du Congo belge appartiennent à l'un ou l'autre des districts (ou provinces) suivants, créés récemment :

Le district de Bauana » Borna » Matadi des Cataractes de Stanley-Pool du Kwango (Est) de l'Ubangi » Stanley-Falls » Loualaba-Kasaï du lac Léopold II de l'Equateur » l'Aruwimi » Bangala » Uele

Chaque district est gouverné par un Commissaire de district, sous les ordres du Gouverneur général de la colonie, et nommé par celui-ci ou par le roi Albert. En dehors de ces autorités un Vice-Gouverneur, plusieurs Inspecteurs de l'Etat, un Secrétaire général et plusieurs Directeurs prennent part au gouvernement de ces contrées.

capitale

Banana.

Borna.

Matadi.

Tumba.

Léopoldville.

Popokabaka.

Banzyville.

Stanleyville.

Lusambo.

Kutu.

Coquilhatville.

Basoko.

Nouvelle-Anvers

Djabir.

LE PAYS ET SES HABITANTS

Notice historique

EUNES lecteurs, parce que depuis une trentaine d'années on parle et on écrit tant concernant le Congo, ne vous imaginez cependant pas que cette contrée ne fut pas connue avant cette époque ! L'embouchure du Congo fut découverte en 1484 par les Portugais, qui, comme nous l'avons déjà dit, l'appelèrent Zaïre et puis Rio du Congo.

Jusqu'au commencement du XIXme siècle, les Portugais civilisèrent et gouvernèrent les contrées côtières, mais pas un blanc ne pénétra très avant dans le pays.

Par suite des découvertes du célèbre Livingstone et du voyage extraordinaire que fit Stanley pour retrouver ce missionnaire, en traversant tout le continent africain, on parvint à savoir que le Chambézi, le lac de Benguélo, le Eouapoula, le lac Moëro et le Loualaba formaient ensemble le cours supérieur d'un même fleuve, appelé le Congo.

Conséquemment après ce voyage célèbre et après ces découvertes, le roi Léopold II, qui avait immédiatement prévu quel bien il y avait à retirer de cette contrée nouvelle, convoqua à Bruxelles, le 12 septembre 1876, une réunion des plus savants géographes.

Dans cette réunion ou fonda une société internationale africaine, ayant pour but d'étudier plus sérieusement le Congo et un second voyage de Stanley dans ce pays fut résolu.

Ce fameux voyageur monta cette fois le cours du Congo

jusqu'aux Stauley-Falls, établissant en route une trentaine de

postes ou stations en communication avec la côte ; cette œuvre

gigantesque fut accomplie en quelques mois. Stanley rédigea

un compte-rendu complet et très étendu de toutes ses découvertes et dans la Conférence de Berlin, tenue en novembre 1884, Léopold II fut élu Souverain indépendant du Congo, par les députés des Puissances représentées.

Alors on se mit tout de bon à l'œuvre et on accomplit en quelques années une tâche sans pareille dans l'histoire des peuples.

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