‹ Une excursion au Congo belgeChapitre 2 sur 58 · I.EOPOLD II · texte numérisé non relu

I.EOPOLD II

Successivement des hommes comme Crespel, Popelin, Burdo, Ramaeckers, Becker, Braconnier, Valcke, Harou, Nève, Van de Velde, Van Gèle, Coquilhat, Ponthier, Lippens, De Bruyne, Roger, Hanssens, Liebrechts, Lemaire, Van Kerckhoven et tant d'autres s'occupèrent de l'exploration, de l'organisation et du gouvernement du Congo.

LE PAYS ET SES HABITANTS

Grâce à ces hommes courageux le Congo devint ce qu'il est à présent et ce qu'il peut devenir encore, mais beaucoup d'entre eux ne trouvèrent, en récompense de leur abnégation, qu'une tombe solitaire, loin de leur patrie adorée !

Et à ce propos nous ne pouvons aller plus loin, sans raconter un fait héroïque, qui ne le cède en rien à ceux de l'antiquité.

Les ennemis les plus redoutables que les Belges eurent à combattre au Congo, furent les Arabes, marchands d'esclaves, et qui, nombreux et bien armés, étaient soutenus par des troupes exercées.

Ces Arabes, sous les ordres de Séfou, fils du fameux Tippo-Tip, avaient fait prisonniers le lieutenant Lippens et le sous-lieutenant De Brtvyne,un enfant de Blankenberghe ; et comme Lippens était très malade et devait rester à Kassongo, on conduisit, comme interprête et en même temps comme otage, De Bruyne sur la rive droite du Lomami, pour parler à Scheerlinck, lieutenant des troupes congolaises, campées sur la rive gauche. Ici se produisit une scène émouvante, grandiose dans sa simplicité !

Durant une demi-heure, De Bruyne parlementa par-dessus la rivière, sans qu'on pût se mettre d'accord ; 40 Arabes étaient postés à vingt mètres de lui dans la brousse et à quelques mètres plus loin encore 200 autres.

Le lieutenant congolais avait auprès de lui 10 de ses meilleurs tireurs et 10 autres cachés dans les alentours.

Il cria : Quelqu'un auprès de vous connaît-il le français ?

— Non, répondit De Bruyne.

— Sautez dans la rivière, mes meilleurs tireurs sont prêts, vous n'avez rien à craindre.

SÉFOU.

— Non, merci, je ne puis abandonner Ljppens.

— Mais vous savez parfaitement qu'il ne peut plus guérir et que même il est peut-être déjà mort ; vous pouvez, vous devez vous sauver !

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