VILLAGE DANS LA REGION DES CHUTES
centimètres, de sorte qu'il faut se coucher et ramper pour passer. Dans les districts où les indigènes étaient jadis en rapport avec des blancs, on trouve aussi des maisons carrées
EE PAYS ET SES HABITANTS
ou rectangulaires, ressemblant de loin au toit de chaume, qu'on aurait enlevé d'une grange des Flandres et posé à terre !
Certaines huttes ont leur ouverture vers le haut, de sorte qu'il faut grimper pour y entrer.
Les chefs habitent des huttes plus grandes et plus commodes, qui pourtant sont loin de ressembler à des palais, pas plus que les grands toits coniques, sous lesquels ont lieu les réunions publiques ou palabres.
VILLAGE DE YASIN.
Une hutte nègre est ordinairement partagée en deux compartiments, dont l'un sert de chambre à coucher.
Ces habitations primitives se trouvent d'ordinaire les unes à côté des autres, en deux lignes, formant ainsi une espèce de rue ou de drève ; d'autres fois elles forment des demi-cercles ou sont tout simplement disséminées par ci par là.
Des villages de cette espèce sont ordinairement entourés ou plutôt fortifiés par une épaisse haie de plantes dont le
contact n'est guère agréable, telles que des acacias, des euphorbes, des cactus, etc.
En certains endroits on trouve des habitations dont le toit dépasse de beaucoup les murs et est soutenu extérieurement par des pieux de manière à former ainsi une espèce de hangar ou de véranda où l'on peut s'asseoir à l'abri de la pluie et des rayons brûlants du soleil, sans devoir séjourner à l'intérieur surchauffé des huttes.
SECHAGE DES OAI.LETTES DE CAOUTCHOUC DANS LA FORÊT A LUSAMBO.
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Aliments et Boissons.
E Congolais n'est pas très exigeant dans le choix de ses aliments. Il mange aussi bien des chenilles que des termites ou fourmis géantes ; aussi bien les serpents que les chiens et même les œufs de crocodile. Il est pourtant grand amateur 'de poissons, comme nous le verrons plus loin, mais il laisserait tout cela pour un morceau de viande.
Parmi les produits végétaux mangés par les Congolais, il faut nommer : des bananes bouillies, une espèce de pommes de terre rôties dans la cendre, du maïs, du sorgho, du manioc, etc.
Cependant le mets favori des Congolais, celui pour lequel ils feraient toutes les bassesses et tous leurs efforts, dédaignant tout autre plat, c'est une tranche de jambon humain, une côtelette d'esclave engraissé, bref une portion de chair humaine !
Des tribus entières passent leur temps à la chasse à l'homme et se procurent leurs malheureuses victimes, soit en les achetant aux marchands d'esclaves, soit en s'attaquant aux tribus voisines pour les emmener en esclavage.
On ne pratique jamais l'échange des prisonniers de guerre : on les mange tout simplement et pas une fête n'a lieu, sans qu'un être humain, et même parfois beaucoup ne fournissent le plat de résistance !
Bien plus que cela ! On engraisse et soigne parfois pendant des semaines et des mois celui qu'on destine à un repas de fête ; enfin on le tue, on en mange une partie et on laisse sécher le reste en plein air ou on le sale. Cette dernière façon de conserver la chair humaine est surtout pratiquée par les Basokos.
Quand il arrive qu'on ne peut vendre un esclave tout entier, on le fait circuler au marché et on le vend pièce par pièce ! Chaque partie déjà adjugée est marquée sur son corps à la
craie rouge et quand tout est commandé, on tue le malheureux et chacun obtient et emporte ce qu'il a acheté !
Cette passion pour la chair humaine va si loin, que parfois on voit manger des cadavres, que d'autres laissent encore arriver la putréfaction pour dévorer ensuite les corps sans préparation aucune ! Le corps d'un jeune enfant est un mets préféré et revient aux chefs des tribus.
Jusqu'ici rien n'a pu amener la suppression de cette affreuse coutume; il a fallu laisser faire; car par la force on n'aurait obtenu le moindre succès. Une intelligence plus développée,
CIMETIERE A KUTU.
une civilisation plus avancée et le contact des blancs, pourront-ils prochainement enrayer ces pratiques barbares ? — Nous n'oserions le certifier, mais nous voudrions bien l'espérer.
Pour ce qui regarde les boissons, que les nègres prennent surtout aux repas, nous nommerons à côté de l'eau pure, une boisson fermentée, fabriquée au moyen de bananes mûres et appelée pombêe, le suc fermenté de la canne à sucre, l'hydromel, la bière de maïs ou de sorgho, et surtout le malafou qui est préparé avec le suc du raphia ou palmier élaïs ; cette dernière boisson a le goût d'amandes douces, malheureusement elle s'aigrit vite.
Quant aux boissons alcooliques fabriquées en d'autres pays,
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elles pénètrent très difficilement au Congo, grâce aux lois et règlements prescrits à temps, car on sait que les nègres ont une passion irrésistible pour les enivrants et que les boissons fortes n'ont nulle part une influence aussi pernicieuse, aussi rapide et aussi affreuse, comme dans les contrées de l'équateur. Quand l'occasion se présente, le nègre se nourrit aussi volontiers d'oeufs, de fruits, d'oiseaux, etc.