‹ Une excursion aux climats tropicaux [microforme]Chapitre 12 sur 25 · SR C · texte numérisé non relu

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subissent je ne sais quelle préparation avant d'être offertes sur les marchés, car elles sont alors brillantes, paraissant comme si on les avait confites dans le sucre ou autre substance. Une seule de ces gousses ainsi préparées dans une malle suffit pour embaumer tout son contenu pendant des mois.

Dimanche, 6 mai.— Je vais encore, comme les dimanches précédents, dire la messe à 6 h. à l’église du Rosaire, où se trouve comme d'ordinaire une grande affluence, et où je donne la sainte communion à un grand nombre de personnes, tant blanches que noires.

Nous avons dans l'après midi la visite de M. Devenish et de M. Macarthy. Ce dernier u’a pas comme son compagnon l'avantage de parler notre idiôme. C’est un catholique irlandais très intéressant qui est professeur de chimie au collège de la reine,

Quant au premier, je l’ai déjà fait connaître, et i! est toujours le même. Il parle, il gesticule, il chante ; il raconte une histoire, et en intercale dix autres dans son récit. Plus on le fréquente et plus on apprend à l’apprécier, car sans contredit, c’est un homme qui sait beaucoup, qui a beaucoup vu, et a tout retenu, et, à voir son agilité et sa présence d'esprit, avec son apparence extérieure, on a peine à croire aux 74 ans qu'il dit compter. Ajoutons qu’à tous ses talents, il joint aussi celui de faire des vers dans l’occasion. Je veux ici en citer un exemple ; ces strophes ne sont ni du Chateaubriand ni du Lamartine, mais elles le montrent sous un nouveau jour et font honneur à sx qualité de bon chrétien. (C’est un cantique à la Sainte- Vierge pour le mois de Marie.

© mois de mai, quels charmes Nous porte ton retour,

Qua: d la rosée en larmes Semble pleurer d'amour!

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Dans ces perles liquides Se mire un soleil pur, Et nos regards avides Du Ciel cherche l’azur.

La nature avec joie S'éveille, quand vers nous, Notre Père t’envoie,

Beau mois de mai si doux!

Mois de la \'ierge Mère, Mois de rayons joyeux, Où la nature entière,

Chante un concert pieux!

La plante alors bourgeonne, L'oiseau reprerd son chant Tout trésaille et résonne Daus ce concert touchant!

Comme, en ce mois, la sève Remonte au sein des fleurs, Ainsi la foi s'élève

Plus vive dans nos cœurs!

Des fleurs à peine écloses Le parfum monte à Toi, Douce reine des roses, Douce reine de foi !

De l'oiseau le ramage Vers toi s’élève aussi, Et tout te rend hommage Dans la nature ici!

Qu’ainsi notre prière, Nos vœux et notre amour A tes pieds, tendre Mère, S’élèvent en ce jour!

Rends plus vive, ô Marie, En ce mois, rotre foi, Quand le monde entier prie, Et se tourne vers toi.

Lundi, 7 mai.—M. Huart n'étant pas bien, je me décide à aller passer la journée à Cocorite, chez les lépreux, dans le but surtout de faire une chasse sans merci aux coquilles tant marines que terrestres,

Comme le chapelain, le R. P. Etienne, vient passer un jour chaque semaine au presbytère, je profite de la voiture qui va le chercher et qui me ramèuera de même lorsqu'elle ira le reconduire.

Je m’arme donc de tous mes instruments, sans oublier mes fameuses bottes de caoutchouc que j'avais à étreuner et qui pouvaient, disait-on, me garder les pieds secs, eussè-je de l’eau par dessus la tête.

Aussitôt arrivé, le P. monte dans la voiture, après avoir mis sa chambre et sa bibliothèque à ma disposition, et avoir donné ordre de me donner, disait-il, un dîner passable.

Je ne fus pas lent à me rendre sur la grève, auprès du petit quai que j'avais déjà visité.

Je p'is d’abord, sur les pièces du quai et les cailloux y adjacents, plusieurs beaux Tritons, de bonne taille, des Mélongènes, des Pourpres, etc., et m'amusai longtemps à examiner 5 à 6 Actinies fixées à des pierres Malheureusement, elles s'obstinèrent à me refuser l’étalage de leurs petales, je dis pétales, car on sait que ces anémones-de-mer, comme on les appelle, quoique appartenantau règne animal, sont privées de locomotion, et sont ornées à leur extrémité supérieure de ligules simulant exactement des pétales de fleurs, et donnant à l’ensemble, lorsqu’elles sont étalées, toute la ressemblance d’une Anémone ou d’un Astère,

Mais je tenais surtout à traverser le banc de vase que la vague avait amoncelé près du bord, étant sûr de trouver au delà un fond moins vaseux et des coquilles plus variés et plus belles,

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