Une explication adressée, à tous mes concitoyens de toutes les origines [microforme]
Mon grand oncle, un officier dans l’armée du gonrral olff, s'étant retiré du service pour s’éta-
blir au Canada et y ayant acquis des prontiétés
considérables, devint membre du Conseil d'alors. Son successeur, mon père, qui a représenté en Chambre le comté de St. Maurice, fut aussi Conseiller Législatif. Ainsi, comme natif du pays, par-
lant les deux langues, propriétaire actuel des biens qu'ont possédé l’un et l’autre de ces meësieurs,
comme ayant été pendant douze aus représentant du penple en Chamtreé, je pouvais m'attendre à être anpelé an Sénat.
J'ose dire‘ qu’on y a appelé plusieurs qui ne
sont pas beaucoup mes supérieurs sous le rapport « de l'intelligence ou des connaissances, ou des habi- ‘tudes, qui ne parlent pas les deux langues, qui ne
sont pas natifs du pays, qui n'ont jamais été représentants du peuple, qui ne sont pas rema"qaables pour aucune espèce de supériorité, et qui, enfin, r'ont pas dans la Puissance les droits dont je suis revêtu. Il y a même des Conseillers Législatifs qui ne parlent pas passablement leur langue. Il paraît que je n’ai pas été oublié, mais que les hommes recommandables, auxquels:or à confié l'érection du nouvel:édifice politique m'ont, de propos délibéré,
exclu non-seulement du Sénat, mais du Conseil
Législatif. Je ne suis pas assez stoïque pour y avoir été tont-à-fait insensil'le, et j'ai surtout piniblement apprécié l'indifférence d’un ingrat auquel ni mes droits, ni la parfaite rectitude de ma conduite étaient inconnus. Les services que j'ai rendus à la
Couronne d'Angleterre; non-seulement en rétablis- ‘sant l'ordre comme militaire, mais en la populari-
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sant après la constitution d'alors comme officier du gouvernement civil, lui fournissaient les ‘0yens de me faire rendre justice; mais il paraît qu'ayant assumé que les Canadiens-Français Catholiques- Romains m'en voulaient, il n’eut pas le courage de son état. il s’en suit que, dans mon pays, où Je crois avoir toujours été à [a hauteur des circonstances, je ne suis rien—pas même--nonobstant mes 49 ans de pratique comme avocat—pas même Conseil de la Reine.
L'histoire nous apprend que, dans tous les siècles, il a paru des hommes illustres qui n'ont pas été appréciés, et sans me comparer à eux, j'ose dire que la popularité n’est pas toujours une preuve de mérite tout-à-fait infaillible. Cependant, c'était, à ce qu'il paraît, tout ce qu'il fallait . pour assurer l’élévation de qui que ce soit au Conseil ou au Sénat; ou s’il y avait une autre preuve de mérite, c'était l'argent dont on ne recherchait jamais l’origine, ou lutôt sur laquelle on jetait, et pour cause, un voile iscret. s
Entrainé, par un voisin processif, dans un parfait dédale, et ayant beaucoup à me plaindre de eertains juges, je me suis, pendant 18 ans livré tout entier au soin de l’avenir de mes enfants. Cependant, un verdict dans lequel] onze Canadiens- Français, Catholiques-Romains, ont concouru, m'a rendu Îa liberté. Attendri, ému par cette preuve de leur probité, j'ai cru devoir revenir sur le terrain qu’on a prétendu être la scène de si grands forfaits. Les calomnies sont toujours plus ou moins ineffaçables ; mais Comme j'ai des preuves irrécusables en grand nombre, j'ose croire qu’on ne me laissera pas mourir sans me faire comprendre qu'on a cessé de me honnir. Ceux qui ont cru mon calommiateur me doivent certainement ce dédommagement. Quant à lui, je n’en parle pas: car Dieu l'e puni--jeune encore—par la perte de san entendement.et par une mort prématurée.
Voici pourquoi, à la suggestion d’un ami, j'ai pu- -blié les certificats de plusieurs prêtres, et pourquoi
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j'y ajoute, ce jour, les témoignages d'ur nombre de aïiques respectables et véridiques. Lié indissolublement au pays par ia naissance, par la propriété, par l'intérêt et l'espérance, si on m avait rendu justice, j'aurais pu, peut-être, lui avoir été utile,
Les prétentions ci-dessus émises sont le résultat du désir naturel de fournir une carrière dans mon pays, parce que 4° ne puis en rechercher ni en Chine ni au Japon. Elles ont souvent été le sujet de conversation, et certains amis bienveillants ont tenté de me consoler en attribuant mon exclusion à ce qu'ils ont, appelé mon indépendance et mon Protestantisme.
Je me permettrai cependant de remarquer qu'à l'époque dont il est question, les meurtres du Lieutenant Weir, de McVittie et de Chartrand, entre autres causes, avaient naturellement soulevé les passions, et qu'une grande partie de la population furieuse était même transformée en bêtes féroces.
Or fallait-il de là fermeté pour résister à la violence de grand nombre de mon pronre parti. J'en . appelle aux sermentis des Messieurs Martineau, et le serment de Clovis Pattenaude doit convaincre le lecteur intelligent Lit s'agissait quelquefois de prétentions mêlées d'intérêt auxquels un homme sans indépendance n’eut pu résister.
Quant à cette autre qualité inaltérable qu'on m'impute comme étant pour beaucoup parmi les causes de ma plainte, je soumets que parmi les cinq à'six Cents familles qué j'ai secouru, il n'y avaït du’ün seul Protestant, le Docteur Nelsos. Or j'ai rendu des services gratuits, difficiles, même par- ‘fois dangereux, sans m'occuper de la religion de Céux qui avaient besoin de moi. Qué voulez-vous, la charité, à mon point dé vue, la charité est là base de la chrétiénneté. Et pourquoi s’occuperait-on réligion, surtout pour en faire un obstacle à la ë alisation de projets autorisés par là 'constitü-
A. GUGY.
+ M à en
Québec, 26 mai 1871.
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Traduction d'une Lettre du DR. NELSON ancien Maire de Montréal.
‘’ Mon cher Colonel, —Je regrette beaucoup de savoir que certaines méchantes colomnies qui ont circulé à votre prejudice dans les années orageuses de 1887 et 1848, sont encore toutes fraîches à l'esprit de certaines personnes et vous font tort.
C’est pour moi un devoir sacré de vous exonérer complètement de tout acte odieux pendani que vous étiez sur la Rivière Chambly, surtout à St Denis où ma femme et mes enfants ont été en butte à de mauvais traitements, aassi bien que plusieurs autres personnes qui auraient été rendues misérables, sinon réduites à la dernière détresse, si ce n’eût été de votre intervention humaine, charitable, bienveillante, enfin vraiment philanthropique. J'ai entendu reconter bien d'autres faits de votre bienveiilance,pendant cette misérable période, dont le moindre n’était pas celui d'empêcher d’être jetés en prison tous. ceux qui étaient dénoncés par les prétendus amis du gouyernement. Votre excellent jugement et votre perspicacité naturelle, cependant, vous ont permis sur le champ d'estimer à leur exacte valeur les motifs qui poussaient les ennemis réels du gouvernement et de la société, et par des mesures judicieuses et vigoureuses vous avez sauvé plusieurs personnes d'une ruine complète et un grand nombre d’une misère et d’une détresse extrêmes.
Un homme qui 2 pu se conduire ainsi, n’est pas un homme DT. au contraire on doit lui reconnaître à celui-là un cœur généreux et un jugement lucide.
Personnellement, je ne connais rien qui soit à votre désavantage, et je ne pourrai jamais oublier la protéction que vous avez accordée à ma famille
uand chacun alors avait la lâcheté de lui susciter
es troubles, excepté vous, officier haut placé du gouvernement, que l’on aurait pu soupçonner de sévérité, et qui avez été bon et obligeant ; jamais je n'oublierai ces services, élan spontané d’un cœur humain et libéral.
Vous pouvez faire voir à qui vous jugerez Conivenable cette lettre écrite à la hâte, car je ne crains pas d’avouer mes sentiments quand ils sont basés sur des faits et des principes justes.
Avecmes meilleurs pou, mon cher monsieur, je me souscris votre reconnaissant et fidèle,
(Signé,) WLp. NELSON.
AU COLONEL GŒUGY.
P. S.—-Je suis intimement lié avec plusienrs personnes qui ont pris une part active dans les évênements de 1837 à St. Eustache ; j'ai entendu raconter des actes exécrables sur le compte de certaines gens très “loyaux ” en cet endroit, mais je n'ai jamais vu votre nom figurer dans ces récits j'ai appris seulemént que vous vous étiez bravement battu, mais rien de plus.
Éntrait d'une lettre datée le 26 février 1841, de la part d'ANDRÉ OUIMETTE, écuyer, avocal.
‘Ce monsieur, frère aîné du Procureur-Général actuel, était, e 1837, Président des “ Fils de la Liberté”!!! |
:# Colonel, —C’est avec franchise que je vaus sou- “’haite du succès. J’ai appris à vous connaître depuis “ que vous administrez la justice, à Montréal, dans “ votre capacité ; de vous, au moins, on peut dire que “ vous administrez la justice. Le Canadien, devant “vous, a pu faire entendre sa voix, et quand il a eu ‘“ raison, la balance a pencké de son côté. Je n'ou-
: “blicrai pas l'éloge que vous fites des Canadiens,
“ à cause de leur bonne conduite, à des Irlandais “ et Écossais qui les avaient maltraités et qué vous “ punites sur le champ Plus d’une fois j'ai entendu ‘“ des Canadiens de l’autre côté du fleuve, dire : Sans “ M. Gugy, a nous a-élargis, nous aurions passé “ par les griffes de la cour martiale.. Un. homme
“comme vous est une acquisition à faire ; tant pis, si “on ne comprend pas ce que vous valez. Je serai “content pour mon pays, si, à votre retour, je puis, “ vous donner la main comme à un membre de la
de 8 us
. fhambre dont on poprra dire que l’éloquence et “ le talent nous appartiennent.”
Certificat de MONSIEUR LE DOCTEUR ALLARD,
dé Bélæil.
C’est avec la plus grande reconnaissancé que je puis certifier que depuis que j'ai l'honneur de connaître ie Col. Gugy, je me suis entièrement dééabusé sur l'opinion que je m'étais formée de sa conduite politique. à dE br APEU
Je pensais qu’en 1887 il mettrait tout en œuvre pour vexer les Canadiens, surtout après s'être exposé aux rixes des armes, mais à ma plus grande surprise il a agi avec la plus grande douceur, et.a c yon ‘ans les moyens de protection pour les Canadiens. Pour ma part je puis affirmer que sans son secours j'aurais été emprisonné en 1887, et ayant été incarcéré, en 1838, il a fait tout ce qui était en son
poüvoir pour me procurèr mon élargissement, et'je
suis convaincu que sans lui, (ru quelques ennemis acharnés) j'aurais eu une plus longue détention, et
peut-être un procès. Enfin ayant eu occasion d’en-
tendre parler du Col. Gugy dans nos campagnes circonvoisines, lorsqu'il était à la tête de la Police, tous s’accordaient à dire qu'il rendait de grands services aux Canadiens ; je suis certain que sans lui en 1838, le nombre des prisonniers aurait été considérable du côté Sud du fleuve. En outre, ayant eu. le plaisir de causer plusieurs fois, avec lui en 18388 et 1839, j'ai toujours remarqué que ses con-
versations tendaient à l'amélioration du sort du :
Canadien. | sé n foi de quoi je donne le présent certificat. bu (Signé,) J. B. ALLARD, M. D.
BelϾil, 30 octobre 1840.
Certificat de MONSIEUR LUBIN LEBLANC, Marchand.
En Novembre 1887, lorsque nos malheureux trop bles éclatèrent, je demeurais chez M. Soupras à 8e
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