L PIERRE DAVIGNON
St. Mathias, 3 octobre. 1840.
Traduction d'un affidavit de CHARLES EDWARD SCHILLER, écuyer.
Charles Edward Schiller, de la ville de Montréal, écuyer, assistant-greffier de la Paix et assistant-greffier de la C'ouronne, étant duement assermenté, dépose et dit :
Que le déposant connait le Colonel Gugy depuis
“vingt deux ans.
Que pendant une partie de ce temps, à savoir an-
-viron cinq ans, le Colonel a rempli les fonctions de
Surintendant de la Police et de Président des sessions de Quartier, et que, dans ce temps là, le déposant se trouvait par la nature de ses devoirs, en contact journalier avec le Colonel Gugy, quelquefois douze à treize heures durant sans interruption.
Que le Colonel Gugy. remplissait constamment les devoirs de sa charge de surintendant de la police depuis une heure plus matinale que ce n’est la coutume, et expédiait toutes les affaires qui se présentaiént à lui sans en laisser en arrière pour les jours suivants.
Qu'il a rempli gratuitement les devoirs de. président des sessions de Quartier à une époque où aucun autre officier n’aurait pu ou vouln les remplir, et qu'il y a déployé une activité infatigable comme dâns la charge susmentionnée.
‘Que constamment associé à ses fonctions comme
Je déposant l’a été pendant plusieurs années, seul
il aeu la meilleure PRPRT NUE de connaître le. saractère du Colonel, et Ja conduite da Colonel Gu-
sta
LH ayant fait le sujet de commentaires injurieux a
ns la presse, ce fait a attiré l'attention particuliè. re du déposant.
Que le déposant peut en toute confiance jurer et jure que lé Colonel Gugy, partout s’est conduit d’une manière juste, honnête et honorable, qu’'aucun travers politique ou religieux n'a pu jamais être découvert dans aucune de ses actions, qu'il n’a jamais été influencé par des sentiments de race ni de partis, qu'il n’a jamais témoigné de partialité ou de faveur à personne, et que malgré ses décisions énergiques et hardies dans toutes les affaires qui se sont présentées à lui, ses jugements ont toujours été accueillis avec une satisfaction générale. Que sa manière de prononcer ses jugements était si admirable, que des foules de gens se rendaient chaque jour à son bureau dans le but de l'entendre et de retirer des connaissances de ses décisions. Que, à cette époque un esprit de licence et de désordre était peréeptible et qu'il l’a reprimé tant qu’il est demeuré en office, et cela par les mesures les plus effectives ; que subséquemment, cet esprit finit par se produire au dehors sous forme d’une insurrection ouverte, et que des commotions et des émeutes du caractère le plus dangereux ont éclaté fréquemmu:t, menaçant et la propriété et la vie. Guén plusieurs de ces circonstances, la police a'issi bien que la force militaire, ont été mises vainenent en usage pour rétablir l’ordre qui a été ramené en maintes occasions grâce à l'inffuence des efforts personnels du Colonel Gugy, et au respect qu’envi-
‘ronnait son nom et son caractère. EL l'on peut
retrouver dans la ville et le district de Montréal des centaines de g2ns qui seraient prêtes à attester l'excellence de sa réputation, et que certainement aucune homme ne pouvait combiner plus d'énergie et d'humanité qu’il ne la fait durant la péitdé dE. sastreuse des insurrections de dix-huit-cent-trentesept et dix-huit-cent-trente-huit. " ‘ “Que, dans le but de prouver par un seul exemple la nature et l'étendue dé ilinffaence” du Colonel
Gugy et le respect qu'on lui portait généralement,
PA: Va
le ‘déposant déclare qui était présent en une: eir-
constance où la populace furieuse, excitée pur les plus violentes passions, fut rencontrée par le:Colomel Gugy, dans la rue Notre-Dame, à Montréal. Qu'il parvint à lui adresser la parole età se faire écouterilà ‘où aucun autre dans la ville n'aurait pu intervenir impunément ; que, eventuellement, cependant, à la ‘suite d’un discours d’une heure ou plus le Colonel Gugy apaisa la foule et la persuada de se disperser. Que, en ce temps là, des actes de violence étaient si fréquents, que des centaines de personnes ont été assaillées, maltraitées, et blessées, mais que sigrard était le respect d: tous les partis à l’éga:d du Colonel Gugy, que seul il pouvait s'aventurer impunémert dans n'importe quel quartier de la ville.
Qu'en’ ce temps-là cette circonstance singulière amena quelques remarques sur le fait : > porter sur ‘soi des armes pour se défendre, et que le déposant ‘s’est assuré par lui-même que le Colonel Gugy ne portait aucune arme sur lui.
‘Finalement, le déposant jure que la conduite du Colonel Gugy, pendant qu’il a occupé la charge de Magistrat de Police, a été assez satisfaisante pour produire des effets dont se ressentent encore plusieurs individus de la place qui se sont amendés, ‘et le déposant n’en dit pas davantage ét signe.
(Signé) . C. E. SCHILLER.
Assermenté devant moi,
à Montréal, ce 4e.jour de juin 1868.
(Signé) CHs. MoNDELET, J. C.S.
Lettre de V. HÉNAULT, Lieut..de Milice:# Au CoLoNEL Guax.
Monsieur,—J'aurais fort désiré pouvoir me transporter auprès de vous pour plaider en faveur de trois prisonniers, François Proult, Chrystophe Fri-
- * Publiée pour prouver jusqu'à quel point on se reposait ser la disposition du
Colonel.
jieult dit: L'aplanche & Alexis Baudriault, qui sont maintenant détenns dans la prison de l’Ile-aux- Noix, Je veux par ceci vous certifier qr2 certaine- . ment ils ne sont en rien plus coupables que ceux qui sont sortis, grâce à votre bonté, et qui par leur bonne conduite promettent un heureux avenir.
J'espère que vous voudrez bien encore vous fier sûr ma parole, que je ne vous demande point le pardon des ingrats ; mais des hommes qui par la suite j'en suis sûr, béniront toujours la main de leur libérateur. Quant à Alexis Baudriault, Mr. le Capitaine Bouchard porteur d’icelle, et moi, nous pourrions affirmer même par serment qu'il était bon loyaliste avant la rebellion. Il a pu s’oublier durant la rebellion, mais il en est ainsi que les deux autres sincèrement répentents ; ils promettent ‘d’être pour toujours attachés et dévoués au gouvernement. Je suis forcé de vous adresser la présente précipitamment avec Mr. Bouchard mon Capitaine, parce qu'ils sont menacés d’être conduits daus la prison de Montréal. Veuillez encore une fois écouter la voix de l’humanité qui ne trouvera maintenant de refuge que dans votre douceur et votre générosité. Qu'il est beau de faire des heureux ! quelle gloire pour vous de. savoir que trois personnes vous redevront leur bonheur | J'espère que vous ne rejeterez pas mon humble et pressante supplication. Mr. le Curé veut bien affirmer qu'il ne connaît rien de mal dansleur conduite publique. | PU:
Je suis avec le plus profond respect, Votre très humble et obt. serviteur, V. HENAULT, Lieut. de Milice.
St. Valentin, 8 ja:vier 1839. ù D. F. H THÉBERGE, R Curé.