‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 10 sur 59 · ER À · texte numérisé non relu

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Les rapports entre les noirs et les Français ont encore été rendus plus difficiles par les tentatives qui avaient été faites par les agents de la Compagnie pour sauver du naufrage une parte du mobilier, Il est certain que pour éviter de pareilles difficultés, le mieux serait d'accepter provisoirement un arrangement semblable à celui des An- &lais. Quoique le cap Gardafui soit élevé, et que l’eau soit profonde aux environs, c’est un endroit dangereux, surtout pour les navires venant de l'Inde. On aperçoit deux Caps absolument de même apparence qui s'avancent dans la mer, sans phares ni signaux d'aucun senre. Entre les deux Caps est une plage basse de sable blane : la côte semble être la continuation de la mer. et quoique le temps soit calme, nous avons devant nous une atmosphère comme brouillée par une tempête de sable. Trompés par cet aspect, bien des navires se sont perdus sur cette grève de Nahdy-Tohum. Il est à désirer que les puissances maritimes s'entendent entre elles au plus tôt pour éclairer la côte, en établissant un poste à frais communs.

Devant nous, la côte s'élève en falaises abruptes ; nous en voyons distinctement les lignes de stratifications presque horizontales. Les roches sont des calcaires durs : la côte a été quelque peu explorée, des lossiles qui sont maintenant déposés au musée de Bombay y ont été recueillis. En face sont les îles Socotora, assez peu connues jusqu'ici ; les habitants étaient chrétiens, paraît-il. jusqu'au commencement du siècle. Lors de notre passage, une expédition allemande les visitait ; elles sont gouvernées par des chefs indigènes, Si un bon port pouvait être trouvé dans ces îles ou en face, vers la côte d'Arabie, au point de vue commercial la situation serait bien préférable à celle d’Aden, qui est mal placé pour le commerce de la côte d'Afrique et du sud de l'océan Indien. Jusqu'à Zanzibar, le navire se tient souvent à une très petite distance des côtes. Nous passons devant un grand nombre de peütes villes arabes autrefois colonisées par les Portugais et où l’on retrouve de nombreux restes de la colonisation européenne.

La navigation est difficile, les courants changent constamment de direction et de vitesse sans que rien l'indique aux marins, aussi jes distances parcourues chaque jour n’ont aucune régularité. Dix

jours après notre départ d’Aden, nous arrivons en vue de Pemba,

Cest une grande île plate. élevée seulement de quelques mètres au- ' 'æ) 2

dessus de l’eau. Le sol est formé de coraux grossiers appelés madrépores

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qui ressemblent beaucoup comme aspect au calcaire coquiller des environs de Paris. Cette île, très fertile, est bordée de cocotiers et les collines de l'intérieur sont couvertes d'une belle végétation. Notre navire arrive le soir jusqu’en face de la ville de Zanzibar et Jette l'ancre à environ 300 mètres d'un quai bien illuminé. Devant nous se trouve une sorte de haute pagode à étage el œarnie d'une pro-

fusion de lanternes. :

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