‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 35 sur 59 · ARE · texte numérisé non relu

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que nous distinguons à peine, parce qu'elle est cachée par de nom-

breuses îles. nous semble très basse ; l’eau est comme ailleurs limo-

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neuse ; malgré l'élévation des berges, le fleuve, pendant les crues an-

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nuelles, inonde tout le pays. Aussi les maisons des villages riverains sont ici encore élevées sur des pieux à 2 ou 3 mètres. Le lendemain

du départ, Zongoro, notre cuisinier noir, ef son marmiton désertent

en abandonnant ce qu'on leur devait. Ils étaient las d'être lrop sou-

vent rudoyés. Nous ne regretterons pas leur cuisine, Les bateliers nous

réclament le kissao, c’est-à-dire le poisson sec et le sel pour assaisonner leur pâte de mapira {sorgho). Nous traitons à forfait : ce kissao des vingt-six mariniers pour un mois de navigation (jusqu'à Teté) nous coûtera deux pièces de calicot, c’est-à-dire 50 mètres d'une valeur totale de 25 francs. Le soir, un sorcier vient danser dans notre campement. C'est un grand oaillard , vêtu de peaux de bêtes, tenant d’une main une corne de buffle, qu’il frappe avec une petite dent d’éléphant, Nous nous en débarrassons en lui donnant une bouteille d'alcool étendu qu’il va boire avec ses amis. Pour satisfaire aux demandes d’eau-de-vie (cachassa), nous avons des dames-jeannes pleines d’alcool allemand à 90°. Ce produit qui est coloré en brun,

étendu de son volume d’eau, fait les délices des indigènes. Lorsque

nous l'allongeons trop, les connaisseurs nous démontrent péremptoirement notre manque d'honnêteté en nous invitant à allumer l’eau

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