‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 40 sur 59 · ER — — Z · texte numérisé non relu

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abondants que nous sommes réduits à nous enfumer pour les chas-

ser. Le 410 mai, nous partons à à heures du matin. Le fleuve esl toujours encombré d'îles basses, sablonneuses et sans arbres ; nous échouons plusieurs fois, mais comme nos mariniers choisissent de préférence les passages où le courant esl faible et où leurs pagaies peuvent nous faire avancer le plus facilement, nous isnorons sil n'existe pas un passage plus profond qui permettrait lemploi des

FEU bateaux à tirant d’eau plus considérable. À 8 heures, les noirs nous

signalent un gros crocodile endormi dans la vase, d’où il émerge.

M. d'Andrada lui envoie une balle dans la (ête, l'animal donne un si violent coup de queue qu'il nous éclabousse et disparaît dans le fleuve. Nous tirons, chemin faisant. sur tous les animaux qui passent a notre portée. Les nègres, auxquels rien n'échappe, s'amusent à nous signaler le gibier. Nous avons beau tous les matins tirer des crocodiles endormis, nous n'avons pas encore été assez heureux pour en tuer un sur place. Ils dorment à moitié dans l’eau, et le moindre mouvement Îles fait disparaître. Très défiants. avant une grande délicatesse d’ouïe, ils ne <e laissent pas facilement ajuster. Nous irons aussi les singes qui viennent boire au fleuve, d’autres qui bon:dissent sur les ‘arbres de la rive. Éffrayés, ils courent sur les branches et sur les lianes et s’élancent en poussant des cris rauques. On les rencontre toujours en bandes : quelquefois ils nous suivent à une certaine distance. le long de la rive. Les singes habitent sénéralement des roches escarpées où ils s’abritent la nuit contre les Carnassiers. Par endroits le sol couvert de novaux el d'enveloppes des fruits du baobab, révèle le passage de troupes nombreuses. Le fruit du baobab, que les’ noirs appellent pain de singe et dont ils prennent également leur part, est rempli d’une matière farineuse d’un e où astringent agréable. Délavée daVeC de l’eau, elle sert de remède contre les maux de aor2'e. Le 11 mai. Nous passons devant le Ziou-Ziou, un des bras du Chiré ou du Zambèze. et à 10 heures nous arrivons à Senna. Nous CaMpons Sur la plage ; le soleil est brûlant. mais la ville est trop loin, A quelque distance de Senna vivent des tribus Pillardes de race zoulou. que l’on nomme Landines. Aussi la ville est-elle pourvue d'une forteresse. Cette forteresse se COM POSE d’une enceinte rectangulaire fermée de trois côtés par des murs verticaux très élevés et assez épais pour former un chemin de ronde : au milicu du grand côté. es! percée la porte d’entrée. Chaque angle est fortifié Par une {our carrée armée d’une pièce de canon en barbette.

Le quatrième côté, le long du fleuve. est seulement fermé par une haute et forte palissade, de façon que si cette forteresse tombait aux mains des Landines, elle ne pourrait les abriter contre une canonnade dirigée du fleuve. Les murs de celle construction sont en grès rouge du Pays. La porte, ornée de sculptures bien conservées, est surmontée d'une large pierre sur laquelle sont sculptées les armes du Portugal :

elle est construite en madrépores de Mozambique. Le sgrand côté de

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la forieresse a environ 200 mètres de longueur : En Cas de nécessité, toute la population de Senna pourrait s’y réfugier. Un des principaux propriétaires du pays; le senor Ferrao, nous offre un bœuf que nous tuons et dépouillons sur le sable: nous le partageons avec nos mariniers, Une bande de vautours perchés sur un arbre mort, surveille cette opération et s’abat sur les débris aussitôt que nous nous éloignons, Senor Ferrao est le fils du gouverneur de Tête, qui à Si sénéreusement reçu Livingstone. L’hospitalité est en honneur dans sa famille, comme d'ailleurs chez tous les habitants du pays. D’après les légendes locales, la famille Ferrao, fixée depuis longtemps dans le pays, y possédait déjà, il y a deux siècles, des richesses considérables : Senna était

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alors le principal entrepôt des mines de Manica et avait atteint un haut point de prospérité. Aujourd'hui la famille Ferrao semble

bien déchue de sa grande fortune, mais elle a conservé de vastes pro-

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priétés et une clientèle de noirs dévoués, répandue -Sur une orande

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