partie du pays. La plupart des noirs sont ici d’une taille et d'une
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beauté exceptionnelles ; dans certains villages, la population est mé-
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langée de Landines remarquables par leur vigueur, et d'individus qui, par leur teint très elair aussi bien que par leurs mœurs semblent
descendre des Arabes établis dans le pays avant la conquête portu-
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aise. Senna perd malheureusement de son importance, en raison cle son insalubrité. Nous quittons avec peine senor Ferrao, les habitants de Senna, ainsi que le gouverneur qui est venu au-devant de nous eur la plage; nous nous embarquons à 4 heure pour naviguer jusqu à 5 heures du soir.
Le Zambèze s’écarte rapidement de Senna. Nous campons sur un
petit banc de sable, au milieu du fleuve; la peur des lions empêchant
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nos hommes de s’arrôter sur la terre ferme, ils préfèrent passer la
nuit privés de bois de chauffage et exposés au ven et à la fièvre. Sur notre banc nous voyons de nombreuses traces d’hippopotames, el devons prendre soin de nous établir en dehors de leurs sentiers habituels, afin de n'être pas bousculés par un de ces animaux effrayé de notre présence. Nous continuons à remonter la rivière, naviguant
de 3 h. 1/2 du matin à 7 hevres du soir: ce. mode de transport qui
nous prive d'exercice est assez pénible. Le vendredi, 13 mai, nous
arrivons chez un des principaux chefs du Zambèze, Manuel Antonio de
Souza, au Prazo Chamba. Notre chef, le capitaine d'Andrada, lui parle
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de son projet de visiter les mines de Manica, que personne n’a pu visiter encore et qui ne sont connues que par tradition, Il est convenu que nous reviendrons fin août pour cette expédition; Manuel Antonio s'engage à la commander et à nous procurer une escorte de 300 porteurs et se charge de prévenir les différents chefs sur la route et de faire rassembler des provisions. À la fin d'août les hautes herbes seront sèches : nous pourrons y mettre le feu pour laire un chemin et nous protéger contre les bandes de Landines hostiles qui infestent la région. Manuel Antonio est le chef le plus redouté du pays; presque toujours chargé d’expéditions guerrières contre ses voisins révoltés, il s’est fair une réputation militaire el l'on raconte de lui toutes sortes d'histoires terribles. Sous le plus léger prétexte, il fait abattre des têtes, et on nous prévient que, lorsqu'il nous tiendra dans un de ses villages écartés, il nous fera payer une lorte rançon. Mais comme Manuel Antonio nous comble de VICtuaïlles, moutons, pintades et pousse la duplicité jusqu’à faire préparer un purgatif pour un de nos amis malade, nous restons sourds aux avertissements et n’avons eu qu'à nous féliciter de l'avoir rencontré, Dans ce pays, les affaires les plus importantes se traitent sans le moindre écrit; et cependant les transactions pe donnent lieu qu'à de rares difficultés et se règlent correctement quoique elles se fassent souvent à crédit et au moyen d'échanges compliqués. Les noirs tiennent leurs comptes d’une manière rudimentaire : ils font des nœuds
à des cordes, et emploient des petites pierres dont chacune représente
une unité d’une certaine marchandise, un sac de grain par exemple.
La simplicité de cette organisation commerciale prouve la conlance mutuelle et l'honnêteté des habitants. En quittant le pays Chamba, je suis repris de la fièvre, gagnée sans doute à Senna. et je reste pendant trois jours presque incapable. de marcher. Le 15 nous arrivons à Guenga où demeure Machado. ancien soldat porlugais; 1] a épousé la sœur d’un puissant chef rebelle Bonga.
Cette femme paraît intelligente et dévouée à son mari. La popula ion noire qui l'entoure la reconnaît comme souveraine. Nous sommes reçus dans une grande maison bien organisée, défendue par une enceinte palissadée que gardent des sentinelles. Le soir. tous les enfants viennent en bande nous faire leurs salutations. Les négresses m'ont
paru plus intelligentes que les hommes; leur influence dans bien
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