‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 46 sur 59 · ER ER ET · texte numérisé non relu

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CF

actifs de la contrée, Il nous présente son fils, Vasco de Gama, à qui

je donne quelques jouets, entre autres une poupée en caoutchouc,

qui est un des seuls objets européens qui aient attiré l’attention des

noirs. Christovan nous donne des haches de guerre, des lances {dippa), des arcs et des flèches. Sa femme nous offre d'excellentes conserves de citron. Autour de la maison s'élèvent de nombreux

villages. Je vois un forgeron travaillant à l’aide d’une petite forge

indigène posée au niveau du sol; des femmes pilent des arachides dans un mortier de bois, afin d’en extraire l'huile. Le lendemain,

pour profiter de la fraicheur, nous partons avant le lever du soleil et

nous descendons vers la rivière encore couverte d'un brouillard tiède ; nous la traversons dans une pirogue ; nos noirs suivent à gué et prennent un sentier tracé dans la plaine ; nous nous dirigeons du côté de l'Est. Vers 7 heures nous sommes sur la rive gauche de la rivière Morongosé. La berge opposée est élevée et coupée à pic par la rivière, Au niveau des hautes eaux existent deux couches de charbon

SE

d'environ 50 centimètres d'épaisseur, et nous voyons l'ouverture d’un petit tunnel fait, dit-on, sous la direction de Livingstone. L'entrée est ensablée par les crues de la rivière, l’intérieur est rempli de boue. A 200 mètres en amont nous retrouvons les. mêmes couches de houille mais avec des dimensions beaucoup plus considérables. Nos recherches et les indications de Christovan Chavière nous font voir que de superbes dépôts de charbon existent là. Quelques couches ont une épaisseur de plusieurs mètres et se présentent à flanc de colline en couches horizontales, qui en permettent l'exploitation sans aucune dépense préalable. Malheureusement l'exploitation n’a pas été poussée assez loin des affleurements, pour que l’on sache s’il existe un charbon irréprochable. Les meilleurs charbons que l’on ait extraits contiennent 1% et 16 0/0 de cendre. Pour une industrie locale ce serait un excellent combustible: les houilles du bassin du Midi de la France sont d’une qualité analogue. Mais pour lutter avec les charbons anglais sur les marchés de l'océan Indien, un meilleur combustible es nécessaire. Il est probable qu'à plus grande distance des affleurements la proportion de cendre diminuerait, l’altération du charbon aux affleurements s'étendant souvent assez loin. Les belles couches horizontales que nous avons vues ne doivent pas d’ailleurs être les seules du bassin houiller et des recherches en profondeur en feront sans doute découvrir d’autres, peut-être plus pures que les couches superficielles auxquelles nous avons dû limiter notre exploration. L'âge de ces couches de houille est, paraît-il, le même que celui des bassins du Midi de la France. Quelques fossiles ont été rapportés par un de nos compagnons qui a jugé bon de tenir cette trouvaille secrète jusqu’à notre retour, ef je ne puis donc avoir aucune opinion à cet égard. Ces couches de houille étaient connues des Portugais depuis très longtemps; Livingstone, comme nous, a été mené sur les gisements par les habitants du pays. Ce bassin houiller ne semble pas au premier abord avoir une très grande surface ; nous l'avons trouvé limité à quelques jours de marche de plusieurs côtés par des soulèvements de diorites et de porphyres. Mais ce ne sont là sans doute que des épanchements de roches ignées de peu d'importance, et il est au contraire probable que le dépôt houiller occupe une superficie considérable sur les deux rives du Zambèze. Plus au Nord, des couches de houille ont été trouvées sur les rives des lacs Nyassa et Tanganika.

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