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J'achète dans ce village un lot de poissons qui nous font une excellente friture, aussi de la bonne bière indigène. Nous trouvons nombre de paillotes bien tenues, très propres. Pour se préserver des insectes, on entoure les nattes sur lesquelles on dort d’une petite rigole rempli d'un liquide gluant, obtenu par la cuisson d’une grosse racine à laquelle les habitants donnent le nom de marzinia qui, du reste, leur sert à désigner presque toutes leurs plantes médicinales. Le lendemain nous continuons notre voyage. L'eau est rare pendant ce trajet et nos porteurs sont exténués de fatigue. La chaleur est intense, si bien que les noirs, pour allumer leur pipe, ont du feu en quelques secondes en frottant simplement des petits bâtons. Avec du bois et de l’herbe bien sèche, ce procédé est très rapide pour un noir un peu adroit; en temps humide l’inflammation étant impossible, les noirs portent d’étape en étape un tison enflammé. Mais en cette saison sèche, nous rencontrons souvent des forêts incendiées dont quelques grands arbres continuent à brûler pendant des mois, et quand nous approchons de la fin d’une étape nos hommes ne manquent pas d'en emporter quelques tisons allumés. Nous arrivons vers midi au Kangousi, un des affluents de la Luïa. Nous campons près de la rive gauche formée de porphyres amydaloïdes pénétrés de chlorite. Le pays est couvert de broussailles épineuses {malou). Le thermomètre marque 45° à l'ombre. Le manque d’eau nous force à repartir immédiatement après le déjeuner. Nous trouvons enfin un peu d’eau dans le lit d’un petit ruisseau, FlIniamougankanga, coulant sur le grès houiller de Tété dont un lambeau reparaît ici. Le fond de ce ruisseau est formé d’une sorte de (travertin grossier. Les jours suivants nous continuons la retraite. Nos porteurs rencontrent un arbre (/niampoumpi) sur lequel ils se
tenus sont relevés; il se produit en avant une petite ouverture où la lame-peigne introduite à plat, ensuite redressée sur champ, donne passage à la navette. Puis le fil est serré par la lame plate d'avant qui est ensuite retirée.
Pour passer la trame suivante, à l’aide d’un petit cerceau qu’il tient de la main gauche et agissant derrière la lisse, il presse sur les fils en commençant d’un côté; ceux qui ne sont pas maintenus par la lisse baissent un peu et, dans la petite ouverture produite, on introduit de la main droite et petit à petit sur son plat, la lamepeigne qui arrive à traverser la chaîne, et qui est ensuite redressée sur champ de façon à produire une ouverture suffisante pour le passage de la navette.
En arrière, les fils de chaîne sont maintenus sur place par des verguillons comme sur nos métiers à tisser. L'ourdissage est fait à l’aide d’un seul fil de chaîne qui reste entier, le tissu est donc terminé par des boucles à ses extrémités ; latéralement les fils de chaîne sont plus serrés; aussi le tissu a-t-il deux solides lisières.
jettent, arrachant l'écorce à l’aide de leurs haches et ne partant pas sans en avoir recueilli une petite provision. Cette écorce passe pour être un remède très précieux pour les affections des reins. Nous voyageons toujours à travers un pays de roches porphyriques ; quoique sur des collines élevées nous traversons de larges espaces couverts de galets et de cailloux roulés de quartz d’un diluvium ancien. Puis nous retrouvons encore les grès houillers près du Mufa, affluent du Zambèze. Çà et là quelques traces de culture mais aucune d'habitation. Nous voyons le lendemain un gros village entouré de palissades de défense et nous marchons à travers des terrains de gneiss amphiboliques et micacés. Nous n’avons plus ni biscuits, ni provisions; nous vivons de mauvaises patates rouges aqueuses et de maïs bouiïlli. L'eau est aussi très vaseuse à notre campement d’Iniamouno. Deux de nos compagnons sont pris de fièvre. Nous ne sommes plus loin de Tété et pourtant les habitants sont rares. A Degoué, sur les bords du Zambèze nous campons sous de grands arbres qui abritent quelques troupeaux de chèvres et de moutons. Nos hommes font des feux superbes avec les excréments séchés. Enfin partis à 6 heures du matin, nous arrivons à Tété vers 9 heures. Là nous trouvons des nouvelles d'Europe; nous en étions privés depuis longtemps. Nos hommes se dispersent dans la ville pour revenir quelques heures après se faire règler les petits paiements d’étoffe que nous leur devons. Pour nous, le temps approche où nous devrons retourner en Europe ; notre voyage nous a permis de constater la valeur agricole du pays et le erand avenir qui lui est réservé, mais nous pensons qu'il serait prématuré, maintenant, de songer à son développement industriel, à moins de découvertes de gisements exceptionnels plus riches que ceux que nous avons visités, tout en reconnaissant que notre examen a été beaucoup trop sommaire et que nos jugements ne sauraient être définitifs.
de nn ML À De