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les restes de la bouillie de la veille et vont ensuite par petits groupes
se faire leurs visites de politesse, en commençant par leurs chefs. Ils
saluent en inclinant légèrement la tête, en frappant des mains et en frottant en même temps les pieds sur le sol. S'ils ont quelque chose dans une main, ils se frappent avec l’autre deux ou trois fois sur la poitrine. Les femmes saluent en croisant les bras sur les seins et en faisant une révérence, les genoux pliés et le buste droit. Lorsque nous traversons un village, elles se tapotent les lèvres toutes ensemble en prononçant: you, you, tant que nous sommes en vue. Les montagnes qui, à la Machinga, étaient couvertes de verdure sont ici presque sans végétation; les broussailles sont sans feuilles, sauf le long des cours d’eau
où 1l existe une bande verdoyante. Dans les broussailles épineuses (ma-
tou) la marche est très difficile ; cette fois, nos porteurs nous font savoir ouvertement qu'ils ne veulent pas aller plus loin ; enfin, après bien
des pourparers (car nous désirons visiter d’autres placers en amont), 1l
est convenu que l’on fera un dernier effort et, en récompense, chaque
homme aura une prime de quatre brasses de cotonnade payable à Tete.
Mais les chemins deviennent plus mauvais; ce ne sont que broussailles, rochers, montées et descentes sans fin. M. d’Andrada, encore faible, a voulu prendre ia tête avec les guides, ce qui rend la marche très lente. Après ie déjeuner, nous explorons divers endroits où les naturels ont queiques iavages; M. de Lastour tue une grande guenon ef le mâle nous suit ie reste de la journée avec des cris affreux; nous irons sans succès des anuiopes dans les rochers et les hippopotames que nous apercevons dans la rivière. Au retour, nous distribuons une bonne ration a‘eau-de-vie aux noirs qui nous ont accompagnés. Nous
continuons notre voyage Jusqu'à un petit village, dont les femmes sont
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venues nous montrer quelques placers le long de la rivière ; le sable est assez riche, mais la quantité exploitable est très limitée.
Nous sommes au confluent du ruisseau l’Iniacombité qui vient du sud. Sur les rives sont de petits champs de tabac. Nous achetons des arachides, des tomates sauvages, qui sont très bonnes. Dans la nuit quel-
ques porteurs se sont sauvés abandonnant leurs charges, les hommes
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refusent d'aller plus loin, les chefs et les guides sent cette fois de leur
avis, malgré tous nos efforts il est impossible de leur persuader de con-
linuer le voyage, et après de longs pourparers le retour à Tété est décidé,
Nous revenons vers Tété en suivant des sentiers plus à l’ouest que le chemin suivi précédemment ; nous parcourons de belles vallées couvertes d'une herbe fine qui permettrait certainement d'élever de grands troupeaux. Nous voici à un petit village où l’eau est très rare en ce moment; les habitants vont la chercher à plusieurs heures de distance, aussi prenons-nous le parti d'aller camper sur les sources qui se trouvent dans une petite vallée dominée par de grands escarpements de gneiss, au pied desquels nous trouvons quatre puits irréguliers d'environ quinze mètres de profondeur, et que gardent les habitants du pays. Nous devons acheter l’eau, dont on nous donne deux calangues, soit environ dix litres pour une brasse de coton. Ces puits sont garnis d’échelles très primitives, ils sont creusés dans un gneiss très dur et représentent, vu les outils primitifs des natifs indigènes, un travail considérable. Voyant que nous étions disposés à payer l’eau, les noirs me permettent de visiter les puits en détail. Les sources sont en ce moment à peu près taries, il ne se rassemble là que les eaux de surface de la vallée, et la grande profondeur des puits laisse peu d’espoir de les améliorer par de nouveaux travaux. J'achète d’un habitant une quenouille garnie de coton filé. Ces gens ne connaissent pas le rouet à filer, ils n’ont encore que le fuseau dont le travail est très lent: nous traversons à nouveau et perpendiculairement à sa direction la belle vallée de La Luïa, voyageant toujours à travers des prairies désertes parsemées de bosquets de palmiers et de cocotiers. Nous rencontrons plusieurs villages abandonnés. Arrivés à la rivière nous Campons sur la rive droite au pied de collines trachytiques couvertes à la surface d’opales communes et de belles agates, de jaspe rouge et vert, etc. Je vais visiter un gros village et jy rencontre de nombreux üsserands qui, à l’aide d’un métier fixé à terre, tissent de la forte toile de coton d'environ un mètre cinquante de largeur (1).
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(1) Le système de tissage employé, dans ce village est très original et je crois qu’il mérite d’être décrit : Le fil de trame est enroulé en hélice très allongée sur une longue baguette qui sert de navette et que l’on passe à travers la chaîne. Par suite de l’enroulement en spirale, le fil se développe facilement pendant le passage. Au lieu du peigne employé par nos tisserands, les fils de trame sont resserrés à l’aide d’une lame mince que l’on passe derrière chaque fil de trame. Il n'y à qu’une seule lisse qui est immobile, et la moitié des fils de chaîne est passée dedans. Ces fils sont ainsi maintenus absolument fixes. Derrière cette lisse se trouve une lame de bois mince d'environ dix centimètres de largeur, qui traverse toute la chaîne qu’elle divise en deux parties égales. Voici maintenant comment se fait le travail : la moitié de la chaîne étant immobilisée par la lisse fixe, Fouvrier passant ses bras par-dessus la lisse, met sur champ la lame placée derrière; il en résulte que les fils non maine
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