‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 8 sur 59 · COTE DES SOMALIS · texte numérisé non relu

COTE DES SOMALIS

Après huit jours de repos à Aden, nous nous embarquons sur

l'Abyssinia, de la Compagnie British-India. Ce navire part de Bombay. lait le service du golfe d'Oman, de la côte sud d'Arabie. puis d’Aden, descend le long de la côte d'Afrique jusqu'à Delagoa Bay, où il rencontre d'autres steamers venant du cap de Bonne-Espérance. Les navires passent ainsi devant le cap Gardafui, relâchent à Zanzibar, Mozambique, Quélimane, Ihambane et enfin Delagoa - Bay ou Lourenço-Marquez. Les officiers de l'Abyssinia sont Anglais. Les matelots, chauffeurs ou domestiques, appelés Canaris et Goanais, sont de grands et solides Indiens, couleur chocolat, quelques-uns métis de Portugais et d’Indiens, tous de sectes différentes ; nous avons même des Chinois. Toutes ces races, très attachées à leurs idées religieuses, ne veulent se servir ni des mêmes vases. ni des mêmes aliments, et ne boivent pas la même eau : chaque bande fait sa cuisine séparément. Il en résulte qu’on cuisine à perpétuité sur le navire, et qu’une atroce odeur de friture nous poursuit constamment. Les passagers sont, comme notre équipage, de races variées. Nous avons des familles indiennes qui vont en Afrique travailler dans les plantations de pavots à opium, que l’on a organisées sur le Zambèze. Ces gens vivent sur le pont, dans des espaces excessivement restreints, accroupis toute la journée sur leurs talons. Ils se nourriront. pendant celte traversée, des quelques provisions (riz, grains, poissons et fruits

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secs) qu'ils ont apportées ef qui sont contenues dans des vases de cuivre ou dans de grands paniers. Quelques Arabes se rendent à Zanzibar. Les navires ont-même quelquefois transporté, nous dit-on, des esclaves circassiennes à destination de la même ville ; mais, paraît-il, les autorités anglaises s'opposent à ce commerce, et dernièrement les odalisques n’ont pu obtenir la permission de débarquer. Nous avons aussi des familles portugaises, et beaucoup d’ofliciers se rendant dans la colonie de Mozambique. Les Anglais, en général mal disposés pour les Portugais, nous disent que ces derniers ne font qu’ailer et venir. changent constamment de place, d’une ville à l'autre de la colonie. Malgré la variété de la cuisine, la base de la nourri-

ture de toutes les races avec lesquelles nous voyageons est une sorle

de bouillie ferme que les nègres font avec de la farine de sorgho, et les Indiens avec de la farine de riz. Souvent cette bouillie est assalsonnée avec un peu de sel ; mais généralement on la sert avec une sorte de ragoût à sauce claire appelé curry. Ce mets, fortement assaisonné de piment, est un mélange de fruits ou racines de toutes sortes, piment, ail, coriandre, cureuma, coco, avec de la viande, du poisson, des coquillages ou des crustacés. Après un court séjour sous les tropiques, les

Européens adoptent le eurry à chaque repas, Sans s'en fatiguer,

Après avoir traversé le golle d'Aden, mous arrivons près du cap Gardafui (Ras Jeddarffon des Arabes, et Ras Asia des Somalis). C'est

une falaise de 300 mètres de hauteur. Nous distinguons les maisons

blanches. en forme de dés, des petits villages somalis. Nous sommes

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devant une des côtes les moins connues du monde. Les Anglais y

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ont quelques relations. Ils paient une redevance, ou plutôt font an-

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nuellement des cadeaux à des chefs, afin d'obtenir que les équipages

des navires naufragés soient secourus et ramenés à Aden. L’habitude

est d'abandonner le navire et la cargaison aux indigènes. On préfère

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acheter leur assistance que d’avoir à se défendre contre leurs attaques.

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Jusqu'à ce jour, les navires français ont repoussé cette sorte de

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