‹ Une Famille au XVIe siècleChapitre 10 sur 21 · I . On trouve, aux xv^ & xvi^ siècles, beaucoup · texte numérisé non relu

I . On trouve, aux xv^ & xvi^ siècles, beaucoup

o Une Famille

estant venues en Arles ^ comme on lisoit la lettre^ ma mère tomba pâmée de doulem^^ se voyant privée d^un si sage frère & si bon en son endroit, qui luy avoit promis de faire beaucoup pour ses enfans & Teust monstre par ses effets^ si Dieu lui eust preste plus longue vie.

* Il me souvient que ma mère estoit si affligée d\me si grande perte qu^elle ne pouvoit se résoudre^ ains vouloit mourir^ & que feu mon père la voyant ainsi déplorée la souleva & consola en luy disant :

(( Ma femme, relepe^ vous. Tout ce

de dispositions testamentaires des chefs de famille qui font même une loi à leurs enfants de passer docteurs, pour se rendre aptes à entrer dans la magistrature ou l'université, & leur laissent i\ cet effet une somme d'argent avec affectation spéciale.

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qui nous arrive est par la providence de Dieu y il faut se conformer à sa sainte volonté & ne faut avoir espoir qu'en luy & non point aux hommes. Vous ne sçave^pas que peutestre, si vostre frère èiist vécu y nos enfans eussent esté desfainéans, se fiant en son aide & faveur, & que se voyant pauvres & dénués d'un tel parent ils se donneront à la vertu \ )> Et il répétoit ces mots : « // ne faut point avoir espoir aux hommes , tout en

I. Pierre Charron avait écrit de même dans son traité De la Sagesse^ publié en 1601 : « En Tadversité se voyant tombé & abandonné de tous, & que toute espérance est réduite à soymesme, l'on prend courage, Ton se relève, se ramasse, Ton s'esvertue de toute sa force. En la prospérité, se voyant assisté de tous qui rient & applaudissent. Ton se relasche. Ton se rend nonchalant. Ton se fie à tous, sans appréhension de mal & de difficulté. » Liv. II, chap. VII.

Lue Fa mille

Dieu, Estant chrestienne comme vous estes, ne vous faschei de rien, ne mette^ point vostre espoir aux hommes, tout en Dieu qui est le père de nous tous & nous mandera tout ce qui nous est nécessaire. Point d'espoir aux hommes, il faut prier Dieu pour son âme & il nous faira plus de bien en Vautre monde quen celuj'-cj. )>

Et il tourna répliquer à tous ses enfans : « Point d'espoir aux hommes, tout en Dieu; le servir, V aimer, V honorer de tout vostre cœur, de tout vostre pouvoir. Employé^ bien le temps , & Dieu nous mandera plus que nous méritons. Je suis venu de peu & ai une tant belle famille, & avons tout ce qui nous est nécessaire. Soyons dévots, vivons vertueusement, ayons en suite de ce confiance en Dieu. )>

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Ayant fait ces belles remonstrances de grande affection^ il nous fît instruire de tout son pouvoir^ ne nous, espargnant rien de tout. Il entretenoit le précepteur de ses enfans comme ses propres parens^ festinoit souvent les rég-ens du collège pour leur donner occasion de se peiner pour iceux enfans & par ce moyen les rendre tous vertueux.

Quant à sa vacation^ comme j^ay dit cy-dessus ^ il avoit tant de pratique qu^il en pouvoit faire^ Dieu y pourvoyant^ pour survenir^ à sa famille; &^ afin de s'en mieux acquitter en ime telle presse^ il fallut qu'il tint une petite mule ; car^ à pied^ il n'y eust pu vaquer.

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