I. Le nom propre est omis dans le manuscrit
morte ^ jiig-esse de Tarascon^ fort honeste femme.
Jusques icy est la naissance de tous mes frères & sœm^s. Mon père & ma mère ont pris une grande peine & un soin particulier à nous faire bien nourrir ^ & endoctriner^ autant que père & mère ont jamais fait.
L^an 156)^ le roy Charles neuf estant venu à Arles^ M. de Castellan mon oncle, son médecin^ y vint aussi & logea chez mon père où il fut fort bien receu. Dès aussitost^ il fit préparer mes frères pour réciter des vers au Roy^ s'entend de ceux qui en estoient capables ; puis^ les
I. Cette expression, qui n'avait pas alors un sens purement matériel , caractérisait toute l'économie de l'éducation.
au xvi^ siècle, 4p
présentant au Roy^ il luy dit : a Sire, vous aiirei icj- un jour de braves servnteurs, )> Alors le Roy répondit :
« Je les recognoistray. )> C^est chose que j^ay souvent ouy dire à ma mère : <( Faites vos enfans vertueux & ne vous peine^ d'autre chose^ je les pourvojraj tous. Dieu ajdant. )> En suite de quoy^, M. de Castéllan mena mon frère Honoré son filleul à Paris ^ pour le faire estudier en FUniyersité^ où estant arrivé le dit sieur ne vescut guères après 5 &^ pour ne laisser mon frère en carrière^ il ordonna par son testament qu^il seroit entretenu aux estudes & qu^il passeroit docteur à ses despens\ Les nouvelles de sa mort