Vacation signifiait alors profession
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de bien^ & ma mère eut cinq enfans en cette ville.
Le premier fut Honoré qui porta le nom du dit sieur nostre oncle & fut advocat du Roy à Aix^ succédant à son beau-père M. d^Ulme^ & du depuis arche vesque d^Ambrun, Il naquit Fan 1554^ le 7 mars^ fut baptisé en Féglise Sainte - Marthe au dit Tarascon^ madame Fabbesse estant sa marraine.
Leur mariage fut fait^ comme
j'ay dit^ Tan iS53; ^^^^ ^^^^ peu de moyens^ hormis le douaire de ma mère qui ne fut qvie de 600 florins^ & quelque peu d^argent que mon père ayoit gagné auparavant ;, dont il achepta une petite maison au dit Tarascon. Ma mère se voyant si pauvre & déjà en charge (de fa-
mille) eust perdu presque déjà courage^ n^eust esté la iîance qu'elle avoit en Dieu jointe à la probité & au soin de son mari qui la consoloit ordinairement.
Je luy ai ouy faire vm plaisant conte que je coucherai icy en peu de mots. Mon père passant un jour par la place & voyant de la terraille en achepta trois pièces^ ce dont ma mère se réjouit pensant qu'il n'estoit si pauvre qu'elle s'estoit imaginée. Mais cette joye fut de peu de durée^ quand mon père lui dit qu'elle les envoyât quérir par la servante chez une sienne commère revenderesse où il les avoit laisséeS; & payât le prix d'icelles. Ce qui fit prendre résolution à ma mère de s'évertuer d'ores en avant^
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comme son mari^ à relever leur pauvreté & tascher de passer honestement le reste de leurs jours en élevant la famille qu^il plairoit à Dieu leur donner ; ce qvie par adventure elle n^eust fait^ si elle evist eu davantage de comodité^ car les richesses le plus souvent rendent les gens orgueilleux ou fainéans.
Elle continua ainsi jusqu^à ce que mon père mourut^ Tan 63"" de son âge^, & elle tascha de faire encore mieux après son trespas.
Et pour revenir à nostre propos^ en Tannée 15^5^ & le 21 septembre y ma mère eut un autre fils au dit Tarascon^ qui fut nommé Charles-Baptiste & baptisé à Sainte Marthe. Son parrain fut noble Charles de La Motte ^ & sa mar-
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raine ma grand'mère maternelle.
Celuy - ci mourut assez jeune & premier médecin d^ Arles.
L^an 15)7;, ^^ mère s^accoucha d un autre fils^ & le 27 may fut baptisé au dit lieu & nommé Julien.
Son parrain fut un docteur d^Avignon nommé Julien Collin & la marraine damoyselle Dupré de Tarascon. Celuy-ci fut premier théologal d^Arles & perpétuel homme de sainte vie^ qui s^exposa fort librement pour assister les malades de la contagion.
L^an 1558 & le 9 décembre^ naquit mon frère André au mesme lieu & fut baptisé en mesme église.
Son parrain fut M. André Monyroux d'Avignon^ homme qualifié, la marraine M''' de Terne. Celuy-cy
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fut chancelier de FUniyersité de Montpellier^ puis successivement premier médecin du Roy Henry IV & coviché au nombre des hommes illustres.
L^an 1660, naquit encore à Tarascon mon frère Antoine baptisé en ladite église. Son parrain fut M. Antoine du Rey^ sa marraine j)iie Florimonde de Cauvin. Geluycy est encore vivant^ grand personage & adyocat au privé Conseil^ habitant Paris & bien marié avec une honeste damoyselle fille de feu M. de Robert de Paris^ grand personage.
Voilà les cinq enfans qui naquirent à mon père durant son séjour à Tarascon. Les autres six (car il en eut onze en tout) entre lesquels
Je suis^ naquirent à Arles^ où il se retira du depuis^ y ayant esté appelle. Car^ comme il estoit un des braves médecins de son temps & qu^on Tappelloit de toutes les villes circonvoisineS; il se comportoit en telle sorte que ceux qu^il avoit traités une fois désiroient Favoir encore à leur besoin^ surtout à Arles :
ce qui Toccasionna d^y prendre sa retraite & d^y terminer ses jours à rage de 63 ans.
Or^ il avoit une belle méthode en luy & grand soin de ses malades qu^il assistoit ordinairement^, quand ils prenoient médecine^ se levant tous-jours de grand matin pour cet effet. Et estant enquis pourquoy il prenoit cette peine^ il respondit que c'estoit pour voir en quel estât es-
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toit le malade & Tinterroger comme il s^estoit trouvé la nuit précédente^ de peur qu^estant arrivé quelque accident ^ il ne prist la médecine mal à propos; disant souventes fois qu^en toute occasion il se faut peiner^ si on désire de s^en bien acquitter y là où il s^agit maintes fois de la vie de Fhomme.
Voyant donc que ses enfans croissoient en âge^ qu^il falloit leur faire aprendre la vertu & les pousser aux bonnes lettres^ il prit de là sujet & résolution d^habiter à Arles où il sçavoit y avoir un bon collège ; & il y mena toute sa famille.
Au commencement il lisoit ^ aux
I. Lire était synonyme dV/z5£zg-/zfr. On sait que les professeurs au Collège de France furent d'abord qualifiés de lecteurs royaux.
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chirurgiens le matin ^ & Faprès disné aux appoticaires^ pour les rendre capables en leurs vacations au profit du public^ obligeant par ce moyen tout le monde^ surtout ceux qu^il enseignoit^ se rendant si familier que bien souvent^ quand il n^estoit pas occupé en sa charge^ il alloit avec eux herboriser à la montagne de Gordes ou autres lieux voisins. Cette familiarité & obligation qu^il acquéroit sur eux estoit cause qu^il avoit autant & voires . plus de pratique qu^il rv'Qn pouvoit faire ou désirer. Et^ ce qui est le plus remarquable ^ il ne prenoit point d'argent des pauvres ; tant s'en faut^ il leur en fournissoit s'ils en avoient besoin. Autant en faisoit-il des prestres^ des escoliers &
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autres gens de lettres. Aussi estoitil tant aymé que rien plus^ & la grande pratique qu^il avoit augmentoit de jour en jour sa capacité & réputation.
L^an l'jôi & le 9 novembre^ naquit en Arles mon frère François.
Il fut baptisé en Féglise Saint-Trophime. Son parrain fut M. François de ...% docteur en médecine^ & sa marraine M'""' de Bastony. Le dit François mourut à Fâge de cinq ans.
Je Jeanne du Laiirens naquis en Arles^ Fan 1563^ le i'' jour de may^ & fus baptisée en Féglise Saint- Martin. Mon parrain fvit un chanoine de Féglise Saint-Trophime^ nommé M. Vincens; ma marraine^