I. C'est-à-dire riche
une chaire en médecine à Montpellier où celuy-cy lut publiquement & giorieusement. Et^ pour mon père^ il le fit loger à Tarascon où premièrement Louys du Laurens fut médecin.
La renommée du sieur de Castellan s^espandit de jour en jour par le Languedoc ; & il estoit en grande réputation ^ de sorte que pour Tarrester dans le pays on le maria avec une fort honorable damoyselle^ sœur de M. de Caleycouses^ laquelle il mena à Montpellier. Il s^acquitta si bien de sa charge que le bruit de sa suffisance vint jusqu^aux oreilles du roy Charles neufvième qui le voulut avoir à son service. Mais^ avant son départ^ il visita ses père & mère à Avignon,
au XVI® siècle.
y laissant sa femme pour quelque temps : ce que sçachant mon père s^y achemina dès aussitôt^ pour le voir & prendre congé de luy^ en renouvelant leurs amitiés.
Honoré de Castellan le vit de fort bon œil & lui dit familièrement : (( Avant mon départ, je veux vous marier avec une lîiienne sœur qui est veufve. )> Mon père estoit là avec humilité^ luy disant qu'ail ne méritoit pas tant de faveur.
Le dit sieur Fassura qvi'il parloit à bon escient & du consentement de ses père & mère^ voire de sa sœur 5 tellement que le mariage s^accomplit en février 1553 ; en quoy Honoré de Castellan montra par effet combien il affectionoit mon père, disant à sa sœur en par-
ticulier à la louange de son ami :
(( Ma sœur, je vous donne un homme qui na pas de mojens S mais c'est Vun des plus vertueux & habiles de sa vacation^^, au reste homme qui a la crainte de Dieu devant les yeux. )> De quoy^ elle demeura fort contente^ passant avec son mari heureusement le cours de ce monde^ non sans la grâce & bénédiction du Ciel. Elle s^appeloit Louyse de Castellan. Voilà le commencement de la fortune de mon père.
Or^ le sieur de Castellan estant allé en Cour où peu de temps après il fut premier médecin du Roy^ mon père retourna à Tarascon ^ où il exerça sa vacation en fort homme