‹ Une famille corseChapitre 6 sur 14 · HISTOIRE D^VN MORT · texte numérisé non relu

HISTOIRE D^VN MORT

« — Ah ! mon cher , reprit-il en riant , il faut avouer que tu manques de délicatesse dans tes paroles. Tu viens me parler d'ange, à moi qui l'ai été , d'autant plus qu'aucun ange ne ferait pour toi ce que je fais aujourd'hui, ie te pardonne encore. Ilfautbiênpasserquelquechoseàun homme mort depuis deux jours; puis, comme je te le disais , je suis fort gai , ce soir ; il s'est fait aujourd'hui, dans le monde, des choseà qui me ravissent, ie croyais les honmies dégénérés; je les croyais devenus vertueux depuis quelque temps; mais non , ils sont toujours les mêmes , tels que je les ai créés. £h bien , mon cher, j'ai rarement vu des journées comme celle-ci. J'ai eu, depuis hier soir, six cent vingt-deux suicides en Europe seulement, parmi lesquels il y a plus de jeunes gens que de vieillards, ce qui est une perte, parce qu'ils meurent sans enfants; deux mille deux cent quarante-trois assassinats, toujours en Europe seulement ; dans les autres parties du monde, je ne compte plus; je suis, pour celles-là, comme les riches capitalistes : je ne peux pas énumérer ma fortune. Deux millions six cent vingt-trois mille neuf cent soixante et quinze adultères nou-

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