ONE FAMILLE MILITAIRE
Bourgogne, commander tant aux habitans qu'aux gens de guerre qui y sont et seront et après en garnison ou quartier, et leur ordonner seulement ce qu'ils auront à faire pour le service de Sa Majesté, la deffense et la conservation de cette ville. Mande et ordonne Sa Majesté auxdits habitans et gens de guerre de reconnaître ledit sieur Baron du Teil en ladite qualité de commandant et de lui obéir et entendre en tout ce qu'il leur ordonnera pour le service de Sa Majesté, à peine de désobéissance. Fait à Fontainebleau le vingt quatre octobre mil sept cens quatre vingt trois. Signé : Louis, et plus bas : le maréchal de Ségur*. »
1. On comprendra l'importance du titre de baron accordé par le roi à du Teil dans ce brevet en jetant les yeux sur ces lettres, relatives à l'obtention du titre de comte par son cousin germain, le colonel de Buffévent, et adressées toutes deux au généalogiste Chérin, la première par le frère aîné de l'impétrant, la seconde par un commis des Bureaux de la guerre :
« Paris, ce 20 mai 1777.
« On va vous écrire des Bureaux de la guerre, Monsieur, pour vous demander si mon frère, lieutenant-colonel au régiment de Lorraine, est fait pour obtenir du Roy le titre de Comte; je vous prie instamment de ne pas tarder à donner votre avis sur cet objet parce qu'on va très-incessamment luy expédier un brevet et qu'on attend votre réponse
«Je sçai qu'en ne vous demandant que des choses justes et vrayes on est sûr de les obtenir de vous. Vous connoissez tout le cas que je fais de vos lumières et de votre intégrité. Soyez également persuadé du très-parfait attachement avec lequel j'ay l'honneur d'être. Monsieur, votre très-humble et trèsobéissant serviteur,
« Le marquis de Buffévent. »
« A Versailles, ce 20 may 1777.
« M. de Buffévent, Monsieur, nommé lieutenant-colonel du
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Le commandant de l'Ecole sortait définitivement vainqueur de la lutte et était promu quelques jours plus tard, le l®"" janvier 1784, maréchal de camp; le maire voulut se retirer du moins avec les honneurs de la guerre et donna sa démission.
Pendant tout le temps de son administration, sous le commandement du baron du Teil, M. Mol semble ne s'être départi de son animosité envers le chef militaire de la ville dont il était le premier magistrat, qu'en une seule circonstance, la visite de Mgr Raymond de Durfort *, archevêque de Besançon. En raison de l'arrivée de ce prélat, fixée au 11 août 1781, le corps municipal s'assembla dès le 27 pour délibérer sur le cérémonial à observer en cette occasion et prit les décisions suivantes qui accusent une trêve entre le maïeur et les échevins d'une part, le commandant et les chevaliers de l'Arquebuse d'autre part :
« 1<* Attendu que le révérendissime archevêque arrivera en cette ville par la porte royale, Monsieur Dumay demeure prié de faire placer une tente entre les deux ponts afïïn que Monseigneur puisse y descendre et s'y habiller pontifîcalement.
régiment d'infanterie de Lorraine, demande d'être traité de comte dans la commission qui doit lui être expédiée; il dit que vous avez connoissance de ses titres ; je vous prie de vouloir bien me marquer si cette qualiffication lui est due afin qu'en ce cas je propose au ministre de la lui donner.
« J'ai l'honneur d'être avec un très-parfait attachement. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
« De Saint- Paul. »
1. Raymond de Durfort, né en 1725, archevêque de Besançon 1774.
« 2° Le dit jour 31 août MM. Dumay, 1^'" échevin, et Brunet, fabricien, iront à sa rencontre en voiture jusqu'au village de Flamerans, où, lors de la rencontre^ M. Dumay complimentera au nom du corps municipal Monseigneur et lui témoignera la satisfaction que la ville d'Auxonne aura de recevoir Sa Grandeur.
« 3** Le corps de la ville se trouvera à la porte royale avec le clergé et MM. L'Houet, Raffîn, Gairoird et Royer porteront le poêle sous lequel devra marcher Sa Grandeur jusqu'à l'église.
« 4*» Il sera fait, à son de trompette, le jour de demain, commandement à tous les bourgeois et habitans de cette ville de se trouver à la porte royale pour suivre processionellement Monseigneur Tarchevéque jusqu'à l'église paroissiale.
« 5° Il sera enjoint à tous propriétaires et locataires des maisons de la rue des Capucins et sur la place de balayer et nettoyer devant chez eux et de tenir leurs boutiques fermées, depuis les quatre heures après midy jusqu'après le passage dudit seigneur archevêque.
« 6° Monsieur le Maire demeure prié d'inviter Monsieur du Teil, commandant pour le roy en cette ville, d'ordonner un détachement de cinquante hommes pour accompagner le seigneur archevêque lors de son entrée jusqu'à l'église et le conduire jusqu'à son logement.
« 7** MM. les chevaliers du jeu de l'arquebuse seront invités de la part de la chambre d'envoyer un détachement à cheval au-devant de Sa Grandeur
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jusqu'à Flamerans, auquel effet ils seront précédés par le trompette de la ville qui sonnera la marche, si ils le désirent
« 9° Le corps municipal accompagnera ledit seigneur archevêque lorsqu'il sortira de l'église jusque chez Monsieur le Curé, là il sera complimenté par Monsieur le maire, après quoy le procureur syndic lui présentera les vins d'honneur en la manière accoutumée »
M. Mol fut remplacé, le 14 février, par Augustin de la Ramisse, conseiller maître en la Chambre des comptes, nommé par les élus généraux des Etats de Bourgogne ^ Aussitôt les relations les plus courtoises et les plus cordiales s'établirent entre l'Ecole et l'hôtel de ville et se manifestèrent immédiatement en deux occasions, le baptême de la cloche^ de la paroisse et le mariage du fils aîné du baron du Teil. Le com-