RÉCEPTIONS PRINCIÈRES
Quelques jours plus tard, le 14 août, le baron du Teil reçut le prince Henri de Prusse qui, accompagné de M. de la Tour du Pin , vint visiter l'École * ; venant de Suisse, le prince se rendait à Paris, sous le nom de comte d'Oëls. Il y fît « fureur » ; ainsi que de raison les vers lui pleuvaient de toutes parts et les métaphores n'y manquaient pas. Son séjour fut une sorte de triomphe; sa modestie, son amabilité lui gagnèrent tous les cœurs et excitèrent l'enthousiasme. Au moment de son départ, il dit au duc de Nivernais, qui l'accompagnait de la part du roi : « J'ai passé la moitié de ma vie à désirer voir la France; je vais passer l'autre moitié à la regretter. » Le frère du grand Frédéric dut beaucoup goûter les manœuvres et exercices auxquels on le pria d'assister à Auxonne : « Il est petit de taille, disait de lui la baronne d'Oberkirch qui l'avait vu quelques jours plus tôt à Montbéliard, il est laid, il louche d'une manière désagréable, mais il est plein d'esprit, mais il a la plus charmante conversation. Je n'ai jamais connu un homme d'un esprit plus sûr et plus délicat ; c'est un vrai héros en toutes choses. Le souvenir de ses exploits comme soldat, de son génie comme général, de ^es talents comme homme politique pénètre d'ad-
1. Cette excursion mit le prince sur les dents. Suivant le Mercure Dijonnais, il alla à Auxonne « et revint dîner chez M. de Gouvernet; il alla à l'Académie au sortir de laquelle il alla se coucher parce qu'il était fatigué du voyage d'Auxonne ; il devait aller à la Comédie, souper chez M. l'Intendant, et de là au Wauxhall : mais tous ces arrangements manquèrent. » — Mercure Dijonnais, pp. 318 et 319.
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