‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 119 sur 284 · Ce sont les ûls du prince Frédéric-Eugène · texte numérisé non relu

Ce sont les ûls du prince Frédéric-Eugène

Prusse, leur cousin, avait reçu à Auxonne. L'éclat de cette nouvelle réception dut être particulièrement agréable à la cour ^ car, le 21 mai, un traité - venait d'être signé, au sujet des limites du comté de Montbéliard, entre le roi de France et le duc de Wurtemberg.

Parlant de cet événement à ses parents, le 28 juillet, un jeune officier du régiment d' Auxonne le leur racontait ainsi : « M. de Lamortière^, notre inspecteur,... vient de passer près d'un mois par ici. Hier on nous a commandé un polygone de parade pour le prince souverain de Wurtemberg et son frère qui viennent de prendre les eaux à Luxeuil. Nous étions sous les armes dès sept heures du matin, sans avoir déjeuné, croyant que le régiment reviendrait comme de coutume k neuf heures ; point du tout ; les princes ne sont venus qu'à midi et nous ne sommes rentrés en ville qu'à quatre heures, mourant de faim et de soif, car c'était la journée la plus chaude qu'il y ait eu^... »

1. Cette satisfaction se traduisit, suivant l'usage du temps, par une gratification s'élevant à 2.400 livres, en date du 18 août. « Le roy à qui j'en ay rendu compte, écrivit le ministre à du Teil, approuve que vous ne leur ayès rien laissé à désirer à cet égafrd. »

2. Le baron de Riéger et M. Gérard, prêteur royal de Strasbourg, eurent Thonneur de terminer cette affaire. Baronne d'Oberkirch, t. II, p. 306.

3. Jean-Marie-Antoine de Verton de La Mortière, maréchal de camp 1780. — Il avait remplacé, comme inspecteur, le chevalier de Saint-Mars, depuis 1785.

4. Un officier royaliste au service de la république, d'après les lettres inédites du général de Dommartin, de Bezancenet, Paris, librairie générale, 1 vol. in-8, p. 12.

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A la fin de cette campagne le régiment d'Auxonne, qui était resté pendant quatre ans et demi dans la ville dont il portait le nom, partit le 5 septembre pour Metz. Le 17 de ce mois vint de Besançon le régiment du même nom, qui comptait dans son Étatmajor :

MM

Jacques-Roze, vicomte de Voisins*, colonel; Jean-Baptiste-Marie Fayard, chevalier de Sinceny,

lieutenant-colonel ; Nicolas-Claude Desnoyers, major ; Guillaume-Alexandre de Tulles, chef de brigade ;

Charles-François Dutot, Charles de Morard de la Bayette de Galles, François- Alexandre-César de Perthuis, Jean-Lambert Dujard, Jean-Baptiste Pierre, aide-major ; Jean Lemonnier, quartier-maître trésorier; Le Père La Motte, aumônier; Le sieur Darc, chirurgien-major.

Les nommés : Belamour, tambour-major ;

Bellerose, armurier.

Le baron du Teil dut voir sous ses ordres, avec beaucoup de satisfaction, ce régiment formé par le bataillon dans lequel il avait fait ses premières armes et servi de 1731 à 1757; mais il ne devait pas le conserver longtemps à l'Ecole d'Auxonne. Le

1. C'est cet officier, nommé maréchal de camp en 1788, qui fut tué dans une émeute à Valence en 1790.

GARNISON D AUXONNE

8 octobre, la compagnie d'ouvriers de Puyvéran était en garnison dans cette ville sous les capitaines Joseph-Ferdinand de Puyvéran, en premier, et Joseph Aubri d'Arrancy, en second. A dater du 1*^'' janvier 1787, Claude du Teil de Beaumont, fils aîné du commandant du Teil, y comptait comme lieutenant en

premier.

En janvier 1787 arrivèrent à l'École d'Auxonne les capitaines en second Toytot et de Barthelats. Le 20 octobre 1787, le régiment de Besançon fut envoyé à Douai et remplacé immédiatement par le régiment de Metz * qui ne devait séjourner que deux mois dans la ville ; son État-major était composé de :

MM

Bernard Riverieulx de Jarlay, colonel; Jean, chevalier du Teil, lieutenant-colonel; Pierre-Alexis de Rotalier, major ; Ignace-Gabriel Durand, chef de brigade ;

Pierre Morand Dupuch de Grangeneuve, Antoine de la Jaille, Jacques-François de Maigret, Vincent de la Haye de Mandenaville, Jean-Nicolas Bousserin, aide-major; Robert Chapelle, quartier-maître trésorier ; Le Père Vallages, aumônier ; Le sieur Tauchard, chirurgien-major; Les nommés : Dauder, tambour-major;

Desmarteaux, armurier.

1. Il venait de Besançon et semble y être retourné en décembre.

Le 19 décembre 1787, le dernier des régiments dont le baron du Teil fut appelé à diriger l'instruction comme commandant d'école faisait son entrée à Auxonne. C'était le régiment de La Fère^ qui était commandé par le chevalier de La Lance 2; il fut rejoint dans cette ville, le 25 décembre, par la com-

r pagnie de bombardiers de la Goshyère ^ qui venait du Havre et dans laquelle comptait, comme lieutenant

1 en second, « Napolionne de Buonaparte. » Le nou-

1. Pour compléter la liste des corps dont du Teil dut éventuellement s'occuper, il faut citer le régiment provmcial d artillerie d' Auxonne dont l'État-major comprenait en 17/9 :

Louis-Joseph comte d'Ailly, colonel ;

Gaspard-Jean-Baptiste de Brunet, lieutenant-colonel ;

Jean-Louis Belond de Coges, major.

A partir de juillet 1788, l'emploi de colonel est vacant; le marquis de Pressac est major le 25 avril 1786, et Anne-Pierre- Basile Chevalier, comte de Saint-Maime, lui succède le / juin

2. Voir la composition complète de ses cadres d'officiers aux pièces justificatives. .

3 Nous avons laissé le régiment de La Fère en garnison à Valence, sous les ordres du chevalier de La Lance, en 1 i84 (p 169) ; c'est là que Bonaparte, nommé lieutenant le 1" septembre 1785, fit ses débuts ; il quitta le régiment pour la Corse, avec un semestre, le 1" septembre de l'année suivante et revint en France, en octobre 1787, après avoir obtenu une prolongation, solliciter un nouveau congé et s'occuper de ses affaires. Peut-être fit-il acte de présence à la dernière revue, passée le 17 octobre 1787, par son régiment, h Douai où ce corps s'était rendu en octobre 1786 : en tout cas il obtint un dernier congé de six mois le 1" décembre 1787, ce qui le menait au 1er juin 1788. Dans l'intervalle, le régiment destine h 1 armée des côtes de Normandie et de Bretagne avait quitté Douai le 18 octobre 1787 : on ne sait si l'Etat-major se rendit à Fougères, mais bientôt après la majeure partie du régiment se trouvait réunie à Saint-Denis d'où elle se rendit à Auxonne.

GARNISON D AUXONNE

veau corps fut aussitôt passé en revue par le commissaire des guerres Naudin qui constata Tabsence de Bonaparte « du i®'' octobre 1786 ayant joui du semestre de ladite année avec prolongation jusqu'au i'^'* décembre 1787 ».

On n'avait donc pas encore eu connaissance, officiellement du moins, du dernier congé semestriel tardivement demandé pour le lieutenant en second, le 7 décembre seulement. La note de la revue suivante, passée le 24 février 1788, dit, avec plus d'exactitude, que Napoléon était absent <( sur un congé de la cour pour six mois sans appointemens , à compter du l^"" décembre dernier, à la suite du semestre de 1786 à 1787, de congé et prolongation de congé avec appointemens jusqu'au dit jour 1*''" décembre » ; les revues du 27 avril et du 31 mai * donnent les mêmes motifs à l'absence de Bonaparte qui ne rejoignit que dans les premiers jours de juin.

En arrivant, il fut logé, comme la plupart de ses camarades, dans les pavillons d'officiers qui flanquaient les casernes ; il y avait là trois appartements pour officiers supérieurs et cinquante et un logements à l'usage d'officiers subalternes^. Les chambres réser-

1. Dans ces deux dernières revues, le mot absent est suivi de ceux-ci : « Sur un congé de la cour pour six mois sans appointemens à compter du 1" décembre dernier à la suite de semestre de 1786 à 1787, et de congés de la cour avec appointemens jusqu'au dit jour l^"" décembre. » Archives de la Côted'Or, série C, 153.

2. En sorte que, suivant l'état du 13 mai 1789, 3 chefs de brigade, 4 capitaines et 23 lieutenants recevaient de la ville leur logement en argent, s'il n'y avait pas de congés de semestre.

vées aux lieutenants avaient uniformément 15 pieds 9 pouces de long sur lo pieds 3 pouces de large et étaient aérées par une fenêtre unique; elles étaient précédées d'un petit vestibule obscur, de 4 pieds 3 pouces de large, qui commandait une chambre de domestique de il pieds sur il pieds 6 pouces, prenant jour du côté du corridor ; ce dernier, sur lequel s'ouvrait la porte de l'entrée, avait 6 pieds de large.

Ces logements étaient pauvrement meublés; ainsi la chambre nMO du Pavillon de la ville, desservie par l'escalier n° 3 et occupée momentanément, dit-on, par le futur empereur, était garnie comme il suit * :

Une platine de fonte 9'

Deux chenets id. pesle et pincelte . . 4' 10* Un chandelier de cuivre et sa mouchette. 18 *

Une cuvette et son pot à eau 14*

Un pot de chambre 6* v 241 12

Six chaises en paille 3 12*

Un fauteuil id 1^*

Une chaise en bois 1

Deux portes manteaux 1 *

Six serviettes 3

Un châlit à colonne, sa paillasse et ses

tringles 1 1

Deux matelas laine et crin 16

Un oreiller de plumes. o

Deux paires de draps 14* ) 113»

Une couverture 3 points 6'

Une id. 5 points 13'

Un tour de lit de cotonne flamée 17'

Une couchette et une paillasse de domestique ^ '

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