‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 122 sur 284 · Pierre-Bernard Lamy du Chatel, maréchal de camp · texte numérisé non relu

Pierre-Bernard Lamy du Chatel, maréchal de camp

J. DU Tkil. — Une famille militaire. jg

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mandant de TÉcole de Metz, où se trouvait en garnison le régiment de Strasbourg, rendit, en novembre 1773 et en mai 1774, deux intéressantes décisions relatives, la première aux écoles de théorie, la seconde aux écoles de pratique : elles semblent donner une idée très-exacte des méthodes d'enseignement en usage alors, notamment à Auxonne, à la fin de l'ancien régime, puisque cet officier fut, quelques années plus tard, inspecteur général du département dans lequel cette école était comprise et dut, par conséquent, y faire appliquer les principes édictés par lui antérieurement.

Dans chaque école le roi entretenait un professeur de mathématiques, un aide ou répétiteur, et un maître de dessin. L'école de théorie avait lieu toute l'année trois fois pas semaine, de neuf heures du matin à midi, sous la présidence d'un capitaine en premier et la haute surveillance de l'officier major de semaine. La salle de mathématiques des mardis était entièrement consacrée à l'instruction des lieutenants et aspirants et divisée en deux leçons, la première de deux heures, la seconde d'une heure ; les salles des jeudis et samedis se subdivisaient en deux séances : la première de deux heures, pour les lieutenants et aspirants instruits qui devaient y étudier pendant une heure la première section de l'algèbre et pendant l'heure suivante les développements pratiques de géométrie et de mécanique relatifs au service du corps; la seconde d'une heure, pour les capitaines en second et consacrée à l'application de la géométrie aux travaux de la guerre et à l'étude de la construction des bâti-

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ments de l'artillerie et de la fortification. A la fin de chaque séance, le professeur indiquait l'objet de la salle suivante et le capitaine chargé du cours désignait les officiers ou aspirants qui tiendraient les séances de chacune des leçons de cette salle.

La salle de dessin avait lieu les mêmes jours , de deux à quatre heures : tous les lieutenants devaient s'y trouver ; ils commençaient par dessiner la carte, puis passaient aux modèles d'attirails et d'affûts d'artillerie, aux profils de bâtiments et de fortification » : tous leurs dessins étaient conservés pour être présentés au commandant de l'École lors des examens et à l'inspecteur général à l'époque de sa tournée.

La salle du répétiteur, consacrée aux aspirants, se tenait aux mêmes heures que celle du maître, sous la surveillance des officiers chargés de ces élèves qui devaient y revoir la géométrie, avec toutes les applications de calcul relatives à cette science, la triffonométrie et la mécanique.

La salle de conférence des capitaines avait lieu tous les lundis, de dix heures et demie à midi : elle avait pour objet l'examen des mémoires présentés par ces officiers, en même temps que l'attaque et la défense des places, les uns étant chargés du projet d'attaque et les autres de celui de défense.

Une fois par semaine, on rassemblait, pendant deux

i, Bonaparte s'occupa un peu de dessin à Auxonne : à la suite d'extraits sur les mémoires du baron de Tott, on voit, dans l'un de ses cahiers, le croquis « informe » d'une maison ; ailleurs, sur la couverture d'un autre* cahier, il esquisse le plan d'une redoute. Masson, I, 141, note i ; 415, note 1.

heures, les lieutenants pour les instruire dans Texécution des manœuvres d'artillerie, dans la méthode de faire tous les nœuds en usage, dans la connaissance de toutes les parties et proportions des bouches à feu et de leurs attirails. Le commandant les exemptait de cette école au fur et à mesure de leur instruction.

Les officiers de l'État-major du régiment étaient chargés de la surveillance de la salle d'arithmétique des sergents et des salles de théorie et d'artifice.

Quant aux écoles de pratique, elles se tenaient seulement pendant la belle saison, de mai à octobre; elles avaient lieu trois fois par semaine dans la matinée, les lundis, mercredis et vendredis ; le contrôle du détachement commandé était remis la veille par le commandant d'école au major du régiment, chargé du rassemblement. Le détachement, rendu au parc à quatre heures du matin, était conduit avec les outils nécessaires sur l'emplacement du polygone où il était emplo^^é à sa construction par le directeur jusqu'à six heures et demie, puis passait, jusqu'à huit heures, aux différents exercices prescrits. Chaque soldat devait travailler suivant sa destination ; les aspirants étaient attachés aux compagnies pour être exercés comme la troupe au service de l'infanterie et de l'artillerie.

La direction du parc était composée d'un capitaine en premier, directeur, assisté d'un lieutenant en premier ; d'un capitaine en second, sous-directeur, qui avait sous lui un lieutenant en second, et d'un conducteur des charrois : le directeur et le sous-directeur,

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chacun avec son aide, alternaient pour les jours d'exercice.

Pendant la campagne, on procédait d'abord au rétablissement de toutes les batteries ordonnées, à la mise en état de tous les agrès dépendant de l'école de pratique, à l'approvisionnement de toutes les bouches à feu ; on passait ensuite au tir des batteries de siège, au jet des bombes, au service des obusiers et des pierriers, et à l'école de pratique de l'artifice; on ne négligeait aucune des manœuvres de l'artillerie : l'équipement et l'emploi de la chèvre et du triqueballe, le relèvement d'une pièce versée, tombée dans un fossé ou enfoncée dans un bourbier.

Sous un officier et un sergent de sapeur on établissait des ateliers de saucissons, claies, gabions de tranchée et fagots de sape pour servir aux constructions de batteries et à la conduite de la sape. Cette dernière école, dirigée par un capitaine, était conduite par les officiers de sapeurs et tous les officiers du régiment successivement. Les travaux du polygone, exécutés d'après un plan remis par le commandant de l'école, étaient surveillés alternativement par un capitaine en premier, directeur, et un capitaine en second, sous-directeur; les travailleurs étaient divisés en deux escouades, placées chacune sous un lieutenant en premier et un lieutenant en second, assistés de deux sergents et de deux caporaux intelligents, pour permettre aux officiers d'alterner entre eux. Après l'achèvement du polygone, on s'occupait de l'objet de sa défense. L'instruction de la compagnie de mineurs commençait par une galerie à ciel découvert.

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