‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 123 sur 284 · SV · texte numérisé non relu

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On commandait un certain nombre de lieutenants ou aspirants pour suivre les différents travaux ; les moins instruits servaient à chaque école, jusqu'à parfaite instruction, un mortier de huit pouces et une pièce de quatre. Les recrues et les soldats dont Tinstruction était insuffisante étaient exercés au service en blanc des différentes bouches à feu. Les exercices de tir étaient dirigés par un officier major; le capitaine faisait de temps en temps commander les lieutenants placés sous lui.

Le commandant d'école et le professeur faisaient passer tous les six mois des examens aux lieutenants, surnuméraires ou aspirants ; lors de sa revue, l'inspecteur général les examinait également et rendait compte au secrétaire d'Etat du département de la guerre ; les jeunes officiers, quelle que fût leur ancienneté, ne pouvaient monter aux emplois vacants qu'en raison de leurs capacités, et ils ne jouissaient de semestres ou de congés qu'en récompense de leur application et de leurs progrès.

Malgré l'uniformité qui devait régner dans les sept écoles, chaque commandant avait certaines latitudes lui permettant de faire faire quelques expériences spéciales dans le but d'éclaircir des points douteux ou de satisfaire la curiosité des officiers du régiment dont l'instruction lui incombait.

Les principales expériences que le baron du Teil fit faire à Auxonne portèrent sur les vitesses initiales résultant des différentes charges, la portée des quatre espèces de mortiers, les portées des poudres en grain et pulvérin, l'usage du canon pour le tir des bombes.

EXPERIENCES D ARTILLERIE

Les premières, relatives aux. vitesses initiales, furent faites en 1781, en présence des olïiciers du régiment de Strasbourg, et répétées en 1783 devant ceux du régiment d'Auxonne. Les pièces mises en expérience furent des canons de siège et de place des cinq calibres de 24, 16, 12, 8 et 4; des canons de bataille des calibres de 12, 8 et 4, et des obusiers de 8 et 6 pouces ; les charges éprouvées varièrent de 12 onces à 12 livres avec la pièce de 24, de 8 onces à 8 livres avec celle de 16, de 8 onces à 4 livres avec celle de 12 longue, de 8 onces à 3 livres avec celle de 8, de 8 onces à 1 livre 1/2 pour celle de 4 ; pour les pièces courtes ou de bataille, on employa la charge de 4 livres pour le 12, de 2 livres 1/2 pour le 8, et de 1 livre 1/2 pour le 4; pour les obusiers, les charges vérifiées furent de 12, 14, 16, 20, 24 et 28 onces. Les boulets employés furent pesés afin de les choisir d'un poids à peu près égal. Les tables de ces vitesses initiales * furent relevées par le professeur Lombard.

La répétition de ces expériences en 1783- permit de faire une curieuse remarque : on trouva la seconde fois une vitesse beaucoup moindre pour les boulets de 8 et de 4 des pièces de campagne, et l'on ne put s'expliquer cette différence qu'en se rappelant la

1. Lombard, Traité du mouvement des projectiles, Dijon, Frantin, an V, 1 vol. in-8; pp. 146 et 147.

2. Il faut noter pendant cette même année plusieurs expériences sur Tenclouage faites sur une pièce de 24 qui servit, en 1786, au tir des bombes. — Lombard, Tables du canon et des obusiers, 1787, 1 vol. in-8, p. 163.

visite générale de toutes les bouches à feu de l'école, ordonnée précédemment par le baron du Teil, dans le but de constater l'état des pièces et d'apprendre aux officiers l'usage des instruments nécessaires à cette vérification. Depuis deux ans qu'on n'avait fait pareille visite, le diamètre de l'âme avait considérablement augmenté dans la plupart des bouches à feu visitées, et l'on attribua à cet évasement la diminution de vitesse observée aux dernières épreuves». Ceci conduisit Lombard à dresser une table relative à Tévasement des pièces de campagne, variant de 1 à 18 points; ce maximum, qui donnait au boulet un vent de 2 lignes 6 points, fut choisi parce quun évasement supérieur mettait la pièce hors de service. Les expériences sur les portées des mortiers viennent naturellement en leur place après celles des vitesses initiales; elles eurent lieu en août 1786 ^ et furent dirigées par M. Tardy de la Brosse 3, capitaine de bombardiers au régiment d'Auxonne. Déjà des épreuves similaires avaient été faites en 1771, à La Fère, mais le tableau dressé dans cette école était sans valeur, car on avait négligé d'indiquer la qualité de la poudre employée, aussi vit-on sans étonnement que les effets obtenus en 1786 étaient sensiblement différents. Ces expériences s'imposaient d'ailleurs pour les mortiers de 10 pouces dont on n'avait pas encore fait usage et n'étaient pas sans utilité pour les autres. Les mortiers employés furent des mortiers

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