‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 127 sur 284 · Masson, t. I, pp. 262 à · texte numérisé non relu

Masson, t. I, pp. 262 à

EXPÉRIENCES d'aRTILLERIE

termine par Cette mention : « Fin du 5^ cahier » ; il semble avoir été écrit d'après le cours spécial fait par Lombard k ses élèves ; il y est question de l'inflammation de la charge de poudre, du mouvement qu'elle donne au boulet ainsi que la résistance de l'air et de l'emploi raisonné des fortes ou petites charges, suivant l'effet à produire : Robins est souvent invoqué par le professeur d'Auxonne à l'appui de ses propositions ; cette dissertation est suivie d'une description de canon rayé, de son chargement et de ses avantages : ces dernières pages paraissent avoir été prises pendant les conférences spéciales auxquelles Lombard convoquait quelques officiers pour revoir avec eux certaine parties de son cours, puisqu'elles sont relatives aux différentes vitesses que peuvent imprimer à un même boulet des charges plus ou moins fortes et des pièces plus ou moins longues : le nom de Robins revient ici encore sous la plume de l'élève *.

1. Masson, t. I, pp. 249 à 261. — En dehors de ces cahiers d'artillerie et d'un projet de constitution de la calotte du régiment. Napoléon a laissé de cette époque des notes prises sur la république de Platon, des extraits de l'histoire ancienne de Rollin, datés de 1788 et concernant la Perse, la Grèce, l'Egypte, Carthage, l'Assyrie; des notes tirées des œuvres de Tabbé Raynal sur l'établissement et le commerce des Européens dans les deux Indes, des extraits de l'histoire de l'Angleterre de Barrow, commencés en juillet 1788; une nouvelle : le comte d'Essex; un résumé de l'histoire de Frédéric II de Prusse, écrit en décembre 1788; des notes prises dans les mémoires de l'abbé Terray, des extraits des mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares, datés de janvier 1789 ; des notes tirées des lettres de cachet du comte de Mirabeau et de l'Espion anglais, de nombreux extraits de BufTon relatifs à l'histoire naturelle, pris en mars 1789; diverses notes relatives à l'his-

J. DU Tbil. — Une famille militaire. 17

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Il est bien regrettable que ces fragments ne soient pas plus nombreux ; néanmoins tels qu'ils existent, ils sufïisent pour établir qu'à ce moment, Napoléon Bonaparte fut séduit dans une certaine mesure, par son métier ^ Le souvenir qu'il conservait de l'école d'Auxonne et de son commandant en est la preuve ; ne dit-il pas, dans ses œuvres, que le général du Teil, l'aîné, « était un excellent officier d'artillerie » et que « son école était la seule où les officiers fussent à même de s'instruire. »

Une pièce authentique, d'ailleurs, le rapport de La Mortière sur son inspection générale à Auxonne en 1789, permet de se rendre un compte parfaitement exact de l'enseignement que reçurent dans cet établissement les officiers du régiment de La Fère.

« Tableau des instructions que Ton suit à cette école, sous le commandement de M. le baron du Teil, savoir :

École de pratique.

Le terrein sur lequel on a établi le polygone est sujet fréquemment à de grandes innondations ; il est

toire des Arabes de labbé Marigny, au gouvernement de Venise par Amelot de la Houssaye, aux observations sur Thistoire de France de Tabbé Mably (avril, mai et août 1789), à la géographie moderne de Tabbé Lacroix, au rapport de Necker du 5 mai 1789, différents extraits de gazettes (juin 1789), enfin des lettres sur la Corse. Masson, t. I et II.

1. M. Frédéric Masson, que je ne saurais trop remercier de réchange d'idées qui s'est établi entre nous au cours de nos longues conversations sur les débuts de Bonaparte dans la carrière des armes, dit en effet qu'en 1788 Napoléon voulait être un bon artilleur.

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très-rétressi et ne consiste qu'en un polygone de cinq Bastions tracés sur une échelle de la petite fortification. On ne peut y établir de tranchées, ni instruire les sapeurs, parce qu'on ne peut creuser au-dessous d'un pied et demi dans les tems de basses eaux. Le terrein entre la batterie et la butte est une commune où les bestiaux de plusieurs communautés paissent toute l'année, de sorte qu'elles sont obligées de les mener plus loin les jours que l'on fait école. Le reste du terrein entourant ce Polygone est une prairie dont on ne peut disposer pour aucunes manœuvres qu'après que les foins sont faits ; encore , lorsqu'on veut y établir le canon de bataille, les particuliers à qui appartient le terrein demandent des dédommagemens. La butte pour le canon et le terrein pour le jet des bombes n'ont d'espace exactement que l'étendue de celui nécessaire pour leur établissement et sont entourés de terres labourées qui sont souvent maltraitées par les ricochets ou par les bombes qui s'écartent de la perche qui sert de but aux bombardiers. — J'ai depuis plusieurs années demandé une augmentation de terrein et notamment sous le ministère de M. le maréchal de Ségur, qui avoit promis d'avoir égard à ma demande, en sentant la nécessité, mais qui n'a pas eu le tems de remplir ses vues, quoique je me sois borné alors à ne demander que l'espace de terrein nécessaire pour y établir un simple front de polygone sur une élévation au-dessus du niveau de la prairie, non sujette à innondation, afin d'y conduire facilement une sappe et établir des batteries d'instructions de toutes les espèces.

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Pour appuyer ma demande j*avois adressé au ministre un plan du terrein avec un mémoire y relatif que je n'ai pas eu le tems de me procurer à cette inspection et que j'adresserai de nouveau à M. le Comte de La Tour du Pin, pendant le courant de l'hiver.

Batterie de siège, — Cette batterie est établie sur une courtine d'un des fronts du polygone ci-dessus cité et qui fait face à un coteau assez élevé qui règne depuis la chaussée de Dijon jusqu'au village de Tillenaye, et comme cette courtine n'est pas sufïisante pour contenir toutes les bouches à feu indiquées par l'ordonnance pour servir d'instruction aux canoniers et bombardiers, on a placé les mortiers dans le bastion de la droite et les obuziers et pierriers dans le bastion de la gauche. Cette batterie n'est éloignée du but que de 215 toises et l'on ne peut porter plus en arrière les dites pièces pour obtenir des portées plus longues à moins de les sortir du polygone et de les placer dans la prairie dont j'ai parlé plus haut pour tirer sans épaulement.

Batterie de mortiers. — On a vu par ce qui est dit à l'article précédent que l'emplacement de ces bouches à feu n'est distant du but que de 240 toises et si, pour instruire les bombardiers à tirer avec justesse à des distances plus longues, on veut se porter en arrière, il faut également sortir les mortiers du polygone pour les porter dans la prairie sur des terreins appartenans à des particuliers avec lesquels il faut prendre des arrangemens pour éviter leur mécontentement.

Pièces de campagne. — On est obligé pour ce service de porter ces pièces dans la prairie que je viens de citer et on est sujet aux mêmes incomodités relativement aux particuliers à qui appartient cette prairie.

Malgré tous ces inconvéniens le Régiment de la Fère est très instruit sur le tir de toutes ces bouches à feu par les soins du commandant de Vécole qui varie ses instructions de toutes les manières pour ne rien laisser ignorer ni à V officier, ni aux canoniers, ni aux bombardiers sur les ressources à employer pour se servir de toutes les bouches à feu, même dans le cas où on manquerait d'affûts ou machines pour en faciliter la manœuvre.

Artifice. — Cette partie du service est très bien montée ici et l'artificier qui la dirige est un homme très instruit et très zélé.

Manœuvres de force. — 11 n'en est aucunes auxquelles on ne donne des instructions aux canonniers, et le professeur de mathématiques en démontre la théorie à tous les officiers.

Ecole de Théorie.

Salle de mathématiques. — Je viens de citer à l'instant le professeur de mathématiques chargé de l'instruction théorique. Il en est peu qui possède autant de talents pour conduire les jeunes gens aux connoissances sublimes des mathématiques, il ne se borne pas aux démonstrations publiques des salles ; il tient chez lui des conférences auxquelles les jeunes gens qui

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Pour appuyer ma demande j'avois adressé au ministre un plan du terrein avec un mémoire y relatif que je n'ai pas eu le tems de me procurer à cette inspection et que j'adresserai de nouveau à M. le Comte de La Tour du Pin, pendant le courant de l'hiver.

Batterie de siège. — Cette batterie est établie sur

une courtine d'un des fronts du polygone ci-dessus

cité et qui fait face à un coteau assez élevé qui règne

depuis la chaussée de Dijon jusqu'au village de

Tillenaye, et comme cette courtine n'est pas sulïi-

sante pour contenir toutes les bouches à feu indiquées

par l'ordonnance pour servir d'instruction aux cano-

niers et bombardiers, on a placé les mortiers dans le

bastion de la droite et les obuziers et pierriers dans

le bastion de la gauche. Cette batterie n'est éloignée

du but que de 215 toises et l'on ne peut porter plus

en arrière les dites pièces pour obtenir des portées

plus longues à moins de les sortir du polygone et de

les placer dans la prairie dont j'ai parlé plus haut

pour tirer sans épaulement.

Batterie de mortiers, — On a vu par ce qui est dit à l'article précédent que l'emplacement de ces bouches à feu n'est distant du but que de 240 toises et si, pour instruire les bombardiers à tirer avec justesse à des distances plus longues, on veut se porter en arrière, il faut également sortir les mortiers du polygone pour les porter dans la prairie sur des terreins appartenans à des particuliers avec lesquels il faut prendre des arrangemens pour éviter leur mécontentement.

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