LE REGIMENT D^AUXONNE ARTILLERIE
ET
LA GARDE NATIONALE DE METZ
Tandis que son frère aîné était nommé commandant de Técole d'Auxonne, le chevalier du Teil était détaché le l*** août 1779, comme aide-major de l'équipage d'artillerie de l'armée rassemblée sur les côtes de Bretagne et de Normandie : il connaissait déjà ce service puisqu'il avait fait campagne, en 1758, sur les côtes de Bretagne et que, dans son ouvrage sur l'usage de l'artillerie nouvelle, il avait récemment exposé des idées intéressantes sur les dispositions à prendre pour s'opposer à des débarquements et protéger les frontières maritimes de la France. Afin de concentrer les forces britanniques en Europe, nous faisions alors dans nos ports [^des armements considérables : le 17 juillet, le prince de Montbarey, secrétaire d'État au département de la guerre, était parti pour visiter les villes du Havre, de Honfleur et de Saint-Malo, désignées pour l'embarquement de nos troupes ; l'armée était sous les
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UNE FAxMILLE MILITAIRE
ordres * du comte de Vaux^; Villepatour, le héros de Saint-Gast, y était employé comme maréchal de camp et La Mortière, alors brigadier d'infanterie, y commandait l'artillerie.
Dès la fin de juin, le régiment d'Auxonne avait à Saint-Servan son second bataillon qui comptait dans la division du marquis de Langeront; le premier bataillon de Besançon était au Havre avec le premier bataillon de Toul : ils y servaient sous le duc d'Harcourt^. Le second bataillon d'Auxonne s'embarqua pour l'Amérique, à Brest, sous Rochambeau : le régiment de Saintonge dans lequel Jean-Michel du Teil venaitd'étrenommé, le15 avril, lieutenant en second, fit partie de cette expédition. Le premier bataillon d'Auxonne vint alors remplacer le second à Saint- Servan ; le premier de Toul était passé à Rouen et le premier de Besançon était resté au Havre. Telles étaient les garnisons de l'artillerie sur les côtes, le l^"" janvier 1780; du Teil avait été conservé à l'équipage à l'époque du premier licenciement, datant du 1" novembre précédent, mais il ne fut pas porté sur l'état de campagne du 1" juin 1780.
i. Le marquis de La Fayette était aide-major général; le chevalier de Buffévent servait comme aide-maréchal général des logis sous le marquis de Jaucourt, maréchal général.
2. Noël Jourda, comte de Vaux, 1705 f 1788, maréchal de France 1785.
3. Charles-Claude Andrault de Maulevrier, marquis de Langeron, né en 1720, lieutenant général 1762.
4. Anne-Pierre, duc d'Harcourt, 1701 f 1784, maréchal de France 1775; François-Henri, son fds, 1726 f 1802, lieutenant général 1762, servait auprès de lui.
LA r.ARDE NATIONALE DE METZ
Sur ces entrefaites le bataillon de Toul se transportait à Saint-Lô^ et détachait quatre compagnies au camp de Valognes. En 1781, tandis que le premier bataillon, sous les ordres du colonel de Bellegarde -, servait à Brest et sur les côtes de Bretagne, le second qui avait quitté Besançon était venu occuper les batteries de la Basse-Normandie avec le lieutenant-colonel de Malseigne. A la paix, le régiment entier se trouva réuni à Metz dont l'école était alors commandée par le brigadier des armées, Faultrier de Corvol 3.
Le 4 juillet 1784, les services que Jean du Teil avait rendus sur les côtes furent récompensés par le brevet de lieutenant-colonel; il prit, en second, le commandement du régiment de Metz^ qui, en garnison à Strasbourg, avait pour colonel le chevalier d'Aboville^ remplacé, le 19 juin 1785, par M. de Jarlay 6; ce corps se transporta à Besançon en octobre 1 786 7. Le chevalier du Teil obtint de passer avec son grade, le 4 octobre 1788, dans le régiment d'Auxonne qui,
1. Il y avait, à Brest, les compagnies d'ouvriers de la Cour et de Croyé et de mineurs deCatelan.