‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 137 sur 284 · S2 UNE FAMILLE MILITAIRE · texte numérisé non relu

S2 UNE FAMILLE MILITAIRE

commandé par le chevalier de Cirfontaine *, venait de quitter le camp de Montigny-lès-Metz où toute une armée s'était rassemblée en septembre, sous les ordres du marquis de Bouille 2.

L'année suivante s'organisa la garde nationale de Metz qui prêta serment le 26 novembre i 789 : elle avait alors pour colonel-général le marquis de Chérisey^ et était commandée en premier par M. Goussaud d'Antilly 4 et en second par le chevalier de Fabert5. Le 14 mars 1790, le chevalier du Teil fut nommé, à l'unanimité, colonel de cette milice; sa réception en cette qualité « eut lieu le 28 avril suivant, en présence des vingt-cinq compagnies du corps ; il prononça en cette occasion un discours auquel répondit le baron de Poutet', maire de la ville.

Une lettre que le régiment d'Auxonne avait écrite entre temps au marquis de Bouille, sans doute à l'oc-

i. Amour-Constant de Germay, chevalier de Cirfontaine colonel le 5 avril i780, brigadier 1784, maréchal de camp 1788.'

2. François-Claude-Amour, marquis de Bouille, lieutenant général J782, depuis commandant en chef de l'armée sur le Rhin.

3. Louis-Jean-François, marquis de Chérisey, né en 1722 lieutenant général 1 784. '

4. Jean-François Goussaud d'Antilly, alias de Montigny, 1753 f 1807, ancien capitaine de dragons, depuis maire de Metz; il était neveu du président de Ghazelles (voir p. 171 note 2). ^ *

5. Abraham-Alexandre-François-Maximien de Fabert, ancien capitaine au régiment des recrues de Metz.

6. Il eut pour le seconder le chevalier de Fabert; M. Allard, ancien volontaire de la légion corse, fut nommé major.

7. Henri-Jacques, baron de Poutet, né en 1738, exécuté à Paris le 9 mai 1793.

LA GARDE NATIONALE DE METZ

casion de la publication des décrets de l'Assemblée nationale pour le rétablissement de la discipline dans l'armée ^ fut, paraît-il, mal interprétée : le lieutenant-colonel qui, par intérim, commandait le régiment, crut devoir protester en ces termes contre les sentiments qu'on lui prêtait.

Profession de foi de Monsieur le chevalier Duteil.

« Le chevalier Duteil ose affirmer, aux yeux de l'univers, que ses sentiments de patriotisme n'ont jamais varié, et qu'ils ne varieront jamais ; qu'il renouvellera sans cesse le serment qu'il a prêté en présence de cette brave garnison, de ses sages et braves canonniers qu'il ose appeler ses enfants. Il atteste le serment qu'il vient de renouveller au milieu des bataillons de cette généreuse et brave Garde Nationale, dont il s'honore d'être le Chef.

« Le chevalier Duteil proteste qu'il n'a jamais eu intention d'inculper l'armée dans aucun écrit; qu'il en reconnoît une bonne, bien existante et bien formidable, quand on ne voudra l'employer que contre les ennemis de l'État.

« Il proteste de même qu'il n'a jamais voulu inculper aucun corps en général, ni aucun citoyen en particulier, dans la lettre que le régiment d'Auxonne, artillerie, a écrite à M. le marquis de Bouille.

« Il déclare aussi, avec le caractère de franchise qui

1. Voir le discours du marquis de Bouille sur ce sujet, adressé aux grenadiers de la garnison de Metz le 19 avril; ii en rédigea un autre pour les troupes.

UNE FAMILtE MILITAIRE

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ne Tabandonnera jamais, que ce Général a des ennemis, que c'est un grand officier, qu on ne peut dissimuler les services qu'il a rendus en Amérique et que ses nombreuses victoires lui ont mérité une haute réputation.

« Le chevalier du Teil déclare enfin avec Ténergie qui caractérise ses sentiments et son patriotisme qu'il est pénétré d'amour et de respect pour son Roi; de vénération et de reconnoissance pour l'auguste Assemblée Nationale, et de la soumission la plus entière à ses sages Décrets.

« Le chevalier Duteil.

(( Metz, ce 30 avril 1790.

« Nous soussignés, adhérons à la présente protestation.

« Deydier, Chef de brigade, « Grandchampt, Capitaine, « Laprun, aide-major ^ »

Cette proclamation, dont les mots sonnent bien creux aujourd'hui, eut à Metz un grand retentissement : le 3 mai suivant, son auteur fut élu à l'unanimité, par tous les détachements des gardes nationales de la province, général de l'armée civique pour les trois jours que devait durer la fête - de la fédération de ces milices : « Il a reçu cette faveur avec recon-

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