Biron au ministre, 11 décembre. — Jean-Louis Vieusseux
né en 1754, général de brigade l"-^ septembre 1792,
^Jïr>
l'armée du RHIN
retarderait de quelques jours les convois ^ ». Le 20, il quittait Farmée du Rhin pour aller prendre le commandement de l'armée d'Italie -, après avoir prévenu le nouveau généralissime qu'il lui envoyait les pièces de campagne, mais laissait à Spire l'équipage de siège : Beauharnais et du Teil -^ restaient à la tète du détachement et demandaient à Custine, le 24, des instructions que le départ de Biron rendait nécessaires. Le commandant en chef de l'équipage se trouvait alors en présence des plus grandes diflicultés : toute l'artillerie, à l'exception de six pièces de bataille, était attelée de chevaux de pays qui désertaient faute de fourrages ^ ; il envoyait à Custine l'état des chevaux à demander au ministre : « Je n'ai pas cessé, écrivaitil, de le presser et jamais je n'ai obtenu de réponse sur cet objet non plus que sur d'autres également intéressant au service : on peut faire faire des convois par les chevaux du pays mais non les faire marcher à la guerre ; il faut 444 chevaux et 222 charretiers sans lesquels l'artillerie restera dans ses cantonne-
1 . Néanmoins presque tous les ordres de du Teil purent être exécutés : huit pièces de 12 seulement partirent au lieu de dix-huit ; Lépine, de Strasbourg, à du Teil, à Wissembourg, 17 décembre.
2. Il succédait au général Jacques -Bernard -Modeste d'Anselme, 1740 f 1810.
3. Le 21 ej; le 22, Beauharnais, de Spire et de SchifTerstadt, écrivit à du Teil pour le prévenir de changements dans les cantonnements et lui envoyer la nouvelle répartition des troupes soumises à sa surveillance.
4. Ravel au ministre, 26 décembre. — Le maire de Spire renvoyait les chevaux faute de subsistances ', Ravel à Gustinç, 38 décembre.
ments *. » De guerre lasse, il finit par partir en poste pour Strasbourg afin d'assurer l'exécution des ordres qu'il recevait et, le 29, il adressait au ministère un rapport sur les demandes d'artillerie faites par le
général en chef.
Pendant ce temps, Custine, qui avait été autorisé à commencer le bombardement de Mannheim ', s'impatientait de ces lenteurs, ne se rendant pas compte des obstacles que rencontrait la marche de l'équipage d'artillerie ; le désordre avec lequel il avait formulé ses demandes, faites par lettres adressées tantôt à Biron, tantôt à du Teil, avait souvent occasionné des retards : pour prévenir ces inconvénients, du Teil insista auprès de lui pour qu'il les lui fît parvenir dans des états dressés par son commandant d'artillerie ^ ; presqu'en même temps, le ministre réclamait au généralissime les états mensuels de son équipage K Peu au courant du système de notre artillerie, Custine aurait voulu recevoir des pièces de 12 sur affûts de siège, alors que, destinées non à l'attaque mais à la défense, ces bouches à feu étaient montées sur affûts de place ^ ; enfin il prétendait faire faire des canons d'un modèle nouveau à un moment où les ateliers, tout en travaillant jour et nuit, ne pourraient être en mesure de
1. Du Teil à Custine, 24 décembre; le 25, il n'y avait plus un cheval d'artillerie à l'arsenfil : le département refusait d'envoyer les chevaux au delà de Landau et le Palatinat ne consentait pas à en fournir; du Teil à Custine, 31 décembre.